Un atelier de réflexion de l'Université Conventionnelle animé par Aurélie Ledoux

Introduction philosophique à l'histoire de l'art (25/01/12)

Mardi 17 Janvier 2012

Cette première séance aura lieu le mercredi 25 janvier 2012, de 20h à 22h, à l'EDMP (8 impasse Crozatier, Paris 12). L'entrée est libre et gratuite.


Dessin de Daniel Brustlein, dit "Alain"
Dessin de Daniel Brustlein, dit "Alain"

On reconnaît traditionnellement deux actes de naissance à l'histoire de l'art: L'Histoire naturelle de Pline l'Ancien et Les Vies (Le Vite) de Vasari. Voulant témoigner des artistes de leur temps, Pline et Vasari ont le même geste fondateur qui consiste, en attribuant à chacun ce qui lui revient, à rendre compte d'un progrès dans la maîtrise de la représentation et, par conséquent, à transformer l'hommage descriptif en écriture historique: les oeuvres dignes de mémoire sont celles qui rendent la ressemblance plus parfaite.

Mais, dès lors, cette histoire est indissoluble, dans sa genèse même, d'une conception bien déterminée de l'art: l'histoire de l'art n'a de sens que parce que celui-ci est défini par une finalité mimétique et que l'imitation des apparences sensibles est susceptible de perfectionnement. C'est pourquoi les écrits de Vasari sont moins une juxtaposition de biographies que le dessin d'une ligne de progrès où l'invention des procédés artistiques fait figure de grande entreprise collective.

On objecterait cependant à bon droit que cette histoire de l'art se résume alors à une histoire des techniques: les oeuvres du passé ne sont plus que les témoignages de ce qui a été dépassé. Pourtant, si c'était le cas, l'intérêt que l'on porte à un tableau de Léonard de Vinci ou de Rembrandt ne se distinguerait pas de celui que nous éprouvons devant des vitrines de silex, de hâches gauloises ou à l'exposition des premières machines à vapeur. En voulant penser ainsi l'historicité de l'art, on perd ce qui fait l'art même: on élimine l'idée de création au profit d'une réussite formelle qui dissout la spécificité de la notion d'art.

Mais inversement, si on veut penser l'art comme un pur acte de création, le contexte perd toute pertinence et, avec lui, c'est la notion même de style qui devient incompréhensible. Pourtant, le style est si étroitement lié à ce qu'est une oeuvre artistique qu'il est inexact de dire que nous voyons simplement un paysage ou un portait: nous voyons un paysage hollandais ou un paysage chinois, un portrait de la Renaissance italienne ou un portrait cubiste. Or l'idée de style implique qu'il y a ait non seulement des limites à ce que peut la créativité de l'artiste, mais même des limites communes, c'est-à-dire une périodisation. Si l'art n'était que l'expression d'une vision personnelle, il n'y aurait pas d'histoire de l'art.



histoire_de_l__art__1_.mp3 histoire de l'art (1).mp3  (152.77 Mo)




Pour avoir accès aux images des oeuvres commentées pendant le cours, il suffit de télécharger le fichier Powerpoint ci-dessous.
uc_art_1.ppt UC_art_1.ppt  (6.73 Mo)

Aurélie Ledoux