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Un atelier de réflexion de l'Université conventionnelle animé par l'UFAL
Les séances du 2 et du 9 février seront animées par Catherine Kintzler et entendront construire rigoureusement le concept de laïcité, dans son rapport au lien politique d'une part, et à l'idée de culture d'autre part. La présente séance se déroulera le mardi 2 février, de 20h à 22h au lycée Dorian (salle des devoirs). Les textes et documents de support sont téléchargeables en pied de note.
Il s’agit de présenter une construction du concept de laïcité dans le cadre de la philosophie politique classique.
1° Cette construction remonte d’abord à la pensée de Locke (fin XVIIe siècle) qui établit objectivement la distinction entre foi et loi, et qui pose de manière décisive la question de la nature du lien politique.
2° Une seconde étape, avec la pensée de Bayle, déverrouille le problème de l’incroyance comme défi à la constitution du lien politique ; elle mène au concept subjectif de la laïcité.
3° La construction du concept objectif de laïcité s’effectue au moment de la Révolution française avec la pensée de Condorcet qui fait l’économie du contractualisme. Tous les éléments philosophiques sont alors réunis pour l’achèvement du concept actuel de laïcité, et notamment la thèse d’un minimalisme de la théorie politique républicaine. Cela conduira à quelques considérations sur l’actualité récente.
On s’étonnera peut-être que les étapes et les textes parcourus soient pour la plupart antérieurs à l’apparition du terme « laïcité » : c’est qu’ils sont fondateurs non pas au sens d’une origine, mais au sens d’un commencement dans la pensée.
Plan du cours
I – Tolérance classique, tolérance élargie (ou laïcité subjective), laïcité objective
• Locke et la tolérance restreinte: le problème de la nature du lien politique
• Inutilité de l'argumentation théologique : la séparation du civil et du religieux
• Pouvoir civil, pouvoir religieux : disjonction des propriétés, conjonction de la forme
• La tolérance élargie et le concept subjectif de laïcité
II – Le concept objectif de laïcité et la conception minimaliste de l'association politique
• L'indifférence à la croyance comme forme et commencement
• Le « vide expérimental » et la forme de l’association politique comme « classe paradoxale » : faire l’économie du contrat avec Condorcet
• Récapitulation
III – Quelques considérations sur l'actualité. Le modèle de la tolérance est-il suffisant ?
• Régime laïque et principe de laïcité
• Cinq figures
• Limites du modèle de la tolérance
Références classiques principales :
John Locke, Lettre sur la tolérance, trad. Le Clerc, prés. JF Spitz, Paris : GF, 1992
Pierre Bayle
• De la tolérance, commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus Christ « Contrains-les d’entrer », et Supplément du commentaire philosophique, éd. JM Gros, Paris : Presses Pocket, 1992. Les éditions anciennes sont disponibles sur BnF Gallica : ici, ici et ici
• Pensées sur l’athéisme, éd. J. Boch, Paris : Desjonquères, 2004.
Jean Antoine Nicolas de Condorcet
• Cinq mémoires sur l’instruction publique, prés. C. Kintzler et C. Coutel, Paris : GF, 1994.
• Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (Xe époque), prés. A. Pons, Paris : GF, 1998.
• Idées sur le despotisme, à l'usage de ceux qui prononcent ce mot sans l'entendre (sur BnF Gallica )
• Lettres d'un bourgeois de New-Haven à un citoyen de Virginie, sur l'inutilité de partager le pouvoir législatif entre plusieurs corps (sur BnF Gallica )
• Déclaration des droits dans l’édition Arago (Paris : Didot, 1847-1849), tome IX, ce texte n’est accessible qu’en bibliothèque, je proposerai des extraits.
Alain, Propos sur l’éducation, (1932) Paris : PUF Quadrige, 1986 réimpr. 2007.
Gaston Bachelard « Valeur morale de la culture scientifique » publié dans Didier Gil, Bachelard et la culture scientifique, Paris : PUF, 1993.
Et toujours, Mezetulle, le site de Catherine Kintzler
1° Cette construction remonte d’abord à la pensée de Locke (fin XVIIe siècle) qui établit objectivement la distinction entre foi et loi, et qui pose de manière décisive la question de la nature du lien politique.
2° Une seconde étape, avec la pensée de Bayle, déverrouille le problème de l’incroyance comme défi à la constitution du lien politique ; elle mène au concept subjectif de la laïcité.
3° La construction du concept objectif de laïcité s’effectue au moment de la Révolution française avec la pensée de Condorcet qui fait l’économie du contractualisme. Tous les éléments philosophiques sont alors réunis pour l’achèvement du concept actuel de laïcité, et notamment la thèse d’un minimalisme de la théorie politique républicaine. Cela conduira à quelques considérations sur l’actualité récente.
On s’étonnera peut-être que les étapes et les textes parcourus soient pour la plupart antérieurs à l’apparition du terme « laïcité » : c’est qu’ils sont fondateurs non pas au sens d’une origine, mais au sens d’un commencement dans la pensée.
Plan du cours
I – Tolérance classique, tolérance élargie (ou laïcité subjective), laïcité objective
• Locke et la tolérance restreinte: le problème de la nature du lien politique
• Inutilité de l'argumentation théologique : la séparation du civil et du religieux
• Pouvoir civil, pouvoir religieux : disjonction des propriétés, conjonction de la forme
• La tolérance élargie et le concept subjectif de laïcité
II – Le concept objectif de laïcité et la conception minimaliste de l'association politique
• L'indifférence à la croyance comme forme et commencement
• Le « vide expérimental » et la forme de l’association politique comme « classe paradoxale » : faire l’économie du contrat avec Condorcet
• Récapitulation
III – Quelques considérations sur l'actualité. Le modèle de la tolérance est-il suffisant ?
• Régime laïque et principe de laïcité
• Cinq figures
• Limites du modèle de la tolérance
Références classiques principales :
John Locke, Lettre sur la tolérance, trad. Le Clerc, prés. JF Spitz, Paris : GF, 1992
Pierre Bayle
• De la tolérance, commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus Christ « Contrains-les d’entrer », et Supplément du commentaire philosophique, éd. JM Gros, Paris : Presses Pocket, 1992. Les éditions anciennes sont disponibles sur BnF Gallica : ici, ici et ici
• Pensées sur l’athéisme, éd. J. Boch, Paris : Desjonquères, 2004.
Jean Antoine Nicolas de Condorcet
• Cinq mémoires sur l’instruction publique, prés. C. Kintzler et C. Coutel, Paris : GF, 1994.
• Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (Xe époque), prés. A. Pons, Paris : GF, 1998.
• Idées sur le despotisme, à l'usage de ceux qui prononcent ce mot sans l'entendre (sur BnF Gallica )
• Lettres d'un bourgeois de New-Haven à un citoyen de Virginie, sur l'inutilité de partager le pouvoir législatif entre plusieurs corps (sur BnF Gallica )
• Déclaration des droits dans l’édition Arago (Paris : Didot, 1847-1849), tome IX, ce texte n’est accessible qu’en bibliothèque, je proposerai des extraits.
Alain, Propos sur l’éducation, (1932) Paris : PUF Quadrige, 1986 réimpr. 2007.
Gaston Bachelard « Valeur morale de la culture scientifique » publié dans Didier Gil, Bachelard et la culture scientifique, Paris : PUF, 1993.
Et toujours, Mezetulle, le site de Catherine Kintzler
UnivConventDocSérie1.pdf
(140.48 Ko)
Rédigé par Catherine Kintzler le Dimanche 31 Janvier 2010 à 13:35
Cette troisième séance sera animée par Charles Arambourou, membre du CA de l'UFAL, et se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).
Si la philosophie politique permet de rendre intelligible le modèle républicain, le droit positif donne au principe de laïcité sa traduction juridique. Cette troisième conférence, assurée par Charles Arambourou, envisagera donc les aspects juridiques de la question laïque : il s'agira d'étudier d'une part la loi de 1905 (qui traduit dans le droit la rupture avec le théologico-politique) et d'autre part la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (qu'il ne faut pas confondre avec la Cour de justice de l'union européenne).
Pour écouter la conférence.
Note
Les textes commentés en cours sont joints à cette note.
Pour écouter la conférence.
Note
Les textes commentés en cours sont joints à cette note.
arambourou.textes.pdf
(93.12 Ko)
Rédigé par Charles Arambourou le Dimanche 31 Janvier 2010 à 13:27
Cette deuxième séance sera animée par Bernard Teper, secrétaire national de l'UFAL, et se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).
Cette conférence s'inscrit dans un cycle diachronique qui a été inauguré par la conférence de Jean-Marie Kintzler. A partir d'un point de vue volontairement surplombant, Jean-Marie Kintzler a montré que l'on pouvait penser la République laïque à partir de ses éléments structurels : il est possible de mettre en évidence trois marqueurs permettant de distinguer l'Etat de droit de l'Etat totalitaire ainsi que deux ruptures permettant de distinguer ces deux figures de l'Etat de droit que sont l'Etat communautaire et la République laïque. Il faut maintenant franchir un pas : passer du dispositif théorique à la République sociale, qui apparaît plus que jamais comme le seul projet politique émancipateur face aux projets concurrents. Comme le soulignait Jean Jaurès, la République sociale est la république poussée jusqu’au bout.
Pour penser la République sociale, il convient de bien comprendre son principe constitutif, à savoir la laïcité. Ce principe fera l'objet de quatre conférences consécutives. La première aura pour vocation d'exposer les enjeux politiques, mais aussi économiques et sociaux de la laïcité. Elle pourra ouvrir la voie à une réflexion sur les stratégies possibles pour promouvoir le principe de laïcité, tant au niveau national qu'international.
Cette première conférence sur la laïcité sera suivie d'une deuxième, assurée par Charles Arambourou qui envisagera le principe de laïcité sous ses aspects juridiques : il s'agira d'étudier d'une part la loi de 1905 (qui traduit dans le droit la rupture avec le théologico-politique) et d'autre part la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (qu'il ne faut pas confondre avec la Cour de justice de l'union européenne). Si la philosophie politique permet de rendre intelligible le modèle républicain, le droit positif donne au principe de laïcité sa traduction juridique.
Catherine Kintzler analysera ensuite la laïcité comme concept, avant de nous livrer une analyse inédite de l'articulation entre laïcité et culture. Il sera temps alors de réfléchir à la façon dont le principe de laïcité est mis en oeuvre dans l'espace de l'école, mais aussi au délicat problème de la conciliation de l'égalité et de la diversité.
Elucider cette question est un passage obligé pour la révolution républicaine que nous appelons de nos voeux et dont nous avons besoin pour rompre avec le néolibéralisme et son allié objectif, à savoir le communautarisme.
Plan détaillé de la conférence du 19 janvier
1) Déblayer l'accès à la compréhension du principe :
a) Ce que la laïcité n'est pas.
b) Ce qu'est la laïcité :
* La liberté absolue de conscience qui nécessite une rupture avec le dogmatisme comme fondement des lois et des décisions politiques
* L’universalité des droits pour éviter que le droit à la différence n'aboutisse à la différence des droits.
* Le principe de séparation.
2) Penser l'application du principe de laïcité à partir de trois problématiques :
a) Pourquoi la législation sur le port des signes religieux à l'école est-elle laïque ?
b) Pourquoi le législateur ne peut-il interdire le port du voile dans la rue en se fondant sur le principe de laïcité ?
c) Pourquoi la laïcité est-elle anticléricale et non pas anti-religieuse ?
3) Le paradoxe de la poussée concomitante de la sécularisation d’une part, du communautarisme et de l’intégrisme religieux d’autre part.
a) Quelle est l’alliance planétaire qui nous gouverne depuis trente ans ?
b) Comprendre les caractéristiques de la phase actuelle du capitalisme.
4) Les conséquences du recul de la laïcité.
a) Sur la condition des femmes : la nécessaire articulation du féminisme et de la laïcité.
b) Sur l'école publique : la nécessaire articulation entre l'école et laïcité.
5) Mise en perspective.
a) Le combat laïque est-il une spécificité franco-française ou est-il une réalité internationale et planétaire ? L'internationalisation du combat laïque.
b) Réflexion stratégique : la stratégie à front large, la globalisation des combats laïques et sociaux, l'éducation populaire.
Rédigé par Bernard Teper le Lundi 18 Janvier 2010 à 16:57
Cette première séance, inaugurant l'atelier par la mise en place de distinctions usuelles, sera conduite par Jean-Marie Kintzler et se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h.
République et Etat de droit
La cité moderne a pris la forme de l'État. Ce dernier se présente sous deux figures opposées : l'État de droit d'une part, l'État totalitaire de l'autre. Une grande partie de notre histoire est marquée par les conflits opposant l'État de droit à l'hydre totalitaire. Elle a pu prendre la forme de la monarchie absolue, celle du stalinisme, celle du national-socialisme. Aujourd'hui l'intégrisme islamiste s'accommode très bien de l'État et s'en empare volontiers.
République et démocratie
Or si, certes, l'État de droit s'est constitué par rupture avec la cité totalitaire, il l'a fait sous la forme de deux configurations disjointes : celle de la démocratie communautaire d'un côté ; celle de la république laïque de l'autre. Rushdie, Redeker, l'affaire des caricatures : toutes ces affaires ont permis de mettre le doigt sur cette différence dans la mesure où elles soulevaient toutes la question du blasphème. Au sein d'un État de droit, les fondamentalistes peuvent-ils se prévaloir d'un « délit de blasphème » ? On sait qu'un tel délit est un non-sens dans une république laïque, à cause d'une séparation absolue entre la sphère religieuse et la sphère politique. Il n'est pas complètement dépourvu de sens dans une démocratie communautaire, et par exemple au Royaume-Uni où il est inscrit dans la loi : c'est que dans les démocraties communautaires la séparation du lien politique et du lien religieux n'est pas totalement réalisée.
Le cours proposera une mise en place et une étude morphologique :
- des marqueurs qui permettent de situer la rupture de l'État de droit avec l'État totalitaire
- des propriétés qui caractérisent la disjonction entre les deux figures modernes de l'État de droit : démocratie communautaire et république laïque.
Note
En pièce jointe, les schémas commentés durant l'exposé.
Pour écouter la conférence, télécharger le fichier audio correspondant.
La cité moderne a pris la forme de l'État. Ce dernier se présente sous deux figures opposées : l'État de droit d'une part, l'État totalitaire de l'autre. Une grande partie de notre histoire est marquée par les conflits opposant l'État de droit à l'hydre totalitaire. Elle a pu prendre la forme de la monarchie absolue, celle du stalinisme, celle du national-socialisme. Aujourd'hui l'intégrisme islamiste s'accommode très bien de l'État et s'en empare volontiers.
République et démocratie
Or si, certes, l'État de droit s'est constitué par rupture avec la cité totalitaire, il l'a fait sous la forme de deux configurations disjointes : celle de la démocratie communautaire d'un côté ; celle de la république laïque de l'autre. Rushdie, Redeker, l'affaire des caricatures : toutes ces affaires ont permis de mettre le doigt sur cette différence dans la mesure où elles soulevaient toutes la question du blasphème. Au sein d'un État de droit, les fondamentalistes peuvent-ils se prévaloir d'un « délit de blasphème » ? On sait qu'un tel délit est un non-sens dans une république laïque, à cause d'une séparation absolue entre la sphère religieuse et la sphère politique. Il n'est pas complètement dépourvu de sens dans une démocratie communautaire, et par exemple au Royaume-Uni où il est inscrit dans la loi : c'est que dans les démocraties communautaires la séparation du lien politique et du lien religieux n'est pas totalement réalisée.
Le cours proposera une mise en place et une étude morphologique :
- des marqueurs qui permettent de situer la rupture de l'État de droit avec l'État totalitaire
- des propriétés qui caractérisent la disjonction entre les deux figures modernes de l'État de droit : démocratie communautaire et république laïque.
Note
En pièce jointe, les schémas commentés durant l'exposé.
Pour écouter la conférence, télécharger le fichier audio correspondant.
JMKSchémasJan01.pdf
(55.41 Ko)
Rédigé par Jean-Marie Kintzler le Mardi 5 Janvier 2010 à 15:46
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