un atelier de lecture animé par Jean-Michel Muglioni


Le cours se tiendra le mercredi 23 mai 2012, de 19h30 à 21h30, à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12. L'entrée est libre et gratuite.


Eric Weil
Eric Weil
Nous improviserons pour ce dernier cours de l’année une conclusion de ces leçons kantiennes.

Que signifie la distinction des noumènes et es phénomènes ? Pourquoi Eric Weil a-t-il raison d’insister sur la distinction de la pensée et de la connaissance ?

J’ai en effet cette année mis l’accent sur la limitation de la connaissance, et donc sur la fonction des concepts qui, même a priori, n’ont de sens qu’en tant qu’ils sont les principes de l’organisation de l’expérience. Cela ne signifie pourtant pas qu’une métaphysique qui est « pensée » et non « connaissance (au sens de la physique ou des mathématiques) soit possible.



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Jean-Michel Muglioni Samedi 19 Mai 2012


Cette troisième séance se déroulera au lycée Dorian, de 19h30 à 21h30, le mercredi 16 novembre 2011. L'entrée est libre est gratuite.


Pourquoi "critiquer" la raison? La question des limites du savoir (16/11/11)
Nous reprendrons rapidement ce qui a été dit de la lecture de Rousseau par Kant pour comprendre ceci : en répondant à la question "que puis-je savoir ?" La Critique de la raison pure définit les limites du savoir. Ce qui veut dire – et ma formulation est très libre – que les progrès du savoir ne nous apprendrons rien de fondamental concernant la destination de l’homme et qu’en matière de morale (de conduite personnelle) il n’y a pas d’expert.

Nous réfléchirons sur le sens d’une réflexion philosophique sur les sciences et reviendrons sur ce qu’était la métaphysique, objet de la critique kantienne.














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Jean-Michel Muglioni Mardi 15 Novembre 2011

Présentation de l'atelier

Notice de l'atelier (2011-2012)

« Je suis moi même par goût un chercheur. Je sens la soif de connaître tout entière, le désir inquiet d’étendre mon savoir ou encore la satisfaction de tout progrès accompli. Il fut un temps où je croyais que cela seul pouvait constituer l’honneur de l’humanité et je méprisais le peuple qui est ignorant de tout. C’est Rousseau qui m’a désabusé. Cette illusoire supériorité s’évanouit : j’apprends à honorer les hommes ; et je me trouverais bien plus inutile que le commun des travailleurs, si je ne croyais que ce sujet d’étude peut donner à tous les autres une valeur qui consiste en ceci : faire ressortir les droits de l’humanité »

Kant, vers 1764, trad. V. Delbos

L’université conventionnelle est une université réelle

L’idée de traiter de la Critique de la raison pure dans une université populaire peut paraître trop ambitieuse. Je dis pourtant que c’est possible, et qu’il est possible à de simples apprentis de mesurer la grandeur d’une telle pensée, même s’ils ne doivent pas eux-mêmes devenir des philosophes académiques. C’est pour la même raison qu’un enseignement de la philosophie peut être donné dans la plupart des classes des lycées à des élèves qui ne se destinent pas à devenir philosophes de profession. Ainsi, nous considérons tous, à l’Université conventionnelle, qu’il n’y a pas un fossé infranchissable entre les études académiques et la culture d’un grand public instruit. Au contraire, nous craignons que les établissements universitaires et scolaires en général aient renoncé à instruire… malgré les prouesses que nombres de nos collègues continuent d’y faire : leurs conditions de travail sont souvent déplorables et ils doivent lutter contre les réformes et les directives ministérielles.

N’ayez pas peur de Kant !

Le seul nom de Kant a fait peur à quelques uns le jour de la présentation de notre université. Très justement une auditrice m’a fait remarquer qu’elle ne voulait pas d’un numéro de jongleur de concepts, mais de la philosophie ayant rapport à la vie : et il est vrai que les travaux spécialisés peuvent donner l’impression de n’être que des exercices de haute voltige sans grand intérêt.

Il convient donc de lever deux malentendus.

D’une part il y a une difficulté réelle de l’œuvre de Kant : elle exige pour être comprise un certain travail, et c’est précisément pour permettre aux « grands débutants » d’y accéder que ce cours leur est proposé. Il faut ici ne pas confondre ce qui est difficile et ce qui est rébarbatif : pour qui ne la comprend pas, une analyse difficile est fort ennuyeuse ! L’ambition de mon cours est de faire en sorte que chacun puisse commencer à comprendre Kant et donc y trouver un intérêt. Et certes nous ne comprendrons pas tout tout de suite !

D’autre part il est vrai que les philosophes de profession ne sont pas toujours philosophes dans le sens où Socrate ou Epicure étaient philosophes. Il paraîtrait même inconvenant aujourd’hui qu’un homme fasse valoir la manière dont il conduit sa vie pour revendiquer le titre de philosophe, alors que les anciens jugeaient le philosophe à sa vie. Au contraire les médias nous présentent des philosophes qui sont des discoureurs capables de parler de n’importe quoi et qui ressemblent plus à ce qu’on appelait dans l’antiquité des sophistes qu’à Epictète. Ce sont au mieux de simples professeurs de philosophie, comme l’auteur de ces lignes, qui ne se prévaut nullement auprès de ses auditeurs d’une plus grande sagesse que les autres hommes.

Ce cours qui est une introduction à la lecture de Kant s’adresse à tout homme qui veut se comprendre lui-même, car c’est en dernière analyse cela que recherchait Kant : répondre à la question « qu’est-ce que l’homme ? ». Je commencerai donc cette année par rappeler que Kant, et cela dans la Critique de la raison pure, veut que la philosophie soit la réponse à cette question. Cette première formulation de l’idée de la philosophie permettra de comprendre pourquoi, pour que la philosophie concerne la vie de chacun, il faut des détours parfois aussi longs et difficiles que la Critique de la raison pure.


Jean-Michel Muglioni Lundi 17 Octobre 2011

Présentation de l'atelier


Kant's Witz. − Kant wollte auf eine "alle Welt" vor den Kopf stossende Art beweisen, dass "alle Welt" Recht habe: − das war der heimliche Witz dieser Seele. Er schrieb gegen die Gelehrten zu Gunsten des Volks−Vorurtheils, aber für Gelehrte und nicht für das Volk.

L’astuce [der Witz = la blague, malice au sens de malicieux mais non de mal] de Kant. Kant voulait prouver d’une manière qui frappe l’esprit de « tout le monde » que « tout le monde » avait raison : - c’était là la secrète astuce de cette âme. Il écrivit contre les savants en faveur du préjugé du peuple, mais pour des savants et non pour le peuple

NIESTZSCHE, Die fröhliche Wissenschaft – Le gai savoir n°193.


Cette première séance de l'atelier en présentera les grandes lignes le mercredi 26 janvier 2011, au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, Paris XIème. L'entrée est libre et gratuite.


Lire Kant (26/01/11)
Sans préjuger ni de la difficulté trop souvent attribuée à l’œuvre de Kant ni de la mauvaise réputation de l’homme, à cause de ce qu’on appelle à tort sa morale, nous commencerons par ce qui constitue le centre de la philosophie kantienne, à savoir l’idée d’autonomie. Lire Kant, c’est d’abord reprendre une philosophie de la liberté.

Une analyse de la notion de devoir justifie l’affirmation de la liberté : nous comprendrons en effet que ne peut être réellement obligé qu’un être libre.

Alors nous pourrons poser une première fois le problème de la contradiction au moins apparente entre la liberté et la nature. La nature, en effet, signifie nécessité : tout phénomène naturel est l’effet d’une cause antécédente. Or un acte ne peut être dit libre s’il est explicable par des causes antécédentes. Un simple effet n’est pas une action. Comment comprendre donc que nous puissions, sans nous contredire, affirmer comme physiciens la nécessité naturelle, et comme hommes notre la liberté ? Si nous pouvions montrer que la liberté est en contradiction avec la nécessité naturelle, c’est-à-dire que l’exigence morale contredit la rationalité de la physique, il faudrait considérer que cette exigence est vaine et que nos devoirs ne sont que des illusions.

En outre l’homme est un être de la nature, comme les autres êtres vivants : comment est-il possible de concevoir qu’un être de la nature soit libre et maître de son destin ?

Il est permis de prendre un exemple anachronique, pour comprendre en quel sens il y a une contradiction entre la nature et la liberté : l’institution du Comité d’éthique impose des limites aux recherches scientifiques au nom de la dignité de l’homme. De quel droit ? Sur quoi fonder une décision qui ne procède pas d’une connaissance scientifique ? Certains « spécialistes » des neuros-ciences considèrent qu’ainsi un préjugé moral et religieux privilégie abusivement l’homme sur le reste de la nature, comme si la rationalité scientifique signifiait que nous devons renoncer à notre dignité. Il est vrai qu’un homme seulement neuronal est un matériel expérimental, comme n’importe quel autre vivant ou n’importe quelle partie de la nature. Il est vrai aussi que l’affirmation de la valeur absolue de la personne humaine au principe de la Déclaration des droits de l’homme ne relève pas d’une science. Il y a donc d’un côté ce que la biochimie et la neurologie nous apprennent de l’homme, et de l’autre ce que chacun sait de lui-même et de ses semblables par la conscience qu’il a de sa dignité. Ce sont deux connaissances de deux types distinct, l’une scientifique, l’autre au contraire commune, et indépendante de la recherche scientifique. La subordination de la recherche scientifique à une norme non scientifique est-elle un reste d’irrationalité du temps où l’Eglise interdisait par exemple la dissection des cadavres ?

Après cette introduction, et sans nous préoccuper de suivre l’ordre de parution des trois Critiques, nous lirons le début des Fondements de la métaphysique des mœurs pour comprendre le sens la raison. De là nous passerons à la Critique de la raison pure.

Notes

Cet atelier de lecture se déroulera par quinzaine les mercredis de 19h30 à 21h30 au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, Paris XIème. L'entrée est libre et gratuite.

Consultez sur le site de l'université conventionnelle la partie de l'anthologie de textes en ligne consacrée à Kant.






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Jean-Michel Muglioni Samedi 22 Janvier 2011



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