Un atelier de réflexion de l'Université conventionnelle animé par l'UFAL


Le cours de Frédéric Dupin aura lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée). L'entrée est libre et gratuite.


Les séances précédentes ont pu dégager les principes politiques permettant de penser la spécificité du lien politique instauré par l’idée républicaine, c’est-à-dire son irréductibilité à toute communauté de fait ou de foi. Nous avons également pu voir que ces principes formels n’étaient pas sans conséquence institutionnelle directe. Car que la République constitue au sens fort une idée n’en fait en rien une chimère illusoire, sans prise sur la réalité collective. Bien au contraire.

En effet, concevoir, par exemple, le lien civil à partir de l’individualité libre, usant de son sens critique afin de déterminer les lois communes, implique nécessairement que cette singularité soit protégée et défendue par un ensemble de services publics, c’est-à-dire véritablement communs, assurant l’exercice effectif de ces libertés. La République ne se veut donc pas sociale par hasard, et moins encore par surcroît. De même, le principe de laïcité, qui exclut toute « valeur » au fondement de l’ordre politique, suppose qu’existe alors en quelque manière une école, et même un mode spécifique de culture pour l’intelligence, qui hisse le citoyen à la hauteur de sa vocation critique et délibérante. L’école, sous ce rapport, n’est ni un luxe, ni un service ayant ses usagers : elle est un organe vital de la République elle-même puisqu’elle mûrit les facultés qui rendent seules possibles l’exercice du jugement.

Au regard de ces résultats, ne pourrait-on pas alors se demander ce que l’idée républicaine « fait » à l’art politique lui-même, c’est-à-dire à l’exercice du pouvoir ? En d’autres termes, y a-t-il un mode de gouvernement spécifiquement républicain ? Nous soutiendrons que le travail initié dans les séances précédentes permet justement de développer une conception républicaine de l’Etat et de l’exercice du pouvoir politique, dans son rapport aux différentes institutions sociales, privées comme publiques. Ce faisant, nous développerons une critique argumentée de la fréquente réduction de cette politique républicaine à la centralisation administrative. Nous souhaiterions en effet montrer en quoi l’idée fédéraliste, souvent méconnue ou ignorée, vient achever le concept de République en permettant de saisir les conditions réelles de l’égalité civile, et même sociale, contre les illusions du centralisme et du gouvernementalisme. Nous croyons en effet que ces illusions ne sont pas sans éclairer certains des mécomptes les plus criants des démocraties sociales modernes.

Cette caractérisation du principe fédératif voudrait ainsi prolonger le travail de philosophie politique entrepris jusqu’ici, et contribuer à une réflexion plus large sur le concept de « services publics ». Elle s’appuiera sur des textes de Proudhon et de Comte que nous distribuerons en cours.


livret_dupin__09_03_10.pdf livret Dupin. 09-03-10.pdf  (206.63 Ko)

Rédigé par Frédéric Dupin le Jeudi 25 Février 2010 à 22:22


Le cours de Bernard Teper aura lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).


Le service public est un des éléments fondateurs de la République sociale.
Beaucoup de théories expliquent le lien entre République et école, République et institutions, République et laïcité.

Cette séance est un appel à travailler une théorie du service public comme un des éléments fondateurs de la République sociale.

Au moment où le service public est attaqué de toutes parts, où les actions de résistance se développent pour le défendre, où se développe l'idée d'un changement de logique et de paradigme le concernant, c'est le moment de développer bien sûr l'analyse de ces attaques mais surtout de proposer une théorie du service public permettant d'élaborer un projet alternatif dans le débat public et dans le mouvement social.

Car proposer de revenir en arrière, avant l'engagement du processus de marchandisation et de privatisation du service public, quand celui-ci était géré comme une entreprise administrative dirigée par l'État, est une impasse théorique et pratique incapable de mobiliser les énergies.

Pour marcher sur ses deux jambes, il convient donc de lier les mouvements de résistance et une nouvelle théorie du service public qu'il convient de présenter aux citoyens à travers une campagne d'éducation populaire décentralisée et tournée vers l'action. Tel est notre objectif singulier.


Rédigé par Bernard Teper le Lundi 15 Février 2010 à 17:56


Cette seconde intervention de Catherine Kintzler se déroulera au lycée Dorian (PAris XIème), de 20h à 22h en salle des devoirs. L'entrée est libre et gratuite.



Présentation du cours

On s’efforcera de montrer en quoi le concept de laïcité – tel qu’il a été proposé lors de la séance précédente – engage, à travers un rapport constitutif aux savoirs, une théorie critique de la culture débouchant sur la question des humanités modernes.

Le modèle politique non contractuel et immanent supposé par la laïcité rencontre nécessairement la question critique et celle de la constitution des savoirs. Ne pas croire à un lien préalable, c’est s’obliger à réfléchir au bien-fondé des décisions. Si ce devoir de la pensée à l’égard d’elle-même est négligé dans une république laïque, alors celle-ci est en danger. Ce devoir est consubstantiel à l’autoconstruction par chaque citoyen de sa propre autorité. On comprend pourquoi la place de l’institution scolaire est décisive en régime laïque.

La laïcité ne se réduit pas à un pur dispositif politico-juridique. Son concept philosophique ne peut pas faire l’économie d’une pensée plus large dans laquelle le modèle de la connaissance, supporté par une dialectique du doute, fonde un rapport spécifique à la culture.

Plan

I – Rappel des principes : la constitution philosophique du régime républicain laïque
II – L’expérience de la liberté dans l’appropriation des savoirs
III – Institutionnaliser l’expérience de la liberté : l’Instruction publique

L’école de la République est-elle faite pour la République ?
Qu’est-ce qu’un savoir élémentaire ?

IV – Une culture critique. Le doute et l’erreur
Antithétique et dialectique du doute
Laïcité et humanités


Bibliographie sommaire et deux documents à télécharger sur la page web de C. Kintzler ou sur le présent blog.

Pour cette seconde séance, les deux documents sont utiles.

univconventckdocserie2.pdf UnivConventCKDocSérie2.pdf  (26.24 Ko)

Rédigé par Catherine Kintzler le Samedi 6 Février 2010 à 18:43



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