"Ce qui rend notre culture si difficile à communiquer au peuple, ce n'est pas qu'elle soit trop haute, mais qu'elle est trop basse" Simone Weil |
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Extraits
Une anthologie en ligne
Le site de l'Université conventionnelle souhaite progressivement pouvoir constituer une anthologie réfléchie des grands textes de l'Humanité. Il s'agira de permettre à l'auditeur de nos cours, comme au visiteur de passage sur le site, de développer ainsi peu à peu une certaine familiarité avec des noms ou des oeuvres aussi c...
Sur la "culture générale"
Il est difficile d'une certaine manière d'être contre la culture et l'intelligence. Du moins payait-on encore jusqu'à il y a peu d'un minimum d'égard la vieille personne, comme une idole belle quoiqu'un peu fanée. C'est qu'il était toujours loisible de trouver la culture ennuyeuse, de bailler au concert ou devant Racine, mais...
Que l'instruction n'est d'aucun parti
Faut-il se féliciter que nombre d'universités populaires, et la nôtre également en un sens, se disent profondément "politiques" ? N'y a-t-il pas une profonde contradiction à défendre la liberté de jugement, et dans le même mouvement, lui donner les fers de slogans divers? Stendhal disait qu'un bon raisonnement offense, en cela...
De l'analogie et de la ressemblance
Ce texte d'Alain, extrait de ses Eléments de philosophie (Livre II, chapitre VII) pourra permettre de comprendre un procédé largement utilisé par Platon ou Aristote pour exposer leurs pensées : l'analogie. Celle-ci permet en effet de penser une égalité entre plusieurs termes, tout en maintenant leur différence. Ce n'est par...
Ce qui menace une université populaire
Il est aisé de tenir les mots pour des idées. Et plus facile encore de tenir un programme d'action pour un travail fait. Cette pente est celle des bureaucraties, dont l'Etat ne saurait nullement avoir le monopole, puisque l'esprit administratif relève davantage d'une attitude en chacun que des seules prérogatives d'un "monstre...
Alain, le culte de la Raison comme fondement de la République
Nous donnons ici un texte fondateur d'Alain, qui nous semble éclairer singulièrement toute entreprise d'éducation populaire, dans ses buts comme dans ses moyens, et que nous faisons ainsi essentiellement nôtre . Il est d'usage, en effet, de tenir la politique pour un jeu d'institutions. C'est la meilleure manière de convaincre...
Amitié et fraternité
Les extraits rassemblés dans cette page sont tirés de la conférence donnée en 1959 par Hannah Arendt « De l’Humanité dans de « sombres temps », Réflexions sur Lessing », à l'occasion de la réception du prix Lessing. On y trouvera un effort pour distinguer l'amitié vraie, qui est pour elle profondément politique, de la...
A l'origine de l'art poétique: le penchant naturel des hommes pour l'imitation
L’homme est un animal mimétique. On doit à cette caractéristique essentielle la naissance de la poésie qui se définit spécifiquement chez Aristote comme l'imitation au moyen du langage. Cette tendance naturelle se manifeste de deux manières: l’une est active et pousse à produire des œuvres, l’autre est réceptive et nous fait...
Proportionner la science à son objet. Ethique à Nicomaque I. 7
Ce n'est qu'en apparence que l'arpenteur et le géomètre parle des mêmes choses : lignes et surfaces. Si l'un n'y voit qu'un problème de cadastre à déterminer selon la justice humaine, le second y cherche une contemplation pure, et enfin la vérité qui ne s'ouvre qu'à l'esprit contemplatif. peut-être le tout de la science...
Questions de principes. Ethique à Nicomaque I.2
L'illusion commune en matière de sens est que les faits parlent d'eux-même, ou si l'on veut qu'une connaissance quelconque peut se passer de principes. Or comment, sans eux, ne serait-ce que comprendre un raisonnement ou pouvoir écouter un cours? Parce que penser suppose toujours de se donner cette peine, la science veut des...
La connaissance morale, un savoir "approché"? Ethique à Nicomaque I.1
Que la science morale ne soit pas susceptible de l'exactitude d'une science mathématique ne constitue un défaut que pour qui ignore l'objet même de l'éthique, qui est d'apprendre à juger sainement et avec sûreté des choses humaines. Le caractère approché de cette science ne signifie alors pas qu'elle oeuvre par approximation,...
Qu'est-ce que le bonheur? Ethique à Nicomaque I.6
Cet extrait, que nous donnons toujours dans la traduction de soeur Pascale Nau, nous permettra de comprendre ce qu'Aristote entend par vie heureuse, et pourquoi celle-ci consiste précise à vivre selon la "vertu".
Mais l’identification du bonheur et du Bien Suprême apparaît sans doute comme une chose sur laquelle tout le...
Ethique à Nicomaque [1094a-1094b]
Ce premier extrait de l'Ethique a Nicomaque constitue une réflexion sur les buts et les finalités de la recherche en matière éthique. Le lecteur devra donc simultanément méditer l'analogie que l'auteur instaure entre la morale et les arts, et comprendre pourquoi l'éthique, c'est-à-dire l'intelligence des vertus qui conviennent...
Ethique à Eudème, I, 5, 1215 b 15-1216 a 10.
La présente traduction est refaite à partir de celles de Gauthier et Jolif dans leur commentaire de l’Ethique à Nicomaque, II p. 35-36, en conclusion du commentaire de EN I, 3, et de Décarie, Vrin p.58.
Il y a beaucoup de choses dont il n’est pas facile de bien juger, mais c’est surtout le cas...
"Voici venu le quart d'heure de Socrate..." Un discours de Georges Canguilhem
Anytos, qui fut l'un de ses accusateurs, répondait à Socrate qu'on pouvait bien se passer de maîtres de vertus puisque, après tout, nous apprenions les bonnes manières de tout un chacun, par la simple imprégnation des habitudes. Les hommes peuvent certes mûrir ainsi, si tant est qu'on en fait alors bien des hommes. Car il...
Dialogue socratique
Voici un dialogue socratique imité par Epictète qui permet sans doute de comprendre toute la postérité de Socrate. Epictète, Entretiens, II, XII (17-24). Traduction V. Courdaveaux (1862).
Disons tout! De telles interrogations (1) aujourd'hui ne seraient pas sans péril, et surtout à Rome. Celui qui les fera, en effet,...
Peut-on s'en tenir à ses opinions?
Il n'y a pas de philosophie sans scrupule dans l'usage des mots et l'examen des opinions. Car le conflit universel des pensées humaines n'a pas besoin d'être prouvé ; il s'étale partout. Le philosophe est donc moins celui qui ajoute à la cacophonie sa note propre que l'individu résolu à aborder ce chaos méthodiquement, et en se...
Prométhée enchaîné, plainte d'Héphaïstos
La beauté de la poésie tragique consiste peut-être à nous faire par trop sentir notre servitude : à la faveur de belles et grandes images, nous nous prenons alors en pitié. La condition de l'homme n'est-elle pas de vivre sous le joug de la nécessité? Le devoir s'exécuterait alors dans la peine, tandis que le prix de la justice...
Choses vues, 19 mai 1838 ; portrait de Talleyrand
Dans cette page, Hugo nous peint l'homme sans principe au miroir de Talleyrand, célèbre prince des rusés et des traîtres, et sans doute excellent modèle pour tout apprenti cynique. Mort tel qu'en sa vie, le corps du fin politique gît toutefois creux dans son palais, allégé de ses viscères, et le cerveau à l'égout. Car les...
De l'inutilité supposée de la culture
Il est d'usage d'opposer à la philosophie, et à la culture en général, la question de son utilité. Il y aurait semble-t-il toujours mieux à faire qu'à penser et à s'instruire, ce que ne manque guère de souligner désormais bien des puissances en place. L'école et le vrai loisir ne sont pas toutefois en n'importe quel sens un...
La fable des abeilles
La Fable des Abeilles (The Fable of the Bees : or, Private Vices, Publick Benefits) constitue sans nul doute l'ouvrage le plus célèbre de Bernard de Mandeville, et l'un des premiers textes fondateurs de l'économie politique classique. La première édition de la Fable, en 1714, comprend d'abord le long poème composé en 1705, The...
Le travail aliéné
Extrait du premier des Manuscrits de 1844.
1. Ce fait n'exprime rien d'autre que ceci : l'objet que le travail produit, son produit, l'affron¬te comme un être étranger, comme une puissance indépendante du producteur. Le produit du travail est le travail qui s'est fixé, concrétisé dans un objet, il est l'objectivation du...
Achat et vente de la force de travail. Capital I.2.VI
Page extraite du Capital de Marx, Livre Premier : Le développement de la production capitaliste ; Deuxième section : la transformation de l'argent en capital ; Chapitre VI : Achat et vente de la force de travail (1867).
1. L'accroissement de valeur par lequel l'argent doit se transformer en capital, ne peut pas...
Contribution à la critique de l'économie politique, un extrait
L'extrait suivant est tiré de la préface de l'ouvrage de Marx de 1859, la contribution à une critique de l'économie politique. On y retrouvera la célèbre formule du matérialisme dialectique : "Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience"....
Sganarelle et le sceptique Marphurius, Le mariage forcé, scène V
Voici la caricature géniale que Molière nous donne du philosophe sceptique. Sganarelle cherche à savoir s’il a ou non raison de se marier et interroge sur ce point un philosophe sceptique, Marphurius.
MARPHURIUS.- Que voulez-vous de moi, Seigneur Sganarelle?
SGANARELLE.- Seigneur Docteur, j'aurais besoin de votre...
"quand il n'y aurait pas de Dieu, nous devrions toujours aimer la justice", Lettres persanes, Lettre LXXXIII
Il n'est pas difficile d'opposer à l'idée d'un droit et d'une justice éternels les complications de l'histoire et de la politique. Le cynique hausse en effet alors les épaules et prétend établir par les faits que la justice n'est qu'un mot creux, destiné à couvrir les intérêts des forts ou les coutumes des peuples. Cette...
Second discours sur la condition des Grands
Pascal s’adresse ici à un jeune duc. Pourrait-on parler en ces termes à ceux qui aujourd’hui ont coutume de rouler dans de grosses voitures précédées ou suivis de motards ? Dire « Monsieur le duc… » ou « Monsieur le Président… » n’engage en rien le jugement et n’oblige pas à estimer celui auquel on s’adresse. Il est donc vain...
L'aveuglement politique, République IV [426b-427a]
La science politique de Platon n'est pas celle des technocrates et des légistes de notre temps. Mieux, s'intéressant à la justice dans l'État bien gouverné, il écarte du champ de la réglementation l'essentiel du quotidien de nos tribunaux : transactions, plaintes, contrats, voies de faits etc. Le législateur n'a point à s'en...
Peut-on sacrifier les droits de l'individu au bien public? République IV [420b,421 ]
C'est un reproche courant fait à Platon que de prétendre toujours sacrifier la partie au tout, c'est-à-dire, en politique, à faire passer les droits de la cité avant ceux des individus. La lecture de cette page riche et suggestive devrait permettre d'interroger ce lieu commun, et peut-être de deviner en quoi nos plaisirs les...
Poètes et législateurs, Lois VII
La politique a ceci de commun avec l'art tragique qu'elle est toute de mise en scène : ainsi une bonne constitution est-elle comme une bonne pièce, un vivant miroir de l'excellence humaine. De là néanmoins l'exclusion des poètes de la cité comme de dangereux concurrents. Car ne sommes-nous pas toujours tous plus ou moins...
Ce que Dieu doit être pour les jeunes gardiens, République II [378b,379d]
Les poètes, prophètes ou non, n'ont eu de cesse de peindre la divinité comme trop humaine. Jaloux, violents et menteurs, quels exemples les dieux donnent-ils à la jeunesse? Le législateur n'est pas théologien, il n'a pas à trancher un débat dont ont vécu et vivent encore tous les clergés. Seulement la poésie met en forme les...
Le "mensonge" des natures, République III [414b-415d]
Voici une page admirable et des plus mal comprises de Platon. Ce dernier en effet médite ici sur l'égalité fondamentale des "fils de la terre", et sur la dimension mythique, fictive, quoi que nécessaire, des inégalités sociales. Réfléchissant sur l'articulation des natures individuelles et de l'art éducatif, il suggère en effet...
Le naturel "philosophe" du gardien [375a-376c]
Socrate a suivi Glaucon dans la construction d'une société malade, d'une société de désirs ; or l'excès engendre la guerre et donc la nécessité d'une classe de la population vouée à la conquête des terres nécessaires aux passions publiques et privées, comme à la défense de la cité. Ce sont les gardiens, dont l'éducation sera...
La cité industrieuse, une paix de "pourceaux"? République II [372a-373a]
La première idée qui nous vient d'une cité juste et en paix est celle d'une économie prospère, où chacun trouve par son travail sa place et sa dignité. De même, une vie bonne serait une vie simple où les nécessités du corps sont satisfaites sobrement. Mais est-ce bien là une vie ? Et que signifie en nous l'aspiration à vivre...
Thalès et la servante Thrace, Théétète [174a-175a]
Que peut valoir la pensée en matière de politique s'il est vrai que l'amour des idées nous coupe comme par nécessité de la vie sociale? Faut-il croire que la parole du "terrain" doit alors étouffer celle du philosophe, toujours taxée d'idéalisme? En mettant en scène Thalès au fond de son puit, et le rire de la servante Thrace,...
Une théorie platonicienne des salaires. République I [345e-347a]
Est-il vrai que "toute peine mérite salaire"? Et que veut-on dire lorsque nous affirmons "mériter" une augmentation ou un avancement ? Ces questions à la fois triviales et omniprésentes reposent, on le verra, sur un puissant préjugé portant sur les mérites des arts et des métiers. L'analyse suivante, bien comprise, revient en...
La pastorale du réaliste. République I [343a-344d]
N'y tenant plus, Thrasymaque nous livre ici le fond de sa pensée. Les hommes ne sont pour la plupart que des moutons que l'on tond. La vertu n'est ainsi qu'une habilité, et le masque derrière lequel les puissants se dissimulent afin de commettre l'injustice en toute impunité. Ce discours, à sa manière, est pourtant de sens...
Portrait croisé de Socrate et Thrasymaque. République I [336b-338a ]
La page suivante est une page de comédie : Thrasymaque, exaspéré par le ton de la discussion, s'emporte et dresse un portrait à charge de Socrate : cauteleux, hypocrite, de mauvaise foi, ce dernier n'oserait tout simplement pas dire ce qu'il pense. Thrasymaque, quant à lui, ose parler en son nom, et rompre avec les opinions...
Savons-nous qui sont nos amis? République I [334c-335c]
Si nous ne pouvons être juste qu'à l'égard de nos amis, comme le pense Polémarque, alors comment s'assurer de ce que ce nos proches sont bien nos amis? Ici la réflexion tend moins à définir l'amitié qu'à nous conduire à dissocier ce que l'habitude tient couramment uni : le proche et le bon, la loyauté et la justice. Comprendre...
La justice selon Simonide, un art de voler? République [332a-334b ]
Cet extrait constitue le premier véritable entretien socratique de la République. Celui-ci prend prétexte de l'interprétation d'une formule du poète Simonide pour examiner l'idée de Justice. Mais il apparaîtra rapidement que la formule du "sage" Simonide est en réalité paradoxale : d'une part la justice semble être une vertu...
La morale du propriétaire. République I [329e-331c]
Socrate poursuit son entretien avec le vénérable Céphale en redoublant d'insolence. Après avoir suggéré que sa modération ne doit rien à son coeur, Socrate attaque frontalement son interocuteur : sa richesse n'est-elle pas la cause réelle de sa sagesse et de sa respectabilité? Faut-il être riche, en somme, pour être juste? La...
La sagesse vient-elle avec l'âge? République I [328c-329e]
La jeunesse est pleine de force, mais elle ignore tout du monde. Aussi est-ce naturellement l'expérience des choses humaines qu'on respecte d'abord dans le vieillard. On comprendra donc pourquoi l'âge peut aisément en imposer. L'entretien entre Socrate et Céphale doit toutefois nous faire comprendre, par l'insolence même de...
L'art populaire ?
On ne retient souvent du Temps retrouvé que la révélation finale qui rend le narrateur à la littérature lors de la matinée chez la princesse de Guermantes. Mais c'est oublier que ce retournement et la théorie littéraire qui en découle sont préparés en amont par la description d'un contre-modèle: la lecture des frères Goncourt...
Le travelling de Kapo ("De l'abjection", texte intégral)
Cet article, éloquemment intitulé "De l'abjection", est publié en juin 1961 dans le numéro 120 des "Cahiers du cinéma": Jacques Rivette y condamne sans ambages le film "Kapo", réalisé par Gillo Pontecorvo, première fiction cinématographique traitant des camps de concentration nazis. Ce texte devait faire date en rendant célèbre...
Rousseau juge de Molière
La critique rousseauiste des spectacles n'épargne pas davantage la comédie que la tragédie. Dans un passage resté célèbre, Rousseau s'en prend à ce qu'il définit pourtant comme la plus belle pièce du "plus parfait auteur comique": Le Misanthrope de Molière. L'argument ici est a fortiori, car comment croire que ce qui est à...
On a les spectacles que l'on mérite
Dans cet extrait, Rousseau décrit le cercle logique dans lequel est pris le théâtre dès lors qu'il prétend instruire moralement son public. La Lettre à d'Alembert énonce ce que l'on pourrait appeler le "principe d'agrément" (pour exister, un spectacle doit plaire) qui condamne l'art à flatter les penchants de son public quand...
La méditation, comme méthode pour répondre à la question "Qu'est-ce que l'homme?".
Il faut répondre à l'objection du §2 de la préface du Second Discours: comment connaître l'homme de la nature alors que la réflexion nous éloigne de lui? comment se connaître soi-même, alors que nous sommes déformés par les passions sociales? La méthode que Rousseau suit dans le Discours est la "méditation". Celle-ci ne...
Des entraves à l'importation. Richesse des nations IV.2
[…]
1. Chaque individu met sans cesse tous ses efforts à chercher, pour tout le capital dont il peut disposer, l'emploi le plus avantageux; il est bien vrai que c'est son propre bénéfice qu'il a en vue, et non celui de la société; mais les soins qu'il se donne pour trouver son avantage personnel le conduisent naturellement,...
Des salaires du travail. Richesse des nations I.7
1. Ce qui constitue la récompense naturelle ou le salaire du travail, c'est le produit du travail.
2. Dans cet état primitif qui précède l'appropriation des terres et l'accumulation des capitaux, le produit entier du travail appartient à l'ouvrier. Il n'a ni propriétaire ni maître avec qui il doive partager.
3. Si...
Du principe qui donne lieu à la division du travail. Richesse des Nations I.2
1. Cette division du travail, de laquelle découlent tant d'avantages, ne doit pas être regardée dans son origine comme l'effet d'une sagesse humaine qui ait prévu et qui ait eu pour but cette opulence générale qui en est le résultat ; elle est la conséquence nécessaire, quoique lente et graduelle, d'un certain penchant naturel...
De la division du travail. Richesse des nations I.1.
1. Les plus grandes améliorations dans la puissance productive du travail, et la plus grande partie de l'habileté, de l'adresse, de l'intelligence avec laquelle il est dirigé ou appliqué, sont dues, à ce qu'il semble, à la Division du travail.
[...]
2. Prenons un exemple dans une manufacture de la plus petite importance,...
Quels sont les critères du bien et du mal ? Du bon et du mauvais ?
Dans cet extrait, Spinoza tient un propos apparemment paradoxal : d'un côté, il n'existe rien de bon ni de mauvais dans la nature, et en soi. Bon et mauvais n'indiquent que notre rapport aux choses... D'un autre côté, il est nécessaire de poser des normes de conduite valables pour tout homme, dans la mesure où l'on cherche à...
Spinoza, de la superstition à la servitude
Voici un extrait de la Préface au Traité théologico-politique (1670), volontairement abrégée. Spinoza nous fait assister à l'enchaînement quasi-nécessaire qui conduit les hommes, victimes de la superstition, à se soumettre à la tyrannie d'un seul. Rarement la collusion entre les institutions religieuses et le pouvoir despotique...
Liberté et servitude humaines
La servitude dans laquelle nous tiennent nos passions est à la fois ce que nous connaissons le mieux par expérience, et ce que les mots semblent peiner à saisir clairement. La pensée de Spinoza vaut ici avertissement, parce qu'elle ne prétend vaincre cette confusion que par l'attention.
« J'appelle Servitude...
Mosca amoureux, ou la grandeur jugée
Stendhal est en tout point maître de liberté, car il ne manque jamais de montrer que le malheur et l'esclavage tiennent d'une même cause, qui est de trop se croire au miroir social. Ainsi les puissants qui croient à leurs cordons et à leurs titres ne sont-ils que des personnages ridicules. Car dupes de nous mêmes, de quels...
"Je crois les institutions provinciales utiles à tous les peuples"
Nouvel extrait de la Démocratie en Amérique de Tocqueville (I.I.V) : « Nécessité d’étudier de ce qui se passe dans les Etats particuliers avant de parler du gouvernement de l’Union» (GF p. 164-165)
Je crois les institutions provinciales utiles à tous les peuples; mais aucun ne me semble avoir un besoin plus...
"Ce n'est pas par hasard que j'examine d'abord la commune"
Extrait du chapitre V du livre I du premier tome « Nécessité d’étudier de ce qui se passe dans les Etats particuliers avant de parler du gouvernement de l’Union» GF p. 122-123
Ce n'est pas par hasard que j'examine d'abord la commune.
La commune est la seule association qui soit si bien dans la nature,...
« Du Principe de la souveraineté du peuple en Amérique »
Le texte suivant constitue l'ensemble chapitre IV du tome I de la Démocratie en Amérique de Tocqueville (GF p. 117-120)
Lorsqu’on veut parler des lois politiques des États-Unis, c’est toujours par le dogme de la souveraineté du peuple qu’il faut commencer.
Le principe de la souveraineté du peuple, qui se trouve...
" Mais ce ne sont pas seulement les fortunes qui sont égales…"
Démocratie en Amérique, tome I, première partie, chapitre III, GF p. 113-114.
Mais ce ne sont pas seulement les fortunes qui sont égales en Amérique ; l’égalité s’étend jusqu’à un certain point sur les intelligences elles-mêmes.
Je ne pense pas qu’il y ait de pays dans le monde où, proportion gardée avec la...
« Je m’étonne que les publicistes anciens et modernes n’aient pas attribué aux lois sur les successions
Extrait du chapitre III de la première partie du tome 1 de la Démocratie en Amérique de Tocqueville, GF p. 109-111.
Je m’étonne que les publicistes anciens et modernes n’aient pas attribué aux lois sur les successions une plus grande influence dans la marche des affaires humaines. Ces lois appartiennent, il est vrai, à...
"La fondation de la Nouvelle-Angleterre a offert un spectacle nouveau..."
Deuxième extrait du deuxième chapitre de la première partie du premier tome de la démocratie de Tocqueville (GF p. 91-92).
« La fondation de la Nouvelle-Angleterre a offert un spectacle nouveau ; tout y était singulier et original.
Presque toutes les colonies ont eu pour premiers habitants des hommes sans...
« Un homme vient à naître…la clef de presque tout l’ouvrage »
Premier extrait du chapitre II de la première partie du tome I de la Démocratie en Amérique de Tocqueville.
« Un homme vient à naître ; ses premières années se passent obscurément parmi les plaisirs ou les travaux de l’enfance. Il grandit ; la virilité commence ; les portes du monde s’ouvrent enfin pour le recevoir...
"Quoique le vaste pays qu’on vient de décrire..."
Quatrième extrait de l'ouvrage de Tocqueville, extrait de la fin du chapitre I du premier tome, p. 84. Reprise de la question des indiens.
« Quoique le vaste pays qu’on vient de décrire fût habité par de nombreuses tribus d’indigènes, on peut dire avec justice qu’à l’époque de la découverte il ne formait encore qu’un...
« Ces immenses désert n’étaient pas cependant entièrement privés de la présence de l’homme...»
Ce troisième texte est extrait du chapitre premier du tome I de l'ouvrage de Tocqueville, De la démocratie en Amérique. Il revêt un intérêt particulier puisqu'il témoigne de la prise en compte par l'auteur de la question des indiens d'Amérique dans sa réflexion sur les moeurs démocratiques nouvelles. « Ces immenses déserts...
« Instruire la démocratie…nous ignorons encore les biens qu’elle peut donner »
De la Démocratie en Amériques, introduction p. 61-62 « Instruire la démocratie, ranimer s’il se peut ses croyances, purifier ses mœurs, régler ses mouvements, substituer peu à peu la science des affaires à son inexpérience, la connaissance de ses vrais intérêts à ses aveugles instincts ; adapter son gouvernement aux temps et...
« Je conçois alors une société où tous, regardant la loi comme leur ouvrage..."
Second extrait de l'introduction du premier tome de De la démocratie en Amérique. Je conçois alors une société où tous, regardant la loi comme leur ouvrage, l’aimeraient et s’y soumettraient sans peine ; où l’autorité du gouvernement étant respectée comme nécessaire et non comme divine, l’amour qu’on porterait au chef de...
Le ciné-œil contre le ciné-drame
Pour le réalisateur soviétique Dziga Vertov, la fonction du cinéma est moins artistique que politique et citoyenne. La caméra doit servir au dévoilement de la vérité et participer ainsi aux luttes sociales. Ce Manifeste vaut donc surtout pour sa valeur polémique: le cinéma n'est pas ce qu'il devrait être et, contre les beaux...
Quelques méditations concernant l'économie
Nous donnons ici deux textes de Simone weil, datant sans doute de 1937, et de nature à éclairer à la fois le commentaire du Livre I de la République de Platon, comme la réflexion sur l'économie conduite par Thomas Vendryes. Il est inutile d'ajouter que ces lignes acquièrent aujourd'hui une actualité encore plus intense. Notre...
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