Une université populaire en chair et en ligne, dédiée aux Humanités...


Séance du 18 décembre 2008


Ce cinquième cours entend tourner la page de l'introduction générale à la lecture de la République commencée mi-octobre, et ainsi ouvrir à une nouvelle séquence de travail autour d'une lecture suivie du livre I de l'ouvrage.

Cette séance pourra ainsi constituer un bon moment pour de nouveaux auditeurs de nous rejoindre. Nous ménagerons régulièrement de tels paliers : aucun calendrier universitaire ne nous tient!

Il s'agira donc pour nous de résumer d'abord cette introduction générale en un portrait de Socrate et de la philosophie elle-même. En quel sens, en effet le problème moral, correctement posé, et ayant successivement surmonté les politesses d'opinion, les méandres de la politique et les scrupules religieux, trouve-t-il dans la philosophie son unique solution possible?

Nous tenterons de montrer en quoi le socratisme repose en effet sur l'idée que l'homme constitue à lui-même son unique providence ; ce qui est dire, en morale, que l'homme n'est jamais puni que par ses propres actes et ses propres choix ("les dieux sont innocents" dira le livre X), et en politique, que les sources du mal universel ne sont pas à chercher ailleurs que dans l'aveuglement commun et le défaut d'instruction.

Nous poursuivrons cette réflexion par le commentaire (jusqu'alors repoussé!) de la page de l'Euthyphron qui est en ligne, et qui résume tout à la fois l'ironie socratique et l'essentiel des enjeux moraux et politiques attachés à l'exigence philosophique telle que posée par Socrate.

Nous en viendrons enfin, dans un troisième temps, à une première lecture du prélude du livre I autrement plus riche qu'une lecture hâtive pourrait le laisser croire.

Ecouter le cours


Quelques indications bibliographiques

Je rappelle d'une part que le site propose un plan indicatif du livre I qui vous permettra d'en acquérir une vue d'ensemble, et ainsi en facilitera la compréhension.

D'autre part, l'article de Jean-Michel Muglioni sur Marc Aurèle, disponible sur le blog de Catherine Kintzler, comme la réponse aux objections qu'il a suscitées, pourraient aider à comprendre ou à approfondir l'idée d'une morale réellement philosophique. Car s'il est vrai que les stoïciens ne disent pas ce que dit Platon, ils restent en un sens pleinement des socratiques. Ce détour pourra donc aider certains d'entre vous à comprendre plus clairement ces idées difficiles.

J'ai la faiblesse de renvoyer enfin à l'article paru dans le dernier numéro du Philosophoire, dont j'ai déjà parlé dans notre blog, et où je propose un parcours dense et rapide des deux premiers livres de la République centré sur la question "pourquoi obéir?".

Frédéric Dupin