Blog d'information de l'Université Conventionnelle

La Feuille, mode d'emploi

Pourquoi une "Feuille"?


On trouve en général bien des raisons pour faire, ou ne pas faire, un blog, pour s’excuser de dire ce qu’on y dit ou de taire ce qu’on y tait. Les Chartes ou les diverses déclarations d'intentions n’y font rien, du reste ; car, soumis au commun déluge d’informations qui submerge continuellement le Net, une certaine humilité finit par aller de soi. La Feuille ne fera donc guère exception en affichant dès maintenant sa prétention à ne rien dire ici de très neuf, ou à n’intéresser que celles et ceux qui s’intéressent à elle.

Aussi entendons-nous simplement, par ce blog, présenter notre démarche au public : expliquer ce que nous faisons, quand et comment nous le faisons, et en somme pourquoi il nous semble nécessaire de le faire. La Feuille ne fera donc que développer, commenter et, pourquoi pas, discuter avec qui voudra, les idées exposées dans le préambule des statuts de l'association. L’essentiel y est dit, il est redit ici.

La Feuille souhaiterait constituer également un lieu où les enseignants de l’Université Conventionnelle, leurs auditeurs, et tous ceux qui, à divers titres, sympathisent avec notre démarche, pourraient échanger et discuter. Un espace, en somme, plus libre et plus ouvert que le site de l'Université proprement dit, que nous avons en effet voulu seulement utile et lisible pour quiconque entend participer à nos enseignements, ou travailler par lui-même sur les œuvres ou sur les questions abordées. Outil de travail plus que média participatif, le site de l’Université n’a donc pas vocation à être attrayant. Il y réussit sans doute assez bien

Car l’essentiel pour nous reste ce qui se joue en dehors du virtuel, et constitue aujourd’hui un défi autrement plus ardu que de céder aux tentations vitupérantes ou narcissiques que chacun peut deviner au bout de son propre clavier.

En effet, en s’associant pour former, et faire vivre, une Université véritablement populaire, c’est-à-dire qui puisse délivrer un savoir dont chacun, quel que soit son métier, puisse se nourrir véritablement pour peu qu’il le souhaite, nous essayons de faire valoir les droits de l’attention et du silence, le droit de l’histoire et des permanences humaines, contre le régime d’urgence permanente qui nous entoure. Il est, on le sait, toujours trop tôt ou trop tard pour s’arrêter et penser un peu.

Déjà Socrate, pour réfléchir un moment s’attardait sous un porche et arrivait en retard au banquet d'Agathon. C’est dire que l’effort de penser suppose toujours ce qu’on tolère de moins en moins aujourd’hui : se moquer d’être à la page, d’être à l’heure, ou de payer son obole aux divinités du moment. Or qu’est ce que la culture des Humanités, sinon tenter de régler son jugement sur ce qui, appartenant à tous, exprime mieux notre commune nature que tous les drames dérisoires d’une actualité bientôt en solde ? Qu’est-ce encore que réfléchir sinon accepter de poser les problèmes dans toute la rigueur du sens commun, sans plus laisser parler nos déformations de profession ou ces politesses de scepticisme, qui remettent toujours à plus tard la nécessité de juger par soi-même ? Seulement pour tout cela le temps manque, car l’aveuglement partout nous requiert.

Qui ne voit en effet combien l’esprit de spécialité et le souci de l’actualité ne sont la plupart du temps que les masques de l’inculture ? L’expertise spéciale protège en effet du jugement d’autrui en recouvrant souvent sous un jargon étudié sa propre peur de penser réellement un objet ou un problème. Pareillement, si le journalisme et la chronique du présent sont, en un sens, de toutes les époques, (croit-on vraiment avoir inventé la rumeur et les bavardages de cours ou de marché ?) ils n’ont pris une telle ampleur, et n’occupent aujourd’hui une telle importance dans l’espace public que faute d’une instruction plus solide et plus universelle. De même, en effet, que l’aveugle ne peut se diriger dans les ténèbres que d’après ce qu’il trouve immédiatement sous la main, de même, c’est faute de lumières sur l’histoire que nous cherchons dans les dernières modes, ou à la une des journaux, de quoi nous guider dans le monde.

Aussi, et à défaut d’y voir clair nous-mêmes, il nous suffirait de faire vivre ici et par nos cours, un petit espace où réapprendre à ouvrir ses yeux, sans plus commencer par faire l’éloge de l’aveuglement.

Quelques mots enfin sur le contenu de la Feuille. La rubrique Actualité est dévolue aux différentes annonces de calendrier, n’hésitez pas à vous y syndiquer. La rubrique Projet déclinera, sous forme d’abécédaire les différents aspects de notre entreprise. Enfin, les Feuillets constitueront des notes disparates, polémiques ou suggestives selon vos humeurs, mais toujours, pour le coup à froisser après lecture.

Bonne lecture.

Rédigé par la feuille le 08/01/2008 à 13:16




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