Un atelier de réflexion de l'Université conventionnelle animé par l'UFAL


Cette deuxième séance sera animée par Bernard Teper, secrétaire national de l'UFAL, et se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).



Cette conférence s'inscrit dans un cycle diachronique qui a été inauguré par la conférence de Jean-Marie Kintzler. A partir d'un point de vue volontairement surplombant, Jean-Marie Kintzler a montré que l'on pouvait penser la République laïque à partir de ses éléments structurels : il est possible de mettre en évidence trois marqueurs permettant de distinguer l'Etat de droit de l'Etat totalitaire ainsi que deux ruptures permettant de distinguer ces deux figures de l'Etat de droit que sont l'Etat communautaire et la République laïque. Il faut maintenant franchir un pas : passer du dispositif théorique à la République sociale, qui apparaît plus que jamais comme le seul projet politique émancipateur face aux projets concurrents. Comme le soulignait Jean Jaurès, la République sociale est la république poussée jusqu’au bout.

Pour penser la République sociale, il convient de bien comprendre son principe constitutif, à savoir la laïcité. Ce principe fera l'objet de quatre conférences consécutives. La première aura pour vocation d'exposer les enjeux politiques, mais aussi économiques et sociaux de la laïcité. Elle pourra ouvrir la voie à une réflexion sur les stratégies possibles pour promouvoir le principe de laïcité, tant au niveau national qu'international.

Cette première conférence sur la laïcité sera suivie d'une deuxième, assurée par Charles Arambourou qui envisagera le principe de laïcité sous ses aspects juridiques : il s'agira d'étudier d'une part la loi de 1905 (qui traduit dans le droit la rupture avec le théologico-politique) et d'autre part la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (qu'il ne faut pas confondre avec la Cour de justice de l'union européenne). Si la philosophie politique permet de rendre intelligible le modèle républicain, le droit positif donne au principe de laïcité sa traduction juridique.

Catherine Kintzler analysera ensuite la laïcité comme concept, avant de nous livrer une analyse inédite de l'articulation entre laïcité et culture. Il sera temps alors de réfléchir à la façon dont le principe de laïcité est mis en oeuvre dans l'espace de l'école, mais aussi au délicat problème de la conciliation de l'égalité et de la diversité.

Elucider cette question est un passage obligé pour la révolution républicaine que nous appelons de nos voeux et dont nous avons besoin pour rompre avec le néolibéralisme et son allié objectif, à savoir le communautarisme.

Plan détaillé de la conférence du 19 janvier

1) Déblayer l'accès à la compréhension du principe :

a) Ce que la laïcité n'est pas.
b) Ce qu'est la laïcité :
* La liberté absolue de conscience qui nécessite une rupture avec le dogmatisme comme fondement des lois et des décisions politiques
* L’universalité des droits pour éviter que le droit à la différence n'aboutisse à la différence des droits.
* Le principe de séparation.

2) Penser l'application du principe de laïcité à partir de trois problématiques :

a) Pourquoi la législation sur le port des signes religieux à l'école est-elle laïque ?
b) Pourquoi le législateur ne peut-il interdire le port du voile dans la rue en se fondant sur le principe de laïcité ?
c) Pourquoi la laïcité est-elle anticléricale et non pas anti-religieuse ?

3) Le paradoxe de la poussée concomitante de la sécularisation d’une part, du communautarisme et de l’intégrisme religieux d’autre part.


a) Quelle est l’alliance planétaire qui nous gouverne depuis trente ans ?
b) Comprendre les caractéristiques de la phase actuelle du capitalisme.

4) Les conséquences du recul de la laïcité.

a) Sur la condition des femmes : la nécessaire articulation du féminisme et de la laïcité.
b) Sur l'école publique : la nécessaire articulation entre l'école et laïcité.

5) Mise en perspective.

a) Le combat laïque est-il une spécificité franco-française ou est-il une réalité internationale et planétaire ? L'internationalisation du combat laïque.
b) Réflexion stratégique : la stratégie à front large, la globalisation des combats laïques et sociaux, l'éducation populaire.


Rédigé par Bernard Teper le Lundi 18 Janvier 2010 à 16:57



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