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Séance du 5 février 2009


Il arrive encore qu’à table un paysan du Tarn sorte de sa poche son couteau, plutôt que d’utiliser celui qui décore la nappe et qu’il appelle « couteau parisien ». Ainsi un vrai couteau est un couteau qui remplit sa fonction ou œuvre propre, qui est de couper : un couteau qui coupe, un couteau conforme à son essence. Où l’on voit que le bon couteau n’est qu’un vrai couteau. Sa vertu ou excellence est de pouvoir couper, c’est-à-dire de pouvoir être un couteau et rien de plus. Ainsi le bonheur est pour l’homme de remplir sa fonction d’homme, c’est-à-dire d’être pleinement homme. On appellera vertu la capacité d’être un homme accompli, comme on appelle vertu du couteau la « puissance » qu’il a de couper. L’homme heureux est celui qui exerce effectivement cette puissance conformément à son essence.

Nous voulons ainsi donner le ton de la définition aristotélicienne du bonheur qui figure au chapitre 6 du livre I de l’Ethique à Nicomaque et que nous lirons pour le 7° cours de cette année. Nous retrouverons le problème posé par l’analogie par laquelle Aristote s’élève de l’idée d’œuvre ou de fonction, prise sur le terrain de l’art, à l’idée de vertu et d’excellence propre à l’homme. Comment un tel passage peut-il s’opérer sans que l’éthique soit pensé sur le modèle de la technique ?

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Jean-Michel Muglioni








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