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Un atelier de réflexion de l'Université conventionnelle animé par l'UFAL
Le cours de Frédéric Dupin aura lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée). L'entrée est libre et gratuite.
Les séances précédentes ont pu dégager les principes politiques permettant de penser la spécificité du lien politique instauré par l’idée républicaine, c’est-à-dire son irréductibilité à toute communauté de fait ou de foi. Nous avons également pu voir que ces principes formels n’étaient pas sans conséquence institutionnelle directe. Car que la République constitue au sens fort une idée n’en fait en rien une chimère illusoire, sans prise sur la réalité collective. Bien au contraire.
En effet, concevoir, par exemple, le lien civil à partir de l’individualité libre, usant de son sens critique afin de déterminer les lois communes, implique nécessairement que cette singularité soit protégée et défendue par un ensemble de services publics, c’est-à-dire véritablement communs, assurant l’exercice effectif de ces libertés. La République ne se veut donc pas sociale par hasard, et moins encore par surcroît. De même, le principe de laïcité, qui exclut toute « valeur » au fondement de l’ordre politique, suppose qu’existe alors en quelque manière une école, et même un mode spécifique de culture pour l’intelligence, qui hisse le citoyen à la hauteur de sa vocation critique et délibérante. L’école, sous ce rapport, n’est ni un luxe, ni un service ayant ses usagers : elle est un organe vital de la République elle-même puisqu’elle mûrit les facultés qui rendent seules possibles l’exercice du jugement.
Au regard de ces résultats, ne pourrait-on pas alors se demander ce que l’idée républicaine « fait » à l’art politique lui-même, c’est-à-dire à l’exercice du pouvoir ? En d’autres termes, y a-t-il un mode de gouvernement spécifiquement républicain ? Nous soutiendrons que le travail initié dans les séances précédentes permet justement de développer une conception républicaine de l’Etat et de l’exercice du pouvoir politique, dans son rapport aux différentes institutions sociales, privées comme publiques. Ce faisant, nous développerons une critique argumentée de la fréquente réduction de cette politique républicaine à la centralisation administrative. Nous souhaiterions en effet montrer en quoi l’idée fédéraliste, souvent méconnue ou ignorée, vient achever le concept de République en permettant de saisir les conditions réelles de l’égalité civile, et même sociale, contre les illusions du centralisme et du gouvernementalisme. Nous croyons en effet que ces illusions ne sont pas sans éclairer certains des mécomptes les plus criants des démocraties sociales modernes.
Cette caractérisation du principe fédératif voudrait ainsi prolonger le travail de philosophie politique entrepris jusqu’ici, et contribuer à une réflexion plus large sur le concept de « services publics ». Elle s’appuiera sur des textes de Proudhon et de Comte que nous distribuerons en cours.
Rédigé par Frédéric Dupin le Jeudi 25 Février 2010 à 22:22
Le cours de Bernard Teper aura lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).
Le service public est un des éléments fondateurs de la République sociale.
Beaucoup de théories expliquent le lien entre République et école, République et institutions, République et laïcité.
Cette séance est un appel à travailler une théorie du service public comme un des éléments fondateurs de la République sociale.
Au moment où le service public est attaqué de toutes parts, où les actions de résistance se développent pour le défendre, où se développe l'idée d'un changement de logique et de paradigme le concernant, c'est le moment de développer bien sûr l'analyse de ces attaques mais surtout de proposer une théorie du service public permettant d'élaborer un projet alternatif dans le débat public et dans le mouvement social.
Car proposer de revenir en arrière, avant l'engagement du processus de marchandisation et de privatisation du service public, quand celui-ci était géré comme une entreprise administrative dirigée par l'État, est une impasse théorique et pratique incapable de mobiliser les énergies.
Pour marcher sur ses deux jambes, il convient donc de lier les mouvements de résistance et une nouvelle théorie du service public qu'il convient de présenter aux citoyens à travers une campagne d'éducation populaire décentralisée et tournée vers l'action. Tel est notre objectif singulier.
Beaucoup de théories expliquent le lien entre République et école, République et institutions, République et laïcité.
Cette séance est un appel à travailler une théorie du service public comme un des éléments fondateurs de la République sociale.
Au moment où le service public est attaqué de toutes parts, où les actions de résistance se développent pour le défendre, où se développe l'idée d'un changement de logique et de paradigme le concernant, c'est le moment de développer bien sûr l'analyse de ces attaques mais surtout de proposer une théorie du service public permettant d'élaborer un projet alternatif dans le débat public et dans le mouvement social.
Car proposer de revenir en arrière, avant l'engagement du processus de marchandisation et de privatisation du service public, quand celui-ci était géré comme une entreprise administrative dirigée par l'État, est une impasse théorique et pratique incapable de mobiliser les énergies.
Pour marcher sur ses deux jambes, il convient donc de lier les mouvements de résistance et une nouvelle théorie du service public qu'il convient de présenter aux citoyens à travers une campagne d'éducation populaire décentralisée et tournée vers l'action. Tel est notre objectif singulier.
Rédigé par Bernard Teper le Lundi 15 Février 2010 à 17:56
Cette seconde intervention de Catherine Kintzler se déroulera au lycée Dorian (PAris XIème), de 20h à 22h en salle des devoirs. L'entrée est libre et gratuite.
Présentation du cours
On s’efforcera de montrer en quoi le concept de laïcité – tel qu’il a été proposé lors de la séance précédente – engage, à travers un rapport constitutif aux savoirs, une théorie critique de la culture débouchant sur la question des humanités modernes.
Le modèle politique non contractuel et immanent supposé par la laïcité rencontre nécessairement la question critique et celle de la constitution des savoirs. Ne pas croire à un lien préalable, c’est s’obliger à réfléchir au bien-fondé des décisions. Si ce devoir de la pensée à l’égard d’elle-même est négligé dans une république laïque, alors celle-ci est en danger. Ce devoir est consubstantiel à l’autoconstruction par chaque citoyen de sa propre autorité. On comprend pourquoi la place de l’institution scolaire est décisive en régime laïque.
La laïcité ne se réduit pas à un pur dispositif politico-juridique. Son concept philosophique ne peut pas faire l’économie d’une pensée plus large dans laquelle le modèle de la connaissance, supporté par une dialectique du doute, fonde un rapport spécifique à la culture.
Plan
I – Rappel des principes : la constitution philosophique du régime républicain laïque
II – L’expérience de la liberté dans l’appropriation des savoirs
III – Institutionnaliser l’expérience de la liberté : l’Instruction publique
L’école de la République est-elle faite pour la République ?
Qu’est-ce qu’un savoir élémentaire ?
IV – Une culture critique. Le doute et l’erreur
Antithétique et dialectique du doute
Laïcité et humanités
Bibliographie sommaire et deux documents à télécharger sur la page web de C. Kintzler ou sur le présent blog.
Pour cette seconde séance, les deux documents sont utiles.
UnivConventCKDocSérie2.pdf
(26.24 Ko)
Rédigé par Catherine Kintzler le Samedi 6 Février 2010 à 18:43
Les séances du 2 et du 9 février seront animées par Catherine Kintzler et entendront construire rigoureusement le concept de laïcité, dans son rapport au lien politique d'une part, et à l'idée de culture d'autre part. La présente séance se déroulera le mardi 2 février, de 20h à 22h au lycée Dorian (salle des devoirs). Les textes et documents de support sont téléchargeables en pied de note.
Il s’agit de présenter une construction du concept de laïcité dans le cadre de la philosophie politique classique.
1° Cette construction remonte d’abord à la pensée de Locke (fin XVIIe siècle) qui établit objectivement la distinction entre foi et loi, et qui pose de manière décisive la question de la nature du lien politique.
2° Une seconde étape, avec la pensée de Bayle, déverrouille le problème de l’incroyance comme défi à la constitution du lien politique ; elle mène au concept subjectif de la laïcité.
3° La construction du concept objectif de laïcité s’effectue au moment de la Révolution française avec la pensée de Condorcet qui fait l’économie du contractualisme. Tous les éléments philosophiques sont alors réunis pour l’achèvement du concept actuel de laïcité, et notamment la thèse d’un minimalisme de la théorie politique républicaine. Cela conduira à quelques considérations sur l’actualité récente.
On s’étonnera peut-être que les étapes et les textes parcourus soient pour la plupart antérieurs à l’apparition du terme « laïcité » : c’est qu’ils sont fondateurs non pas au sens d’une origine, mais au sens d’un commencement dans la pensée.
Plan du cours
I – Tolérance classique, tolérance élargie (ou laïcité subjective), laïcité objective
• Locke et la tolérance restreinte: le problème de la nature du lien politique
• Inutilité de l'argumentation théologique : la séparation du civil et du religieux
• Pouvoir civil, pouvoir religieux : disjonction des propriétés, conjonction de la forme
• La tolérance élargie et le concept subjectif de laïcité
II – Le concept objectif de laïcité et la conception minimaliste de l'association politique
• L'indifférence à la croyance comme forme et commencement
• Le « vide expérimental » et la forme de l’association politique comme « classe paradoxale » : faire l’économie du contrat avec Condorcet
• Récapitulation
III – Quelques considérations sur l'actualité. Le modèle de la tolérance est-il suffisant ?
• Régime laïque et principe de laïcité
• Cinq figures
• Limites du modèle de la tolérance
Références classiques principales :
John Locke, Lettre sur la tolérance, trad. Le Clerc, prés. JF Spitz, Paris : GF, 1992
Pierre Bayle
• De la tolérance, commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus Christ « Contrains-les d’entrer », et Supplément du commentaire philosophique, éd. JM Gros, Paris : Presses Pocket, 1992. Les éditions anciennes sont disponibles sur BnF Gallica : ici, ici et ici
• Pensées sur l’athéisme, éd. J. Boch, Paris : Desjonquères, 2004.
Jean Antoine Nicolas de Condorcet
• Cinq mémoires sur l’instruction publique, prés. C. Kintzler et C. Coutel, Paris : GF, 1994.
• Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (Xe époque), prés. A. Pons, Paris : GF, 1998.
• Idées sur le despotisme, à l'usage de ceux qui prononcent ce mot sans l'entendre (sur BnF Gallica )
• Lettres d'un bourgeois de New-Haven à un citoyen de Virginie, sur l'inutilité de partager le pouvoir législatif entre plusieurs corps (sur BnF Gallica )
• Déclaration des droits dans l’édition Arago (Paris : Didot, 1847-1849), tome IX, ce texte n’est accessible qu’en bibliothèque, je proposerai des extraits.
Alain, Propos sur l’éducation, (1932) Paris : PUF Quadrige, 1986 réimpr. 2007.
Gaston Bachelard « Valeur morale de la culture scientifique » publié dans Didier Gil, Bachelard et la culture scientifique, Paris : PUF, 1993.
Et toujours, Mezetulle, le site de Catherine Kintzler
1° Cette construction remonte d’abord à la pensée de Locke (fin XVIIe siècle) qui établit objectivement la distinction entre foi et loi, et qui pose de manière décisive la question de la nature du lien politique.
2° Une seconde étape, avec la pensée de Bayle, déverrouille le problème de l’incroyance comme défi à la constitution du lien politique ; elle mène au concept subjectif de la laïcité.
3° La construction du concept objectif de laïcité s’effectue au moment de la Révolution française avec la pensée de Condorcet qui fait l’économie du contractualisme. Tous les éléments philosophiques sont alors réunis pour l’achèvement du concept actuel de laïcité, et notamment la thèse d’un minimalisme de la théorie politique républicaine. Cela conduira à quelques considérations sur l’actualité récente.
On s’étonnera peut-être que les étapes et les textes parcourus soient pour la plupart antérieurs à l’apparition du terme « laïcité » : c’est qu’ils sont fondateurs non pas au sens d’une origine, mais au sens d’un commencement dans la pensée.
Plan du cours
I – Tolérance classique, tolérance élargie (ou laïcité subjective), laïcité objective
• Locke et la tolérance restreinte: le problème de la nature du lien politique
• Inutilité de l'argumentation théologique : la séparation du civil et du religieux
• Pouvoir civil, pouvoir religieux : disjonction des propriétés, conjonction de la forme
• La tolérance élargie et le concept subjectif de laïcité
II – Le concept objectif de laïcité et la conception minimaliste de l'association politique
• L'indifférence à la croyance comme forme et commencement
• Le « vide expérimental » et la forme de l’association politique comme « classe paradoxale » : faire l’économie du contrat avec Condorcet
• Récapitulation
III – Quelques considérations sur l'actualité. Le modèle de la tolérance est-il suffisant ?
• Régime laïque et principe de laïcité
• Cinq figures
• Limites du modèle de la tolérance
Références classiques principales :
John Locke, Lettre sur la tolérance, trad. Le Clerc, prés. JF Spitz, Paris : GF, 1992
Pierre Bayle
• De la tolérance, commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus Christ « Contrains-les d’entrer », et Supplément du commentaire philosophique, éd. JM Gros, Paris : Presses Pocket, 1992. Les éditions anciennes sont disponibles sur BnF Gallica : ici, ici et ici
• Pensées sur l’athéisme, éd. J. Boch, Paris : Desjonquères, 2004.
Jean Antoine Nicolas de Condorcet
• Cinq mémoires sur l’instruction publique, prés. C. Kintzler et C. Coutel, Paris : GF, 1994.
• Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (Xe époque), prés. A. Pons, Paris : GF, 1998.
• Idées sur le despotisme, à l'usage de ceux qui prononcent ce mot sans l'entendre (sur BnF Gallica )
• Lettres d'un bourgeois de New-Haven à un citoyen de Virginie, sur l'inutilité de partager le pouvoir législatif entre plusieurs corps (sur BnF Gallica )
• Déclaration des droits dans l’édition Arago (Paris : Didot, 1847-1849), tome IX, ce texte n’est accessible qu’en bibliothèque, je proposerai des extraits.
Alain, Propos sur l’éducation, (1932) Paris : PUF Quadrige, 1986 réimpr. 2007.
Gaston Bachelard « Valeur morale de la culture scientifique » publié dans Didier Gil, Bachelard et la culture scientifique, Paris : PUF, 1993.
Et toujours, Mezetulle, le site de Catherine Kintzler
UnivConventDocSérie1.pdf
(140.48 Ko)
Rédigé par Catherine Kintzler le Dimanche 31 Janvier 2010 à 13:35
Cette troisième séance sera animée par Charles Arambourou, membre du CA de l'UFAL, et se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).
Si la philosophie politique permet de rendre intelligible le modèle républicain, le droit positif donne au principe de laïcité sa traduction juridique. Cette troisième conférence, assurée par Charles Arambourou, envisagera donc les aspects juridiques de la question laïque : il s'agira d'étudier d'une part la loi de 1905 (qui traduit dans le droit la rupture avec le théologico-politique) et d'autre part la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (qu'il ne faut pas confondre avec la Cour de justice de l'union européenne).
Pour écouter la conférence.
Note
Les textes commentés en cours sont joints à cette note.
Pour écouter la conférence.
Note
Les textes commentés en cours sont joints à cette note.
arambourou.textes.pdf
(93.12 Ko)
Rédigé par Charles Arambourou le Dimanche 31 Janvier 2010 à 13:27
Cette deuxième séance sera animée par Bernard Teper, secrétaire national de l'UFAL, et se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).
Cette conférence s'inscrit dans un cycle diachronique qui a été inauguré par la conférence de Jean-Marie Kintzler. A partir d'un point de vue volontairement surplombant, Jean-Marie Kintzler a montré que l'on pouvait penser la République laïque à partir de ses éléments structurels : il est possible de mettre en évidence trois marqueurs permettant de distinguer l'Etat de droit de l'Etat totalitaire ainsi que deux ruptures permettant de distinguer ces deux figures de l'Etat de droit que sont l'Etat communautaire et la République laïque. Il faut maintenant franchir un pas : passer du dispositif théorique à la République sociale, qui apparaît plus que jamais comme le seul projet politique émancipateur face aux projets concurrents. Comme le soulignait Jean Jaurès, la République sociale est la république poussée jusqu’au bout.
Pour penser la République sociale, il convient de bien comprendre son principe constitutif, à savoir la laïcité. Ce principe fera l'objet de quatre conférences consécutives. La première aura pour vocation d'exposer les enjeux politiques, mais aussi économiques et sociaux de la laïcité. Elle pourra ouvrir la voie à une réflexion sur les stratégies possibles pour promouvoir le principe de laïcité, tant au niveau national qu'international.
Cette première conférence sur la laïcité sera suivie d'une deuxième, assurée par Charles Arambourou qui envisagera le principe de laïcité sous ses aspects juridiques : il s'agira d'étudier d'une part la loi de 1905 (qui traduit dans le droit la rupture avec le théologico-politique) et d'autre part la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (qu'il ne faut pas confondre avec la Cour de justice de l'union européenne). Si la philosophie politique permet de rendre intelligible le modèle républicain, le droit positif donne au principe de laïcité sa traduction juridique.
Catherine Kintzler analysera ensuite la laïcité comme concept, avant de nous livrer une analyse inédite de l'articulation entre laïcité et culture. Il sera temps alors de réfléchir à la façon dont le principe de laïcité est mis en oeuvre dans l'espace de l'école, mais aussi au délicat problème de la conciliation de l'égalité et de la diversité.
Elucider cette question est un passage obligé pour la révolution républicaine que nous appelons de nos voeux et dont nous avons besoin pour rompre avec le néolibéralisme et son allié objectif, à savoir le communautarisme.
Plan détaillé de la conférence du 19 janvier
1) Déblayer l'accès à la compréhension du principe :
a) Ce que la laïcité n'est pas.
b) Ce qu'est la laïcité :
* La liberté absolue de conscience qui nécessite une rupture avec le dogmatisme comme fondement des lois et des décisions politiques
* L’universalité des droits pour éviter que le droit à la différence n'aboutisse à la différence des droits.
* Le principe de séparation.
2) Penser l'application du principe de laïcité à partir de trois problématiques :
a) Pourquoi la législation sur le port des signes religieux à l'école est-elle laïque ?
b) Pourquoi le législateur ne peut-il interdire le port du voile dans la rue en se fondant sur le principe de laïcité ?
c) Pourquoi la laïcité est-elle anticléricale et non pas anti-religieuse ?
3) Le paradoxe de la poussée concomitante de la sécularisation d’une part, du communautarisme et de l’intégrisme religieux d’autre part.
a) Quelle est l’alliance planétaire qui nous gouverne depuis trente ans ?
b) Comprendre les caractéristiques de la phase actuelle du capitalisme.
4) Les conséquences du recul de la laïcité.
a) Sur la condition des femmes : la nécessaire articulation du féminisme et de la laïcité.
b) Sur l'école publique : la nécessaire articulation entre l'école et laïcité.
5) Mise en perspective.
a) Le combat laïque est-il une spécificité franco-française ou est-il une réalité internationale et planétaire ? L'internationalisation du combat laïque.
b) Réflexion stratégique : la stratégie à front large, la globalisation des combats laïques et sociaux, l'éducation populaire.
Rédigé par Bernard Teper le Lundi 18 Janvier 2010 à 16:57
Cette première séance, inaugurant l'atelier par la mise en place de distinctions usuelles, sera conduite par Jean-Marie Kintzler et se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h.
République et Etat de droit
La cité moderne a pris la forme de l'État. Ce dernier se présente sous deux figures opposées : l'État de droit d'une part, l'État totalitaire de l'autre. Une grande partie de notre histoire est marquée par les conflits opposant l'État de droit à l'hydre totalitaire. Elle a pu prendre la forme de la monarchie absolue, celle du stalinisme, celle du national-socialisme. Aujourd'hui l'intégrisme islamiste s'accommode très bien de l'État et s'en empare volontiers.
République et démocratie
Or si, certes, l'État de droit s'est constitué par rupture avec la cité totalitaire, il l'a fait sous la forme de deux configurations disjointes : celle de la démocratie communautaire d'un côté ; celle de la république laïque de l'autre. Rushdie, Redeker, l'affaire des caricatures : toutes ces affaires ont permis de mettre le doigt sur cette différence dans la mesure où elles soulevaient toutes la question du blasphème. Au sein d'un État de droit, les fondamentalistes peuvent-ils se prévaloir d'un « délit de blasphème » ? On sait qu'un tel délit est un non-sens dans une république laïque, à cause d'une séparation absolue entre la sphère religieuse et la sphère politique. Il n'est pas complètement dépourvu de sens dans une démocratie communautaire, et par exemple au Royaume-Uni où il est inscrit dans la loi : c'est que dans les démocraties communautaires la séparation du lien politique et du lien religieux n'est pas totalement réalisée.
Le cours proposera une mise en place et une étude morphologique :
- des marqueurs qui permettent de situer la rupture de l'État de droit avec l'État totalitaire
- des propriétés qui caractérisent la disjonction entre les deux figures modernes de l'État de droit : démocratie communautaire et république laïque.
Note
En pièce jointe, les schémas commentés durant l'exposé.
Pour écouter la conférence, télécharger le fichier audio correspondant.
La cité moderne a pris la forme de l'État. Ce dernier se présente sous deux figures opposées : l'État de droit d'une part, l'État totalitaire de l'autre. Une grande partie de notre histoire est marquée par les conflits opposant l'État de droit à l'hydre totalitaire. Elle a pu prendre la forme de la monarchie absolue, celle du stalinisme, celle du national-socialisme. Aujourd'hui l'intégrisme islamiste s'accommode très bien de l'État et s'en empare volontiers.
République et démocratie
Or si, certes, l'État de droit s'est constitué par rupture avec la cité totalitaire, il l'a fait sous la forme de deux configurations disjointes : celle de la démocratie communautaire d'un côté ; celle de la république laïque de l'autre. Rushdie, Redeker, l'affaire des caricatures : toutes ces affaires ont permis de mettre le doigt sur cette différence dans la mesure où elles soulevaient toutes la question du blasphème. Au sein d'un État de droit, les fondamentalistes peuvent-ils se prévaloir d'un « délit de blasphème » ? On sait qu'un tel délit est un non-sens dans une république laïque, à cause d'une séparation absolue entre la sphère religieuse et la sphère politique. Il n'est pas complètement dépourvu de sens dans une démocratie communautaire, et par exemple au Royaume-Uni où il est inscrit dans la loi : c'est que dans les démocraties communautaires la séparation du lien politique et du lien religieux n'est pas totalement réalisée.
Le cours proposera une mise en place et une étude morphologique :
- des marqueurs qui permettent de situer la rupture de l'État de droit avec l'État totalitaire
- des propriétés qui caractérisent la disjonction entre les deux figures modernes de l'État de droit : démocratie communautaire et république laïque.
Note
En pièce jointe, les schémas commentés durant l'exposé.
Pour écouter la conférence, télécharger le fichier audio correspondant.
JMKSchémasJan01.pdf
(55.41 Ko)
Rédigé par Jean-Marie Kintzler le Mardi 5 Janvier 2010 à 15:46
Toutes les séances
Calendrier général
Vous trouverez ci-dessous les dates des différentes interventions de l'atelier de réflexion conduit par l'UFAL à l'université conventionnelle. Les cours auront lieu au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).
1. Qu'est-ce que la République ?
Mardi 12 janvier 2010. : intervention de Jean-Marie Kintzler.
2. République et laïcité
2.1. Les enjeux du combat laïque aujourd'hui
Mardi 19 janvier 2010 : intervention de Bernard Teper.
2.2. Le cadre juridique français de la laïcité, la loi de 1905 et la Convention européenne des droits de l'homme
Mardi 26 janvier 2010 : Intervention de Charles Arambourou.
2.3. Le régime de la laïcité : un modèle d'association politique
Mardi 2 février 2010 : intervention de Catherine Kintzler.
2.4. Laïcité et culture
Mardi 9 février 2010 : intervention de Catherine Kintzler.
3. La République sociale
3.1. République et services publics
Mardi 16 février 2010 : intervention de Bernard Teper.
3.2. République, Etat et institution
Mardi 9 mars 2010 : intervention de Frédéric Dupin.
3.3. République et principe de solidarité : la sécurité sociale comme modèle.
Mardi 16 mars 2010 : intervention de Bernard Teper.
3.4. La République face à la question de la diversité
Mardi 23 mars 2010 : intervention de Gwenaële Calvès.
4. L'école publique : l'organe politique de la République
Analyse de la conférence d'Emile Chartier « Le culte de la raison comme fondement de la République ».
Mardi 30 mars 2010 et Mardi 6 avril 2010, interventions de Marie Perret.
Mardi 12 janvier 2010. : intervention de Jean-Marie Kintzler.
2. République et laïcité
2.1. Les enjeux du combat laïque aujourd'hui
Mardi 19 janvier 2010 : intervention de Bernard Teper.
2.2. Le cadre juridique français de la laïcité, la loi de 1905 et la Convention européenne des droits de l'homme
Mardi 26 janvier 2010 : Intervention de Charles Arambourou.
2.3. Le régime de la laïcité : un modèle d'association politique
Mardi 2 février 2010 : intervention de Catherine Kintzler.
2.4. Laïcité et culture
Mardi 9 février 2010 : intervention de Catherine Kintzler.
3. La République sociale
3.1. République et services publics
Mardi 16 février 2010 : intervention de Bernard Teper.
3.2. République, Etat et institution
Mardi 9 mars 2010 : intervention de Frédéric Dupin.
3.3. République et principe de solidarité : la sécurité sociale comme modèle.
Mardi 16 mars 2010 : intervention de Bernard Teper.
3.4. La République face à la question de la diversité
Mardi 23 mars 2010 : intervention de Gwenaële Calvès.
4. L'école publique : l'organe politique de la République
Analyse de la conférence d'Emile Chartier « Le culte de la raison comme fondement de la République ».
Mardi 30 mars 2010 et Mardi 6 avril 2010, interventions de Marie Perret.
Rédigé par le Dimanche 8 Novembre 2009 à 16:06
La république, pour quoi faire ?
Présentation de l'atelier
La "République", ce n'est peut-être, le plus souvent, qu'un mot, jeté aux vents de tous les débats politiques et médiatiques, masquant toutes les hypocrisies et toutes les ignorances. Cet atelier, animé par l'UFAL et coordonné par sa responsable du secteur école, Marie Perret, entend nous permettre, textes en main, de jeter quelques lumières sur ces confusions trop courantes. L'atelier se tiendra de janvier à mai 2010.
Nous nous efforcerons, dans le cadre de cet atelier, de construire le concept de République. La République se présente d'abord sous la forme d'un fait empirique, assignable à un moment de l'histoire. Proclamée le 22 septembre 1792, la République moderne est une forme de gouvernement qui fut édifiée sur les ruines de la Monarchie. Mais la République peut aussi être envisagée à partir d'une perspective résolument théorique. Telle est la perspective que nous privilégierons. Nous chercherons à rendre compte de la République comme Idée. Notre projet est de déployer le dispositif intellectuel qui sous-tend le régime républicain.
Il s'agira, en premier lieu, de penser la République comme un modèle original d'association articulant Etat, société civile et corps politique. Nous montrerons que le modèle républicain apporte une solution inédite à une question qui est au centre de la philosophie politique moderne : comment produire, à partir d'une multiplicité atomique, un peuple de citoyens ? L'originalité du modèle d'association politique que la République institue réside dans la façon dont est pensé le lien politique : la République ne crée pas une communauté d'appartenance, mais une forme paradoxale d'association qui lie entre eux des sujets libres et n'ayant d'autre motif de s'associer que la préservation de leur singularité. En cela, le modèle républicain vise moins l'harmonie que la concorde.
Nous interrogerons, en second lieu, les principes philosophiques qui sont au fondement de la République. Nous montrerons que le modèle républicain repose sur un dualisme de principe : le principe de laïcité, qui régit la sphère de l'autorité publique, et le principe de tolérance, qui régit l'espace civil. L'analyse du concept de laïcité permettra de saisir ce qui sépare deux modèles de démocratie possibles, qui sont aujourd'hui en concurrence : le modèle anglo-saxon et le modèle français. Chacun de ces deux modèles engage une certaine conception du droit, du pouvoir et de la citoyenneté. Nous mettrons en évidence les enjeux actuels du combat pour la laïcité. Nous nous pencherons sur son cadre juridique, avant de montrer que la laïcité définit aussi un cadre théorique permettant de concevoir la coexistence des libertés. Nous montrerons, enfin, qu'on peut déduire de la laïcité une théorie de la culture fondée sur la prévalence des humanités.
L'école publique est, dans la République, une institution singulière en ceci qu'elle en est à la fois le produit et la condition. C'est la raison pour laquelle nous nous pencherons, en troisième lieu, sur le lien organique qui existe entre la République et l'école. Dans une conférence prononcée en 1901 et intitulée « Le culte de la raison comme fondement de la République », Emile Chartier montrait que l'instauration de la République ne garantit nullement contre le retour de « l'âme monarchique ». Si l'école est la condition d'existence et de pérennité de la République, c'est parce qu'elle lui est en quelque sorte isomorphe : c'est à l'école que l'élève fait l'expérience concrète d'une liberté qu'on ne saurait confondre avec la spontanéité, d'une égalité qu'on ne saurait confondre avec l'égalitarisme, mais aussi d'une fraternité qu'on ne saurait confondre avec la camaraderie.
Mais l'instauration d'un gouvernement républicain ne garantit pas non plus contre le retour de l'oligarchie. C'est pourquoi « la République politique doit aboutir à la République sociale ». Comment penser cet aboutissement que Jaurès appelait de ses voeux en 1893 ? La République est-elle conciliable avec le libéralisme économique ? Le capitalisme néolibéral ne ruine-t-il pas les fondements mêmes de la République ? Nous serons amenés, dans un quatrième temps, à réfléchir sur ces questions. Nous nous proposerons d'analyser le principe de solidarité. Nous montrerons que la solidarité n'est pas une sécularisation de la charité, mais une façon originale d'instaurer la justice sociale sur fond d'aveuglement. La sécurité sociale, création du Conseil National de la Résistance, est, de ce point de vue, un dispositif intéressant puisqu'il permet de comprendre la philosophie qui sous-tend le principe de solidarité.
L'idée républicaine est également fréquemment associée au centralisme étatique : quels liens pourtant doivent-ils se tisser entre le principe juridique d'égalité devant la loi et la question de l'unité nationale? Les institutions républicaines sont elles compatibles avec le fédéralisme, et que devons-nous entendre exactement par l'idée républicaine de souveraineté nationale dans un monde multiculturel?
Car de la discrimination positive à la politique des quotas, la question de la diversité est considérée par certains comme la pierre d'achoppement du modèle républicain. La République peut-elle s'accommoder, au nom de la lutte contre les discriminations, au nom de l'intégration et de la mobilité sociale, de la prise en compte de l'origine ethnique ou sociale des individus ? Une telle prise en compte favorise-t-elle l'égalité ou bien constitue-t-elle, au contraire, une rupture du principe d'égalité ? Nous nous pencherons, pour finir, sur ces questions qui engage le problème de savoir jusqu'où la République doit s'aveugler sur les particularismes individuels.
Il s'agira, en premier lieu, de penser la République comme un modèle original d'association articulant Etat, société civile et corps politique. Nous montrerons que le modèle républicain apporte une solution inédite à une question qui est au centre de la philosophie politique moderne : comment produire, à partir d'une multiplicité atomique, un peuple de citoyens ? L'originalité du modèle d'association politique que la République institue réside dans la façon dont est pensé le lien politique : la République ne crée pas une communauté d'appartenance, mais une forme paradoxale d'association qui lie entre eux des sujets libres et n'ayant d'autre motif de s'associer que la préservation de leur singularité. En cela, le modèle républicain vise moins l'harmonie que la concorde.
Nous interrogerons, en second lieu, les principes philosophiques qui sont au fondement de la République. Nous montrerons que le modèle républicain repose sur un dualisme de principe : le principe de laïcité, qui régit la sphère de l'autorité publique, et le principe de tolérance, qui régit l'espace civil. L'analyse du concept de laïcité permettra de saisir ce qui sépare deux modèles de démocratie possibles, qui sont aujourd'hui en concurrence : le modèle anglo-saxon et le modèle français. Chacun de ces deux modèles engage une certaine conception du droit, du pouvoir et de la citoyenneté. Nous mettrons en évidence les enjeux actuels du combat pour la laïcité. Nous nous pencherons sur son cadre juridique, avant de montrer que la laïcité définit aussi un cadre théorique permettant de concevoir la coexistence des libertés. Nous montrerons, enfin, qu'on peut déduire de la laïcité une théorie de la culture fondée sur la prévalence des humanités.
L'école publique est, dans la République, une institution singulière en ceci qu'elle en est à la fois le produit et la condition. C'est la raison pour laquelle nous nous pencherons, en troisième lieu, sur le lien organique qui existe entre la République et l'école. Dans une conférence prononcée en 1901 et intitulée « Le culte de la raison comme fondement de la République », Emile Chartier montrait que l'instauration de la République ne garantit nullement contre le retour de « l'âme monarchique ». Si l'école est la condition d'existence et de pérennité de la République, c'est parce qu'elle lui est en quelque sorte isomorphe : c'est à l'école que l'élève fait l'expérience concrète d'une liberté qu'on ne saurait confondre avec la spontanéité, d'une égalité qu'on ne saurait confondre avec l'égalitarisme, mais aussi d'une fraternité qu'on ne saurait confondre avec la camaraderie.
Mais l'instauration d'un gouvernement républicain ne garantit pas non plus contre le retour de l'oligarchie. C'est pourquoi « la République politique doit aboutir à la République sociale ». Comment penser cet aboutissement que Jaurès appelait de ses voeux en 1893 ? La République est-elle conciliable avec le libéralisme économique ? Le capitalisme néolibéral ne ruine-t-il pas les fondements mêmes de la République ? Nous serons amenés, dans un quatrième temps, à réfléchir sur ces questions. Nous nous proposerons d'analyser le principe de solidarité. Nous montrerons que la solidarité n'est pas une sécularisation de la charité, mais une façon originale d'instaurer la justice sociale sur fond d'aveuglement. La sécurité sociale, création du Conseil National de la Résistance, est, de ce point de vue, un dispositif intéressant puisqu'il permet de comprendre la philosophie qui sous-tend le principe de solidarité.
L'idée républicaine est également fréquemment associée au centralisme étatique : quels liens pourtant doivent-ils se tisser entre le principe juridique d'égalité devant la loi et la question de l'unité nationale? Les institutions républicaines sont elles compatibles avec le fédéralisme, et que devons-nous entendre exactement par l'idée républicaine de souveraineté nationale dans un monde multiculturel?
Car de la discrimination positive à la politique des quotas, la question de la diversité est considérée par certains comme la pierre d'achoppement du modèle républicain. La République peut-elle s'accommoder, au nom de la lutte contre les discriminations, au nom de l'intégration et de la mobilité sociale, de la prise en compte de l'origine ethnique ou sociale des individus ? Une telle prise en compte favorise-t-elle l'égalité ou bien constitue-t-elle, au contraire, une rupture du principe d'égalité ? Nous nous pencherons, pour finir, sur ces questions qui engage le problème de savoir jusqu'où la République doit s'aveugler sur les particularismes individuels.
Rédigé par Marie Perret le Vendredi 9 Octobre 2009 à 16:15
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