Un atelier de philosophie de l'Université Conventionnelle animé par Jean-Michel Muglioni autour de Kant et du jugement de goût


Pourquoi sommes-nous sensibles au beau? (17/10/12)

Lundi 15 Octobre 2012


La séance se déroulera à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris XIIème, le mercredi 17 octobre, de 19h30 à 21h30. L'entrée est libre et gratuite.


Pourquoi sommes-nous sensibles au beau? (17/10/12)
Nous allons traiter du beau à partir de la première partie de la Critique du jugement. Kant considère pour elle-même la question de savoir ce que signifie le jugement : cette rose est bellecette œuvre d’art est belle, et par conséquent il est permis de lire cette partie de la troisième Critique pour y chercher seulement une réflexion sur la nature du beau, c’est-à-dire sur la nature du plaisir que nous ressentons lorsque nous disons « c’est beau ».
 
Toutefois cette réflexion a une fonction essentielle dans l’économie du système de la philosophie. Pour le dire trop vite, les deux premières Critiques ont séparé radicalement la connaissance et la moralité, la nature et la liberté. Si le but de la première est de montrer qu’entre l’affirmation de la liberté qui est au fondement de la morale et celle de la nécessité des lois naturelles, il n’y a pas contradiction, toutefois elle ne permet pas de comprendre comment s’accordent nature et liberté, ni surtout comment elles s’accordent en l’homme qui est à la fois un être de la nature et un être libre. La troisième Critique pense l’accord en l’homme de sa destination d’être sensible naturel et de sa vocation d’être moral libre.
 
 
Et en effet, que nous soyons sensibles aux belles choses, produits de l’art ou surtout de la nature, c’est la preuve qu’en tant qu’êtres sensibles nous ne sommes pas enfermés dans l’animalité besogneuse : en tant qu’êtres sensibles nous aspirons à quelque chose de supérieur. Cette formulation libre est ici seulement destinée à rappeler que depuis Platon la tradition philosophique s’est intéressée au beau parce que l’amour qu’il provoque chez les hommes est la source d’une grande espérance : celle d’une réconciliation de ce qui en lui semblait incompatible, et cette réconciliation signifie que nous pouvons vivre notre vie d’être de la nature sans renoncer à l’exigence morale et satisfaire cette exigence sans renoncer à vivre


la_critique_du_jugement_1.mp3 la Critique du jugement 1.mp3  (55.07 Mo)




Jean-Michel Muglioni
Frédéric Dupin
Né en 1946, Jean-Michel Muglioni a enseigné la philosophie pendant plus de trente ans en classes préparatoires, et jusqu'en 2007 en khâgne au lycée Louis-Le-Grand. Agrégé de philosophie, il a également soutenu en 1991 une thèse de doctorat sur la philosophie de l'histoire de Kant et publié régulièrement des articles sur Kant, Descartes ou Platon.





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