Un atelier de lecture de l'Université conventionnelle animé par Frédéric Dupin


Le cours aura lieu au lycée Dorian, salle B10, 74 avenue Philippe Auguste, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.


Séance du 25 mars 2010

Nous poursuivrons aujourd'hui le travail entrepris autour de l'idée de justice lors de la séance précédente. Le livre IV l'aborde par deux faces, d'une part on s'interroge dans ces pages sur la nature des lois gouvernant la cité bien ordonnée, constituée précédemment, d'autre part, on comparera les leçons de cet exercice de politique abstraite à l'étude de l'âme humaine. Nous nous en tiendrons encore pour cette séance à l'examen de la justice dans la cité et nous y traiterons essentiellement deux questions.

Illusion et impuissance politiques

En premier lieu, le lecteur doit être frappé par la relative économie des lois dans la cité bonne : on y légifère en somme presque exclusivement sur l'éducation. Lois et contrats, plaintes et conflits, tout cela n'intéresse guère le législateur qui s'en remet ici à la qualité des moeurs publiques. Du reste, on ne gouverne point un malade, on le soigne ; ce qui permet de comprendre l'impuissance des gouvernants communs, qui espèrent changer une société par des lois, quand elle attend des éducateurs et des sages. Nous méditerons ce problème à partir d'une belle page du livre IV, qui nous semble en outre autoriser quelques leçons pour notre temps. On s'autorisera ainsi un détour par Condorcet.

Le courage et la "teinture de l'âme"

Dans un second temps, nous travaillerons un des passages où Socrate explicite les vertus de la cité bonne, à la poursuite de la justice. Nous lirons ainsi un passage admirable du livre IV (429d-430c) où, à l'occasion d'une réflexion sur le courage, Socrate éclaire la force d'âme par une métaphore de teinturerie. Nous pourrions alors comprendre dans quelle mesure le courage est une fidélité à son éducation et comment nos vies peuvent parfois perdre tout éclat ; les germes de force et de sagesse dispensés par notre éducation s'étant comme usé par l'érosion du temps.

Frédéric Dupin
Rédigé par Frédéric Dupin le Mardi 23 Mars 2010 à 13:35


Le cours aura lieu au lycée Dorian, salle B10, 74 avenue Philippe Auguste, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.


Séance du  11 mars 2010

Ce nouveau cours sera l'occasion d'ouvrir une nouvelle séquence de réflexion autour de la question de la justice et de l'harmonie. Après avoir réfléchi sur l'idée de nature, puis sur les liens entre poésie et politique, nous retrouvons en effet directement, à l'orée du livre IV, la question qui domine l'ensemble de l'oeuvre : qu'est-ce que le juste? Et sa suite immédiate, à quel bien y a-t-il dans la justice?

La construction de la première cité idéale laisse en effet les deux frères sceptiques : sans doute cette cité est-elle bien ordonnée, mais on s'y amuse peu, et pour tout dire, le pouvoir manque de faste et d'agrément. À quoi bon gouverner s'il n'y a point de plaisirs réservés aux puissants? A quoi bon être juste si l'on est heureux?

Notre séance s'attachera donc d'abord à interroger le lien entre justice et bonheur, en retrouvant le thème du profit, qui avait traversé tout le livre I, ainsi que plusieurs de nos séances de l'année dernière. Nous en viendront ensuite à l'explication d'une très belle page où la justice est pensée comme harmonie. Nous en tirerons quelques conclusions qui vous permettront d'avancer dans la lecture du livre IV. En quoi la justice est-elle en effet toujours juste proportion?
Frédéric Dupin
Rédigé par Frédéric Dupin le Jeudi 11 Mars 2010 à 16:36