Un atelier de réflexion de l'Université conventionnelle animé par l'UFAL



L'université conventionnelle est l'UFAL s'associe de nouveau pour prolonger l'expérience du début d'année 2010 et construire un cycle d'éducation populaire autour des thématiques républicaines, dans le sens le plus large. L'entrée est libre et gratuite!


La république, Pour quoi faire ? saison II...
Cette nouvelle saison du cycle de conférences publics né du partenariat UC-UFAL s'inscrit dans la continuité de la réflexion inaugurée l'an dernier et qui avait proposé un cadre philosophique et juridique pour cerner un peu mieux l'ordre républicain. On se souviendra du cadre philosophique posé par Catherine Kintzler et Jean-Marie Kintzler, faisant une large place à la laïcité, aux approfondissements apportés par Marie Perret dans le champ de l’éducation et par Bernard Teper dans ceux du service public ou de la protection sociale, etc.

N'hésitez pas à consulter les archives du blog si vous avez manqué un épisode!

Un cycle ouvert sur les questions sociales

Les conférences de la saison seront désormais plus particulièrement consacrées à des thématiques sociales ou économiques : la notion de services publics, l'histoire du suffrage et de la démocratie, l'égalité des chances, le feminisme etc. Il s'agira ainsi de comprendre comment la réflexion républicaine, loin de se cantonner aux sphères de la philosophie politique, fournit concrètement des réponses fertiles à nos questionnements politiques le plus proches et les plus urgents.

Les séances auront lieu le jeudi soir de 20h à 22h au lycée Dorian, l'entrée est libre et gratuite.

Le planning des cours est en ligne ici, ou sur l'agenda de l'UFAL.


L’UFAL, opérateur d’éducation populaire

L'UFAL est un mouvement d'éducation populaire tourné vers l'action qui intervient dans toute la France. Le schéma de ce cycle a été repris depuis janvier 2010 dans d’autres contextes : Bondy (93), Ris-Orangis (91), Vitré (35), Champigny-sur-Marne (94)… et est destiné à s’adapter à la demande du mouvement social.



Rédigé par MArie Perret le Lundi 7 Février 2011 à 20:34

La république, pour quoi faire ?

Présentation de l'atelier


La "République", ce n'est peut-être, le plus souvent, qu'un mot, jeté aux vents de tous les débats politiques et médiatiques, masquant toutes les hypocrisies et toutes les ignorances. Cet atelier, animé par l'UFAL et coordonné par sa responsable du secteur école, Marie Perret, entend nous permettre, textes en main, de jeter quelques lumières sur ces confusions trop courantes. L'atelier se tiendra de janvier à mai 2010.


La république, pour quoi faire ?
Nous nous efforcerons, dans le cadre de cet atelier, de construire le concept de République. La République se présente d'abord sous la forme d'un fait empirique, assignable à un moment de l'histoire. Proclamée le 22 septembre 1792, la République moderne est une forme de gouvernement qui fut édifiée sur les ruines de la Monarchie. Mais la République peut aussi être envisagée à partir d'une perspective résolument théorique. Telle est la perspective que nous privilégierons. Nous chercherons à rendre compte de la République comme Idée. Notre projet est de déployer le dispositif intellectuel qui sous-tend le régime républicain.

Il s'agira, en premier lieu, de penser la République comme un modèle original d'association articulant Etat, société civile et corps politique. Nous montrerons que le modèle républicain apporte une solution inédite à une question qui est au centre de la philosophie politique moderne : comment produire, à partir d'une multiplicité atomique, un peuple de citoyens ? L'originalité du modèle d'association politique que la République institue réside dans la façon dont est pensé le lien politique : la République ne crée pas une communauté d'appartenance, mais une forme paradoxale d'association qui lie entre eux des sujets libres et n'ayant d'autre motif de s'associer que la préservation de leur singularité. En cela, le modèle républicain vise moins l'harmonie que la concorde.

Nous interrogerons, en second lieu, les principes philosophiques qui sont au fondement de la République. Nous montrerons que le modèle républicain repose sur un dualisme de principe : le principe de laïcité, qui régit la sphère de l'autorité publique, et le principe de tolérance, qui régit l'espace civil. L'analyse du concept de laïcité permettra de saisir ce qui sépare deux modèles de démocratie possibles, qui sont aujourd'hui en concurrence : le modèle anglo-saxon et le modèle français. Chacun de ces deux modèles engage une certaine conception du droit, du pouvoir et de la citoyenneté. Nous mettrons en évidence les enjeux actuels du combat pour la laïcité. Nous nous pencherons sur son cadre juridique, avant de montrer que la laïcité définit aussi un cadre théorique permettant de concevoir la coexistence des libertés. Nous montrerons, enfin, qu'on peut déduire de la laïcité une théorie de la culture fondée sur la prévalence des humanités.

L'école publique est, dans la République, une institution singulière en ceci qu'elle en est à la fois le produit et la condition. C'est la raison pour laquelle nous nous pencherons, en troisième lieu, sur le lien organique qui existe entre la République et l'école. Dans une conférence prononcée en 1901 et intitulée « Le culte de la raison comme fondement de la République », Emile Chartier montrait que l'instauration de la République ne garantit nullement contre le retour de « l'âme monarchique ». Si l'école est la condition d'existence et de pérennité de la République, c'est parce qu'elle lui est en quelque sorte isomorphe : c'est à l'école que l'élève fait l'expérience concrète d'une liberté qu'on ne saurait confondre avec la spontanéité, d'une égalité qu'on ne saurait confondre avec l'égalitarisme, mais aussi d'une fraternité qu'on ne saurait confondre avec la camaraderie.

Mais l'instauration d'un gouvernement républicain ne garantit pas non plus contre le retour de l'oligarchie. C'est pourquoi « la République politique doit aboutir à la République sociale ». Comment penser cet aboutissement que Jaurès appelait de ses voeux en 1893 ? La République est-elle conciliable avec le libéralisme économique ? Le capitalisme néolibéral ne ruine-t-il pas les fondements mêmes de la République ? Nous serons amenés, dans un quatrième temps, à réfléchir sur ces questions. Nous nous proposerons d'analyser le principe de solidarité. Nous montrerons que la solidarité n'est pas une sécularisation de la charité, mais une façon originale d'instaurer la justice sociale sur fond d'aveuglement. La sécurité sociale, création du Conseil National de la Résistance, est, de ce point de vue, un dispositif intéressant puisqu'il permet de comprendre la philosophie qui sous-tend le principe de solidarité.

L'idée républicaine est également fréquemment associée au centralisme étatique : quels liens pourtant doivent-ils se tisser entre le principe juridique d'égalité devant la loi et la question de l'unité nationale? Les institutions républicaines sont elles compatibles avec le fédéralisme, et que devons-nous entendre exactement par l'idée républicaine de souveraineté nationale dans un monde multiculturel?

Car de la discrimination positive à la politique des quotas, la question de la diversité est considérée par certains comme la pierre d'achoppement du modèle républicain. La République peut-elle s'accommoder, au nom de la lutte contre les discriminations, au nom de l'intégration et de la mobilité sociale, de la prise en compte de l'origine ethnique ou sociale des individus ? Une telle prise en compte favorise-t-elle l'égalité ou bien constitue-t-elle, au contraire, une rupture du principe d'égalité ? Nous nous pencherons, pour finir, sur ces questions qui engage le problème de savoir jusqu'où la République doit s'aveugler sur les particularismes individuels.


Rédigé par Marie Perret le Vendredi 9 Octobre 2009 à 16:15



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L'UFAL est un mouvement d'éducation populaire laïque tourné vers l'action. Il est favorable à une stratégie à front large et est une des rares organisations favorables à la globalisation des luttes (démocratiques, laïques, sociales, féministes, écologiques, etc.). L'UFAL est favorable à une alliance entre les couches populaires, les couches sociales marginalisés et précarisés et les couches moyennes. De ce fait, elle fait un effort tout particulier au sein des couches populaires. Pour plus d'informations, voyez son site principal.