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Présentation du cours sur Platon


« Voulez-vous prendre une idée de l’éducation publique ? Lisez la République de Platon. Ce n’est point un ouvrage de politique, comme le pensent ceux qui ne jugent des livres que par leur titre. C’est le plus beau traité d’éducation qu’on ait jamais fait. Quand on veut renvoyer au pays des chimères, on nomme l’institution de Platon. Si Lycurge n’eût mis la sienne que par écrit, je la trouverais bien plus chimérique. Platon n’a fait qu’épurer le cœur de l’homme, Lycurge l’a dénaturé. » Rousseau, Emile livre I.


Présentation du cours sur Platon
Le présent cours entend guider l’auditeur dans une lecture méthodique de l’œuvre de Platon. Si nous espérons pouvoir à cette occasion partager le plaisir que donne encore ce texte indémodable, il s’agira également pour nous d’y méditer le paradoxe que décrit Rousseau au début de son Emile.

Les hommes sérieux tiennent en effet souvent la politique pour un art subtil où les idées embarrassent. Le « réalisme » courant vante ainsi à peu de frais le pragmatisme et le scepticisme des hommes d’action, tout en riant de l’aveuglement des penseurs, perdus dans la recherche des principes. Sous ce rapport, la cité idéale de Platon a acquis en quelque sorte la réputation de symbole : germe de toutes les utopies, ne fait-on pas d’elle désormais le ferment de toutes les dérives meurtrières ? L’air est bien connu.

Pourtant, le spectacle du monde, toujours renouvelé, témoigne assez de l’impuissance des hommes de gouvernement pour éveiller l’attention. Car l’illusion du politique consiste justement à croire qu’on peut instituer l’ordre et la justice sans s’occuper de former des hommes aimant réellement ceux-ci, qu’une réforme ou une révolution, en somme, dispensent d’éduquer. Cette indifférence, en laissant dégénérer les sociétés jusqu’à la pure barbarie, prépare alors le retour des tyrans.

Mais parce que Platon n’explique le mal universel que par le jeu des passions en l’individu même, au mépris des analyses de conjonctures, il nous invite surtout à comprendre que nulle paix ne se fera entre les hommes si l’on ne sait d’abord faire la paix en soi. En ce sens, la pensée et le dialogue constitueraient la vraie puissance et la vraie politique.

De là cette absence de respect propre à l’examen socratique, qui, bousculant toutes les institutions (État, famille, armée…), entend surtout dégager l’esprit de la fascination pour les affaires communes, et lui ouvrir la voie de l’ironie et de la liberté.

Le cours s’appuiera sur des extraits choisis que vous trouverez dans la partie du site lui étant réservée. S’y ajouteront progressivement des éléments de plan et d’analyse, dans
la section outils.

Les séances se dérouleront au lycée Dorian, par quinzaine. N’hésitez pas à vérifier leur fréquence dans la section
agenda.

Pour écouter les cours, rendez-vous à la séance correspondante.

Frédéric Dupin