un atelier de lecture animé par Jean-Michel Muglioni

Présentation de l'atelier

Notice de l'atelier (2011-2012)

« Je suis moi même par goût un chercheur. Je sens la soif de connaître tout entière, le désir inquiet d’étendre mon savoir ou encore la satisfaction de tout progrès accompli. Il fut un temps où je croyais que cela seul pouvait constituer l’honneur de l’humanité et je méprisais le peuple qui est ignorant de tout. C’est Rousseau qui m’a désabusé. Cette illusoire supériorité s’évanouit : j’apprends à honorer les hommes ; et je me trouverais bien plus inutile que le commun des travailleurs, si je ne croyais que ce sujet d’étude peut donner à tous les autres une valeur qui consiste en ceci : faire ressortir les droits de l’humanité »

Kant, vers 1764, trad. V. Delbos

L’université conventionnelle est une université réelle

L’idée de traiter de la Critique de la raison pure dans une université populaire peut paraître trop ambitieuse. Je dis pourtant que c’est possible, et qu’il est possible à de simples apprentis de mesurer la grandeur d’une telle pensée, même s’ils ne doivent pas eux-mêmes devenir des philosophes académiques. C’est pour la même raison qu’un enseignement de la philosophie peut être donné dans la plupart des classes des lycées à des élèves qui ne se destinent pas à devenir philosophes de profession. Ainsi, nous considérons tous, à l’Université conventionnelle, qu’il n’y a pas un fossé infranchissable entre les études académiques et la culture d’un grand public instruit. Au contraire, nous craignons que les établissements universitaires et scolaires en général aient renoncé à instruire… malgré les prouesses que nombres de nos collègues continuent d’y faire : leurs conditions de travail sont souvent déplorables et ils doivent lutter contre les réformes et les directives ministérielles.

N’ayez pas peur de Kant !

Le seul nom de Kant a fait peur à quelques uns le jour de la présentation de notre université. Très justement une auditrice m’a fait remarquer qu’elle ne voulait pas d’un numéro de jongleur de concepts, mais de la philosophie ayant rapport à la vie : et il est vrai que les travaux spécialisés peuvent donner l’impression de n’être que des exercices de haute voltige sans grand intérêt.

Il convient donc de lever deux malentendus.

D’une part il y a une difficulté réelle de l’œuvre de Kant : elle exige pour être comprise un certain travail, et c’est précisément pour permettre aux « grands débutants » d’y accéder que ce cours leur est proposé. Il faut ici ne pas confondre ce qui est difficile et ce qui est rébarbatif : pour qui ne la comprend pas, une analyse difficile est fort ennuyeuse ! L’ambition de mon cours est de faire en sorte que chacun puisse commencer à comprendre Kant et donc y trouver un intérêt. Et certes nous ne comprendrons pas tout tout de suite !

D’autre part il est vrai que les philosophes de profession ne sont pas toujours philosophes dans le sens où Socrate ou Epicure étaient philosophes. Il paraîtrait même inconvenant aujourd’hui qu’un homme fasse valoir la manière dont il conduit sa vie pour revendiquer le titre de philosophe, alors que les anciens jugeaient le philosophe à sa vie. Au contraire les médias nous présentent des philosophes qui sont des discoureurs capables de parler de n’importe quoi et qui ressemblent plus à ce qu’on appelait dans l’antiquité des sophistes qu’à Epictète. Ce sont au mieux de simples professeurs de philosophie, comme l’auteur de ces lignes, qui ne se prévaut nullement auprès de ses auditeurs d’une plus grande sagesse que les autres hommes.

Ce cours qui est une introduction à la lecture de Kant s’adresse à tout homme qui veut se comprendre lui-même, car c’est en dernière analyse cela que recherchait Kant : répondre à la question « qu’est-ce que l’homme ? ». Je commencerai donc cette année par rappeler que Kant, et cela dans la Critique de la raison pure, veut que la philosophie soit la réponse à cette question. Cette première formulation de l’idée de la philosophie permettra de comprendre pourquoi, pour que la philosophie concerne la vie de chacun, il faut des détours parfois aussi longs et difficiles que la Critique de la raison pure.




Jean-Michel Muglioni Lundi 17 Octobre 2011



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