Un atelier de réflexion de l'Université conventionnelle animé par l'UFAL


Le cours de Marie Perret aura lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).


C'est à la République que nous devons l'invention de l'école publique. Cette dette est double : la République a non seulement inventé l'école publique comme institution, mais l'a aussi inventée comme concept. En cela, l'école publique n'est pas seulement un objet institutionnel et politique : elle est aussi un objet de pensée. Si l'institution scolaire est tributaire de l'histoire et de ses déterminations contingentes, l'école publique comme objet philosophique est tributaire de principes qui se déploient en vertu de leur seule nécessité.

Parce que la liberté politique suppose la liberté métaphysique, c'est-à-dire des citoyens capables de faire usage de leur raison, la République doit instaurer l'école. Reste à déterminer quel contenu donner à cette institution pour qu'elle puisse réaliser sa vocation, à savoir permettre la constitution des libertés. Catherine Kintzler, dans son intervention du 9 février, a montré que la République requiert une conception à la fois spécifique et exigeante de l'école, conception qui articule une théorie de la culture, une théorie de l'organisation des savoirs ainsi qu'une conception critique de la vérité. Nous chercherons à montrer comment ce dispositif a été progressivement déconstruit.

Nous verrons qu'il est possible de discerner, dans ce processus de déconstruction, deux séquences. La première s'ouvre à la fin des années 70 et prend la forme d'une offensive idéologique visant à remettre en question le paradigme sur lequel reposait l'école républicaine. Cette offensive a donné lieu à ce que l'opinion a appelé la « querelle de l'école », querelle qui, il faut le rappeler, divisa profondément la gauche. La deuxième séquence s'ouvre en 2007, lorsque le gouvernement décide soumettre l'école publique aux prescriptions néolibérales et d'en réduire considérablement les moyens. L'école républicaine a donc fait l'objet d'une double attaque : après avoir été remise en question dans ses fondements théoriques, elle est aujourd'hui attaquée en tant qu'institution.

De même que la construction de l'école républicaine avait exigé des armes théoriques puissantes, sa déconstruction n'a pu se faire sans un discours idéologique efficace, dont il nous faudra analyser les présupposés et les implications. Cette analyse nous conduira à interroger un certain nombre d'évidences qui sont de nature à entretenir la confusion et l'ambiguïté : « la pédagogie la plus adaptée est nécessairement individualisée », « l'élitisme républicain est une forme de sélection par l'échec », « les candidats aux concours administratifs de catégorie C n'ont nullement besoin d'avoir lu La Princesse de Clèves », « un diplôme que tout le monde n'a pas est injuste », ou bien encore « il faut donner plus d'autonomie aux établissements ».

Nous nous tournerons, enfin, vers l'avenir en nous posant la question de savoir comment reconstruire l'école républicaine. Il s'agira alors de présenter les 23 propositions élaborées par le secteur Ecole de l'Ufal dans la perspective d'une refondation.

Rédigé par Marie Perret le Vendredi 26 Mars 2010 à 19:09


Le cours de Gwenaële Calvès aura lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).



Depuis la Révolution, le thème de la diversité (ethnique, religieuse, culturelle, linguistique….) occupe une place de choix dans l’argumentation développée à l’encontre de la conception républicaine de la citoyenneté. Cette critique a aujourd’hui le vent en poupe : la République se trouve sommée de « briser le tabou », « sortir du déni », et «reconnaître enfin sa diversité ». Que demandent, au juste, les promoteurs de la diversité ? Quels sont les principes du droit républicain dont ils exigent la reformulation ? Nous tenterons de répondre à ces questions à partir de deux ou trois études de cas.

Rédigé par Gwenaële Calvès le Lundi 22 Mars 2010 à 19:15


Le cours de Bernard Teper aura lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée). L'entrée est libre et gratuite.



Pas de république sociale sans protection sociale solidaire.

La protection sociale solidaire est, avec l'école et les services publics, un des éléments indispensables à la République sociale. Elle est un des pivots de la sphère de constitution des libertés indispensable aux libertés constitués que doivent être les citoyens et les usagers dans une République sociale. Elle n'est possible aujourd'hui que dans le modèle de la république sociale forte de ses 3 marqueurs démocratiques et de ses quatre ruptures dont nous avons parlé à la séance du 16 février dernier reprenant par là, la logique politique de la séance du 12 janvier sur le thème "Qu'est-ce que la République?".

Au moment où la protections sociale solidaire est attaqué de toutes parts, par un processus de privatisation des profits et de socialisation des pertes, il est consternant de voir que ce domaine ne participe que très peu au débat électoral et au débat public. Pourtant, c'est, avec l'emploi et le pouvoir d'achat , la première préoccupation, et de loin, des citoyens et assurés sociaux. C'est aussi le premier budget humain avec 31,3 % du PIB France soit plus de 80% au-dessus du budget de l'État tous ministères confondus. C'est le premier ciment de la cohésion sociale.

Et pourtant, la Sécurité sociale, partie majoritaire de la protection sociale, a été la création phare du programme du Conseil national de la résistance, l'expression instituée du principe républicain de solidarité, une gestion pendant 22 ans hors de la logique du marché et de la logique étatiste.

Nous verrons comment cette protection sociale, attaquée depuis 43 ans par les prédateurs, subit un accroissement important des inégalités sociales de protection sociale rompant, par là même, avec les principes républicains qui devraient la fonder.

Nous terminerons avec la démonstration qu'un projet alternatif est possible sous certaines conditions mais que pour cela il faut rompre avec les dogmes néolibéraux et même changer de paradigme constitutif.
Rédigé par Bernard Teper le Mardi 16 Mars 2010 à 09:18



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