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Extraits
Le site de l'Université conventionnelle souhaite progressivement pouvoir constituer une anthologie réfléchie des grands textes de l'Humanité. Il s'agira de permettre à l'auditeur de nos cours, comme au visiteur de passage sur le site, de développer ainsi peu à peu une certaine familiarité avec des noms ou des oeuvres aussi célèbres que trop souvent cantonnés au rang de monuments "inaccessibles". A l'heure du livre de poche, ce ne sont en effet pas tant les textes eux-mêmes qui font défaut, mais plutôt le chemin méthodique pour en apprécier la richesse : que ces extraits soient donc une invitation à la patience et à la découverte des oeuvres mêmes.
Balthazar Claes. Balzac a bien décrit en Balthazar Claes l'activité technique; et, sans tenir l'idée, mais par son génie infaillible, il a rassemblé les traits véritables du chimiste passionné. La vue continuelle de ces changements et passages d'une apparence à l'autre, si aisément produits et d'ailleurs inconcevables,...
Il est difficile d'une certaine manière d'être contre la culture et l'intelligence. Du moins payait-on encore jusqu'à il y a peu d'un minimum d'égard la vieille personne, comme une idole belle quoiqu'un peu fanée. C'est qu'il était toujours loisible de trouver la culture ennuyeuse, de bailler au concert ou devant Racine, mais...
Faut-il se féliciter que nombre d'universités populaires, et la nôtre également en un sens, se disent profondément "politiques" ? N'y a-t-il pas une profonde contradiction à défendre la liberté de jugement, et dans le même mouvement, lui donner les fers de slogans divers? Stendhal disait qu'un bon raisonnement offense, en cela...
Ce texte d'Alain, extrait de ses Eléments de philosophie (Livre II, chapitre VII) pourra permettre de comprendre un procédé largement utilisé par Platon ou Aristote pour exposer leurs pensées : l'analogie. Celle-ci permet en effet de penser une égalité entre plusieurs termes, tout en maintenant leur différence. Ce n'est par...
Il est aisé de tenir les mots pour des idées. Et plus facile encore de tenir un programme d'action pour un travail fait. Cette pente est celle des bureaucraties, dont l'Etat ne saurait nullement avoir le monopole, puisque l'esprit administratif relève davantage d'une attitude en chacun que des seules prérogatives d'un "monstre...
Nous donnons ici un texte fondateur d'Alain, qui nous semble éclairer singulièrement toute entreprise d'éducation populaire, dans ses buts comme dans ses moyens, et que nous faisons ainsi essentiellement nôtre . Il est d'usage, en effet, de tenir la politique pour un jeu d'institutions. C'est la meilleure manière de convaincre...
Parce que le monde est mortel, il faut sans cesse lutter contre les forces dissolvantes qui sont à l'ouvre. L'éducation, en ce sens, doit toujours raccomoder et rattrapper le fil du temps. En ce sens elle conserve. Mais c'est alors parce qu'elle est conservatrice qu'elle préserve la possibilité d'un futur qui soit propre. Ainsi...
Les extraits rassemblés dans cette page sont tirés de la conférence donnée en 1959 par Hannah Arendt « De l’Humanité dans de « sombres temps », Réflexions sur Lessing », à l'occasion de la réception du prix Lessing. On y trouvera un effort pour distinguer l'amitié vraie, qui est pour elle profondément politique, de la...
L’homme est un animal mimétique. On doit à cette caractéristique essentielle la naissance de la poésie qui se définit spécifiquement chez Aristote comme l'imitation au moyen du langage. Cette tendance naturelle se manifeste de deux manières: l’une est active et pousse à produire des œuvres, l’autre est réceptive et nous fait...
L'illusion commune en matière de sens est que les faits parlent d'eux-même, ou si l'on veut qu'une connaissance quelconque peut se passer de principes. Or comment, sans eux, ne serait-ce que comprendre un raisonnement ou pouvoir écouter un cours? Parce que penser suppose toujours de se donner cette peine, la science veut des...
Ce n'est qu'en apparence que l'arpenteur et le géomètre parle des mêmes choses : lignes et surfaces. Si l'un n'y voit qu'un problème de cadastre à déterminer selon la justice humaine, le second y cherche une contemplation pure, et enfin la vérité qui ne s'ouvre qu'à l'esprit contemplatif. peut-être le tout de la science...
Que la science morale ne soit pas susceptible de l'exactitude d'une science mathématique ne constitue un défaut que pour qui ignore l'objet même de l'éthique, qui est d'apprendre à juger sainement et avec sûreté des choses humaines. Le caractère approché de cette science ne signifie alors pas qu'elle oeuvre par approximation,...
Cet extrait, que nous donnons toujours dans la traduction de soeur Pascale Nau, nous permettra de comprendre ce qu'Aristote entend par vie heureuse, et pourquoi celle-ci consiste précise à vivre selon la "vertu". Mais l’identification du bonheur et du Bien Suprême apparaît sans doute comme une chose sur laquelle tout le...
Ce premier extrait de l'Ethique a Nicomaque constitue une réflexion sur les buts et les finalités de la recherche en matière éthique. Le lecteur devra donc simultanément méditer l'analogie que l'auteur instaure entre la morale et les arts, et comprendre pourquoi l'éthique, c'est-à-dire l'intelligence des vertus qui conviennent...
La présente traduction est refaite à partir de celles de Gauthier et Jolif dans leur commentaire de l’Ethique à Nicomaque, II p. 35-36, en conclusion du commentaire de EN I, 3, et de Décarie, Vrin p.58. Il y a beaucoup de choses dont il n’est pas facile de bien juger, mais c’est surtout le cas...
 
Anytos, qui fut l'un de ses accusateurs, répondait à Socrate qu'on pouvait bien se passer de maîtres de vertus puisque, après tout, nous apprenions les bonnes manières de tout un chacun, par la simple imprégnation des habitudes. Les hommes peuvent certes mûrir ainsi, si tant est qu'on en fait alors bien des hommes. Car il...
Que peut la famille en matière d'éducation? Dans quelle mesure l'hérédité permet-elle d'espérer dans l'amélioration progressive de l'espèce? Comte soulève ici des questions délicates qui permettent d'approfondir notre réflexion sur l'eugénisme platonicien. On notera que si le fondateur du positivisme affirme ici la nécessité...
Cette dernière partie aurait moins pour objet de donner de véritables lumières que de préserver de l'erreur. Un des avantages les plus grands de l'instruction est, en effet, de garantir les hommes des fausses opinions où leur propre imagination et l'enthousiasme, pour les charlatans peuvent les plonger. Parmi ces grands...
Ce texte est paru dans la revue "Trafic" (automne 1992, n°4). Serge Daney y fait sienne la critique de Rivette tout en avouant n’avoir jamais vu Kapo : ce qui peut passer pour un paradoxe – voire une provocation – ne l’est qu’en apparence car le propos de Daney ne porte pas tant sur le film que sur la revendication d’un rapport...
Voici un dialogue socratique imité par Epictète qui permet sans doute de comprendre toute la postérité de Socrate. Epictète, Entretiens, II, XII (17-24). Traduction V. Courdaveaux (1862). Disons tout! De telles interrogations (1) aujourd'hui ne seraient pas sans péril, et surtout à Rome. Celui qui les fera, en effet,...
Il n'y a pas de philosophie sans scrupule dans l'usage des mots et l'examen des opinions. Car le conflit universel des pensées humaines n'a pas besoin d'être prouvé ; il s'étale partout. Le philosophe est donc moins celui qui ajoute à la cacophonie sa note propre que l'individu résolu à aborder ce chaos méthodiquement, et en se...
La beauté de la poésie tragique consiste peut-être à nous faire par trop sentir notre servitude : à la faveur de belles et grandes images, nous nous prenons alors en pitié. La condition de l'homme n'est-elle pas de vivre sous le joug de la nécessité? Le devoir s'exécuterait alors dans la peine, tandis que le prix de la justice...
Dans cette page, Hugo nous peint l'homme sans principe au miroir de Talleyrand, célèbre prince des rusés et des traîtres, et sans doute excellent modèle pour tout apprenti cynique. Mort tel qu'en sa vie, le corps du fin politique gît toutefois creux dans son palais, allégé de ses viscères, et le cerveau à l'égout. Car les...
Extrait des Fondements de la métaphysique des moeurs, première section : passage de la connaissance rationnelle commune de la moralité à la connaissance philosophique. Traduction de Victor Delbos, revue par Jean-Michel Muglioni. Ce passage a été commenté lors de la seconde séance de l'atelier de JM Muglioni sur Kant. [1]...
Il n'est pas douteux que toutes nos connaissances ne commencent avec l'expérience ; car par quoi la faculté de connaître serait-elle appelée à s'exercer, si elle ne l'était point par des objets qui frappent nos sens et qui, d'un côté, produisent d'eux-mêmes des représentations, et, de l'autre,...
Il est d'usage d'opposer à la philosophie, et à la culture en général, la question de son utilité. Il y aurait semble-t-il toujours mieux à faire qu'à penser et à s'instruire, ce que ne manque guère de souligner désormais bien des puissances en place. L'école et le vrai loisir ne sont pas toutefois en n'importe quel sens un...
 
Claude Lanzmann réagissait à la sortie du film de Spielberg dans Le Monde du 3 mars 1994. Cet article, intitulé "Holocauste, la représentation impossible", formule des critiques précises à l'égard du film, mais définit également un impératif éthique général quant à la représentation cinématographique de l'Holocauste. "Je suis...
La Fable des Abeilles (The Fable of the Bees : or, Private Vices, Publick Benefits) constitue sans nul doute l'ouvrage le plus célèbre de Bernard de Mandeville, et l'un des premiers textes fondateurs de l'économie politique classique. La première édition de la Fable, en 1714, comprend d'abord le long poème composé en 1705, The...
Extrait du premier des Manuscrits de 1844. 1. Ce fait n'exprime rien d'autre que ceci : l'objet que le travail produit, son produit, l'affron¬te comme un être étranger, comme une puissance indépendante du producteur. Le produit du travail est le travail qui s'est fixé, concrétisé dans un objet, il est l'objectivation du...
Page extraite du Capital de Marx, Livre Premier : Le développement de la production capitaliste ; Deuxième section : la transformation de l'argent en capital ; Chapitre VI : Achat et vente de la force de travail (1867). 1. L'accroissement de valeur par lequel l'argent doit se transformer en capital, ne peut pas...
L'extrait suivant est tiré de la préface de l'ouvrage de Marx de 1859, la contribution à une critique de l'économie politique. On y retrouvera la célèbre formule du matérialisme dialectique : "Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience"....
 
Voici la caricature géniale que Molière nous donne du philosophe sceptique. Sganarelle cherche à savoir s’il a ou non raison de se marier et interroge sur ce point un philosophe sceptique, Marphurius. MARPHURIUS.- Que voulez-vous de moi, Seigneur Sganarelle? SGANARELLE.- Seigneur Docteur, j'aurais besoin de votre...
Il n'est pas difficile d'opposer à l'idée d'un droit et d'une justice éternels les complications de l'histoire et de la politique. Le cynique hausse en effet alors les épaules et prétend établir par les faits que la justice n'est qu'un mot creux, destiné à couvrir les intérêts des forts ou les coutumes des peuples. Cette...
Pascal s’adresse ici à un jeune duc. Pourrait-on parler en ces termes à ceux qui aujourd’hui ont coutume de rouler dans de grosses voitures précédées ou suivis de motards ? Dire « Monsieur le duc… » ou « Monsieur le Président… » n’engage en rien le jugement et n’oblige pas à estimer celui auquel on s’adresse. Il est donc vain...
Ce texte fera l'objet d'un commentaire dans le cadre de l'atelier "Lire Alain" de JM Muglioni, lors de la séance du 27 janvier 2016. Socrate. – Si donc on te demandait : « Par quoi l’homme voit-il le blanc et le noir ? Par quoi entend-il l’aigu et le grave ? Tu dirais, j’imagine, « par les yeux et par les oreilles ». Théétète....
— Or, selon le même argument, dis-je, si un défaut du corps ne cause pas, à l’âme, un défaut de l’âme, n’estimons jamais qu’une âme puisse périr sous l’effet d’un mal étranger à elle, et indépendamment de son défaut à elle, et donc qu’une chose puisse être détruite par le mal d’une autre chose. —...
Si la morale n'est pas une manière de contraindre et de soumettre, elle se fonde dans la connaissance du bien humain. La meilleure des vies est d'abord celle qui nous rendra heureux, en tant qu'homme. Cette page interroge alors notre capacité à juger en vérité des vies des autres. La voici. Puisqu'il y a trois éléments, il me...
Cette page classique introduit la réflexion sur l'homme tyrannique par une réflexion sur les désirs. Si les désirs sont les mêmes en chacun, au point que nul homme ne puisse jamais se prétendre totalement à l'abris de devenir tyran, il faut comprendre que les désirs ne sont pas en nous une fatalité consciente, mais bien plutôt...
Nous donnons ici le texte du célèbre passage du livre VII où s'élabore l'allégorie de la caverne, véritable résumé de la République de Platon. Socrate [514] Représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de...
Cet extrait du Phédon de Platon (89 et suivantes) pose de manière inaugurale, dans l'histoire de la philosophie la question de la valeur de la pensée, et de cette sorte très particulière de désespoir qui peut conduire les penseurs à désespérer de la Raison même. Socrate (qui va bientôt boire la cigüe) – Mais avant tout...
Les meilleures natures ne portent pas nécessairement les meilleurs fruits, la preuve par Alcibiade élève d'élite et apprenti ambitieux. Une introduction à la lecture de ce dialogue portant sur la connaissance de soi, la maîtrise de ses vertus, plus encore que la domestication de ses vices, mais aussi un écho de République V....
Cet extrait permet de mesurer ce qui se joue réellement dans la célèbre affirmation socratique de la nécessité du gouvernement des philosophes. Il nous ouvre en cela à une réflexion profonde sur la place de la pensée dans la vie sociale et politique comme de la nécessaire marginalisation et corruption des âmes philosophiques...
La science politique de Platon n'est pas celle des technocrates et des légistes de notre temps. Mieux, s'intéressant à la justice dans l'État bien gouverné, il écarte du champ de la réglementation l'essentiel du quotidien de nos tribunaux : transactions, plaintes, contrats, voies de faits etc. Le législateur n'a point à s'en...
C'est un reproche courant fait à Platon que de prétendre toujours sacrifier la partie au tout, c'est-à-dire, en politique, à faire passer les droits de la cité avant ceux des individus. La lecture de cette page riche et suggestive devrait permettre d'interroger ce lieu commun, et peut-être de deviner en quoi nos plaisirs les...
La politique a ceci de commun avec l'art tragique qu'elle est toute de mise en scène : ainsi une bonne constitution est-elle comme une bonne pièce, un vivant miroir de l'excellence humaine. De là néanmoins l'exclusion des poètes de la cité comme de dangereux concurrents. Car ne sommes-nous pas toujours tous plus ou moins...
Les poètes, prophètes ou non, n'ont eu de cesse de peindre la divinité comme trop humaine. Jaloux, violents et menteurs, quels exemples les dieux donnent-ils à la jeunesse? Le législateur n'est pas théologien, il n'a pas à trancher un débat dont ont vécu et vivent encore tous les clergés. Seulement la poésie met en forme les...
Voici une page admirable et des plus mal comprises de Platon. Ce dernier en effet médite ici sur l'égalité fondamentale des "fils de la terre", et sur la dimension mythique, fictive, quoi que nécessaire, des inégalités sociales. Réfléchissant sur l'articulation des natures individuelles et de l'art éducatif, il suggère en effet...
Socrate a suivi Glaucon dans la construction d'une société malade, d'une société de désirs ; or l'excès engendre la guerre et donc la nécessité d'une classe de la population vouée à la conquête des terres nécessaires aux passions publiques et privées, comme à la défense de la cité. Ce sont les gardiens, dont l'éducation sera...
La première idée qui nous vient d'une cité juste et en paix est celle d'une économie prospère, où chacun trouve par son travail sa place et sa dignité. De même, une vie bonne serait une vie simple où les nécessités du corps sont satisfaites sobrement. Mais est-ce bien là une vie ? Et que signifie en nous l'aspiration à vivre...
 
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On ne retient souvent du Temps retrouvé que la révélation finale qui rend le narrateur à la littérature lors de la matinée chez la princesse de Guermantes. Mais c'est oublier que ce retournement et la théorie littéraire qui en découle sont préparés en amont par la description d'un contre-modèle: la lecture des frères Goncourt...
Cet article, éloquemment intitulé "De l'abjection", est publié en juin 1961 dans le numéro 120 des "Cahiers du cinéma": Jacques Rivette y condamne sans ambages le film "Kapo", réalisé par Gillo Pontecorvo, première fiction cinématographique traitant des camps de concentration nazis. Ce texte devait faire date en rendant célèbre...
La critique rousseauiste des spectacles n'épargne pas davantage la comédie que la tragédie. Dans un passage resté célèbre, Rousseau s'en prend à ce qu'il définit pourtant comme la plus belle pièce du "plus parfait auteur comique": Le Misanthrope de Molière. L'argument ici est a fortiori, car comment croire que ce qui est à...
Dans cet extrait, Rousseau décrit le cercle logique dans lequel est pris le théâtre dès lors qu'il prétend instruire moralement son public. La Lettre à d'Alembert énonce ce que l'on pourrait appeler le "principe d'agrément" (pour exister, un spectacle doit plaire) qui condamne l'art à flatter les penchants de son public quand...
Il faut répondre à l'objection du §2 de la préface du Second Discours: comment connaître l'homme de la nature alors que la réflexion nous éloigne de lui? comment se connaître soi-même, alors que nous sommes déformés par les passions sociales? La méthode que Rousseau suit dans le Discours est la "méditation". Celle-ci ne...
 
[…] 1. Chaque individu met sans cesse tous ses efforts à chercher, pour tout le capital dont il peut disposer, l'emploi le plus avantageux; il est bien vrai que c'est son propre bénéfice qu'il a en vue, et non celui de la société; mais les soins qu'il se donne pour trouver son avantage personnel le conduisent naturellement,...
1. Ce qui constitue la récompense naturelle ou le salaire du travail, c'est le produit du travail. 2. Dans cet état primitif qui précède l'appropriation des terres et l'accumulation des capitaux, le produit entier du travail appartient à l'ouvrier. Il n'a ni propriétaire ni maître avec qui il doive partager. 3. Si...
1. Cette division du travail, de laquelle découlent tant d'avantages, ne doit pas être regardée dans son origine comme l'effet d'une sagesse humaine qui ait prévu et qui ait eu pour but cette opulence générale qui en est le résultat ; elle est la conséquence nécessaire, quoique lente et graduelle, d'un certain penchant naturel...
1. Les plus grandes améliorations dans la puissance productive du travail, et la plus grande partie de l'habileté, de l'adresse, de l'intelligence avec laquelle il est dirigé ou appliqué, sont dues, à ce qu'il semble, à la Division du travail. [...] 2. Prenons un exemple dans une manufacture de la plus petite importance,...
La servitude dans laquelle nous tiennent nos passions est à la fois ce que nous connaissons le mieux par expérience, et ce que les mots semblent peiner à saisir clairement. La pensée de Spinoza vaut ici avertissement, parce qu'elle ne prétend vaincre cette confusion que par l'attention. « J'appelle Servitude...
Voici un extrait de la Préface au Traité théologico-politique (1670), volontairement abrégée. Spinoza nous fait assister à l'enchaînement quasi-nécessaire qui conduit les hommes, victimes de la superstition, à se soumettre à la tyrannie d'un seul. Rarement la collusion entre les institutions religieuses et le pouvoir despotique...
Dans cet extrait, Spinoza tient un propos apparemment paradoxal : d'un côté, il n'existe rien de bon ni de mauvais dans la nature, et en soi. Bon et mauvais n'indiquent que notre rapport aux choses... D'un autre côté, il est nécessaire de poser des normes de conduite valables pour tout homme, dans la mesure où l'on cherche à...
 
Stendhal est en tout point maître de liberté, car il ne manque jamais de montrer que le malheur et l'esclavage tiennent d'une même cause, qui est de trop se croire au miroir social. Ainsi les puissants qui croient à leurs cordons et à leurs titres ne sont-ils que des personnages ridicules. Car dupes de nous mêmes, de quels...
Nouvel extrait de la Démocratie en Amérique de Tocqueville (I.I.V) : « Nécessité d’étudier de ce qui se passe dans les Etats particuliers avant de parler du gouvernement de l’Union» (GF p. 164-165) Je crois les institutions provinciales utiles à tous les peuples; mais aucun ne me semble avoir un besoin plus...
Extrait du chapitre V du livre I du premier tome « Nécessité d’étudier de ce qui se passe dans les Etats particuliers avant de parler du gouvernement de l’Union» GF p. 122-123 Ce n'est pas par hasard que j'examine d'abord la commune. La commune est la seule association qui soit si bien dans la nature,...
Le texte suivant constitue l'ensemble chapitre IV du tome I de la Démocratie en Amérique de Tocqueville (GF p. 117-120) Lorsqu’on veut parler des lois politiques des États-Unis, c’est toujours par le dogme de la souveraineté du peuple qu’il faut commencer. Le principe de la souveraineté du peuple, qui se trouve...
Démocratie en Amérique, tome I, première partie, chapitre III, GF p. 113-114. Mais ce ne sont pas seulement les fortunes qui sont égales en Amérique ; l’égalité s’étend jusqu’à un certain point sur les intelligences elles-mêmes. Je ne pense pas qu’il y ait de pays dans le monde où, proportion gardée avec la...
Extrait du chapitre III de la première partie du tome 1 de la Démocratie en Amérique de Tocqueville, GF p. 109-111. Je m’étonne que les publicistes anciens et modernes n’aient pas attribué aux lois sur les successions une plus grande influence dans la marche des affaires humaines. Ces lois appartiennent, il est vrai, à...
Deuxième extrait du deuxième chapitre de la première partie du premier tome de la démocratie de Tocqueville (GF p. 91-92). « La fondation de la Nouvelle-Angleterre a offert un spectacle nouveau ; tout y était singulier et original. Presque toutes les colonies ont eu pour premiers habitants des hommes sans...
Premier extrait du chapitre II de la première partie du tome I de la Démocratie en Amérique de Tocqueville. « Un homme vient à naître ; ses premières années se passent obscurément parmi les plaisirs ou les travaux de l’enfance. Il grandit ; la virilité commence ; les portes du monde s’ouvrent enfin pour le recevoir...
Quatrième extrait de l'ouvrage de Tocqueville, extrait de la fin du chapitre I du premier tome, p. 84. Reprise de la question des indiens. « Quoique le vaste pays qu’on vient de décrire fût habité par de nombreuses tribus d’indigènes, on peut dire avec justice qu’à l’époque de la découverte il ne formait encore qu’un...
Ce troisième texte est extrait du chapitre premier du tome I de l'ouvrage de Tocqueville, De la démocratie en Amérique. Il revêt un intérêt particulier puisqu'il témoigne de la prise en compte par l'auteur de la question des indiens d'Amérique dans sa réflexion sur les moeurs démocratiques nouvelles. « Ces immenses déserts...
De la Démocratie en Amériques, introduction p. 61-62 « Instruire la démocratie, ranimer s’il se peut ses croyances, purifier ses mœurs, régler ses mouvements, substituer peu à peu la science des affaires à son inexpérience, la connaissance de ses vrais intérêts à ses aveugles instincts ; adapter son gouvernement aux temps et...
Second extrait de l'introduction du premier tome de De la démocratie en Amérique. Je conçois alors une société où tous, regardant la loi comme leur ouvrage, l’aimeraient et s’y soumettraient sans peine ; où l’autorité du gouvernement étant respectée comme nécessaire et non comme divine, l’amour qu’on porterait au chef de...
 
Pour le réalisateur soviétique Dziga Vertov, la fonction du cinéma est moins artistique que politique et citoyenne. La caméra doit servir au dévoilement de la vérité et participer ainsi aux luttes sociales. Ce Manifeste vaut donc surtout pour sa valeur polémique: le cinéma n'est pas ce qu'il devrait être et, contre les beaux...
Extraits d'Oppression et liberté, Gallimard, Paris, 1955 p.52 sq. …De la science actuelle on ne peut rien vulgariser, si ce n'est les résultats, obligeant ainsi ceux que l'on a l'illusion d'instruire à croire sans savoir. Quant aux méthodes, qui constituent l'âme même de la science, elles sont par leur essence même...
Nous donnons ici deux textes de Simone weil, datant sans doute de 1937, et de nature à éclairer à la fois le commentaire du Livre I de la République de Platon, comme la réflexion sur l'économie conduite par Thomas Vendryes. Il est inutile d'ajouter que ces lignes acquièrent aujourd'hui une actualité encore plus intense. Notre...
Plutarque nous fait ici le récit d'une célèbre colère de Platon, qui fut également l'occasion de rappeler que croire n'est pas savoir, et que la réussite technique, pour être utile, n'en est pas pour autant digne du nom de science. PLUTARQUE, Vie de Marcellus (Trad. D. RICARD, 1830) C’est la deuxième guerre punique ;...
Ces extraits doivent permettre au lecteur de se donner une première idée de l'empirisme, tradition philosophique qui fait de l'expérience sensible la source de toute connaissance, et ce dans le cadre posé par l'atelier sur Kant de Jean-Michel Muglioni. LOCKE, préface à son Essai philosophique concernant l'entendement humain, où...