Un atelier de lecture de l'Université conventionnelle animé par Julien Douçot

« Voilà, disait-il, les deux plus grands et les plus ordinaires défauts des hommes, savoir la paresse et la présomption. Les uns croupissent lâchement dans une crasse ignorance, qui les met au-dessous des brutes ; les autres s'élèvent en Tyrans sur l'esprit des simples, en leur donnant pour oracles éternels un monde de fausses pensées. C'est là la source de ces créances absurdes dont les hommes sont infatués, ce qui les divise les uns les autres, et ce qui s'oppose au but de la Nature, qui est de les rendre uniformes, comme enfants d'une même Mère. C'est pourquoi il disait qu'il n'y avait que ceux qui s'étaient dégagés des maximes de leur enfance, qui pussent connaître la vérité, qu'il faut faire d'étranges efforts pour surmonter les impressions de la coutume, et pour effacer les fausses idées dont l'esprit de l'homme se remplit avant qu'il soit caopable de juger des choses par lui-même. Sortir de cet abîme, c'était, à son avis, un aussi grand miracle que celui de débrouiller le chaos » (Lucas, Vie de Spinoza).

Douçot Julien
Rédigé par Douçot Julien le Samedi 3 Octobre 2009 à 17:30