Un atelier de réflexion philosophique de l'Université conventionnelle animé par Julien Douçot


"Avoir" un corps, 7/11/13

Lundi 4 Novembre 2013


La séance aura lieu le jeudi 7 novembre de 20h à 22h à l'EDMP, 10 impasse Crozatier, Paris XIIème. L'entrée est libre et gratuite.


"Avoir" un corps, 7/11/13
Notre objectif, pour cette année, est de poser et d'approfondir un problème philosophique : celui des rapports entre l' « âme » et le « corps ». Nous utilisons des guillemets, car ces deux termes ont pour l'instant des significations relativement flottantes, sédimentées aussi bien dans la langue commune que dans le vocabulaire religieux – sans parler de tous les sens qu'ils prennent dans la langue philosophique. Nous voudrions, dans un premier temps, laisser de côté ces multiples significations et tenter de poser, pour notre propre compte, un problème.
En effet, le travail de la philosophie ne peut s'exercer qu'à partir du moment où la pensée se trouve confrontée à une question – c'est à dire à une inconnue qui la force à penser. Notre première séance sera consacrée à la simple élaboration de cette question, à la construction de cette inconnue qui se rapport à l' « âme » et au « corps », et qui orientera au cours de cette année le fil de notre atelier.

Et pour cause : lorsque l'on écarte toutes les significations culturelles et historiques concernant l' « âme » et le « corps », on est face à une série d'expériences corporelles universelles, et que chacun de nous peut éprouver : le travail, la fatigue, la faim, l'apprentissage, l'habitude, etc. Le point commun à toutes ces expériences est qu'elle illustrent un rapport problématique à notre propre corps – corps tantôt plié à des impératifs sociaux, à des besoins, à des désirs, corps qui tantôt se rebelle et se rappelle à nous dans son pouvoir d'inertie. Ce faisant, nous traitons le corps comme une propriété, comme un avoir. Chacun parle de son corps, comme d'un élément de lui-même à modeler et à transformer – suggérant par là qu'il est autre chose, ou du moins davantage que son propre corps, puisque celui-ci lui appartient et qu'il en dispose.



Quel crédit devons-nous donner à ce présupposé du sens commun, qui semble extrait de l'expérience immédiate, et semble attester d'un moi différent du corps qu'il habiterait ? C'est cette question qui lancera notre travail de l'année. Nous verrons que le problème traditionnel des rapports entre l' « âme » et le « corps » est en premier lieu le problème des limites de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons – et donc, de notre liberté. 

la_pensee_du_corps__1_.mp3 La pensée du corps (1).mp3  (124.99 Mo)


Frédéric Dupin


Frédéric Dupin
Frédéric Dupin
Julien Douçot est professeur agrégé de philosophie au lycée Paul Eluard (Saint-Denis). Il a travaillé plus particulièrement sur les philosophies de Bergson et Spinoza.