Un atelier de philosophie de l'Université Conventionnelle animé par Jean-Michel Muglioni autour de Kant et du jugement de goût



Le monde est-il fait pour nous? Une réflexion sur la finalité (24/04/13)

Dimanche 14 Avril 2013


La séance aura lieu le mercredi 24 avril 2013, de 19h30 à 21h30, à l'EDMP, 8 impasse Crozatier. L'entrée est libre et gratuite.


Pour comprendre le troisième moment de l’analytique du beau (la finalité sans fin) je vais faire une mise au point générale sur l’idée de finalité.
 
La notion de finalité est en effet aujourd’hui généralement oubliée. Nous sommes dans une situation qui est l’inverse de celle des lecteurs de Kant au XVIII° siècle : pour ceux-ci, l’idée d’une finalité naturelle allait de soi, et Kant limitait considérablement l’usage qu’on faisait alors de la finalité et il lui donnait un nouveau sens. Pour le lecteur d’aujourd’hui, au contraire, Kant peut paraître donner à la finalité un rôle disproportionné.

Que signifie donc la cosmologie finaliste des anciens, à laquelle s’est opposé le matérialisme épicurien (pour lequel le monde est le résultat d’une rencontre d’atome dont le principe est le hasard et non la finalité) ?
Pourquoi Kant reprend-il la notion de finalité à son compte et en quels sens ? En quel sens la nature est-elle pour ainsi dire faite pour que nous la connaissions et en quel sens certaines apparences sont-elles telles qu’elles correspondent à l’attente de nos facultés de connaître ? Il s’agit de la question posée par Einstein s’étonnant de l’intelligibilité du monde : de l’accord du monde et des exigences de l’esprit.

Nous aurons aussi à examiner la question de la spécificité des organismes vivants qui ne peut être comprise qu’en fonction de l’idée de finalité.
Bref, il faut comprendre la notion de finalité et de fin pour comprendre ce que peut bien être une « finalité sans fin ».

Cette leçon devrait permettre à chacun une lecture plus aisée de l’ensemble de la Critique de la faculté de juger.

la_critique_du_jugement_10.mp3 la critique du jugement 10.mp3  (154.51 Mo)





Jean-Michel Muglioni
Frédéric Dupin
Né en 1946, Jean-Michel Muglioni a enseigné la philosophie pendant plus de trente ans en classes préparatoires, et jusqu'en 2007 en khâgne au lycée Louis-Le-Grand. Agrégé de philosophie, il a également soutenu en 1991 une thèse de doctorat sur la philosophie de l'histoire de Kant et publié régulièrement des articles sur Kant, Descartes ou Platon.