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 <title>Lire Kant</title>
 <subtitle><![CDATA[un atelier de lecture animé par Jean-Michel Muglioni]]></subtitle>
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 <updated>2019-08-18T05:21:50+02:00</updated>
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   <title>La philosophie au sens cosmique et au sens scolastique (19/10/11)</title>
   <updated>2011-10-30T17:48:00+01:00</updated>
   <id>https://www.univ-conventionnelle.com/kant/La-philosophie-au-sens-cosmique-et-au-sens-scolastique-19-10-11_a10.html</id>
   <category term="Séances" />
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   <published>2011-10-17T23:44:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Michel Muglioni</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Cette première séance de la saison se déroulera au lycée Dorian, de 19h30 à 21h30, le mercredi 19 octobre 2011. L'entrée est libre et gratuite.

     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.univ-conventionnelle.com/kant/photo/art/default/3360571-4827143.jpg?v=1318889387" alt="La philosophie au sens cosmique et au sens scolastique (19/10/11)" title="La philosophie au sens cosmique et au sens scolastique (19/10/11)" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.univ-conventionnelle.com/kant/Notice-de-l-atelier-2011-2012_a9.html">Ainsi que la notice du cours l'annonce,</a> nous commencerons par réfléchir sur l’idée de philosophie entendue non pas comme système de concepts ou de connaissances, affaire de spécialises, mais en tant qu’elle concerne tout le monde (c’est ce que Kant entend par concept cosmique). Et soyons attentifs à ceci : la question ici posée est celle-là même que les petits enfants ne cessent de poser . c’est la question « pourquoi ? », qui veut dire « à quelle fin ? dans quel but ? à quoi bon ?&quot;. Si donc les formulations kantiennes sont « scolastiques » ou « académiques », peut-être expriment-elles des pensées plus naïves qu’on se l’imagine généralement.       <br />
              <br />
       Nous appuierons, pour ce faire, sur les quelques textes suivants :       <br />
              <br />
       <b>Critique de la raison pure, Architectonique de la raison pure,</b> A 839 B 866 Trad. Patrice Henriot.       <br />
       (Kant entend par architectonique « l’art des systèmes »)       <br />
               <br />
       « Mais jusqu’à ce point le concept de philosophe n’est qu’un concept scolastique (Schulbegriff), c’est-à-dire le concept d’un système de la connaissance qui n’est recherché que comme science, sans qu’on ait d’autre but que l’unité systématique de ce savoir et par conséquent, la perfection logique de la connaissance. Mais il y a encore un concept cosmique (conceptus cosmicus, Weltbegriff) qui a toujours servi à cette dénomination, surtout lorsqu’on le personnifiait (839-867) pour ainsi dire, et qu’on se le représentait comme un modèle dans l’idéal du philosophe. Dans cette perspective la philosophie est la science du rapport de toute connaissance aux fins essentielles de la raison humaine (teleologia rationis humanae), et le philosophe n’est pas un artiste de la raison, mais un législateur de la raison humaine. Il serait vaniteux de s’appeler soi-même philosophe en ce sens et de prétendre qu’on est arrivé à égaler un modèle qui ne se trouve que dans l’idée. »       <br />
       (Téléologie veut dire en grec étude des fins ou des buts.)       <br />
              <br />
       <b>Quelques extraits du cours de Logique de kant,</b>       <br />
              <br />
       Traduction Louis Guillermit, éd. Vrin 1966, pp. 24-27       <br />
       p. 24       <br />
       « Selon sa notion cosmique (<span style="font-style:italic">Weltbegriff</span>), elle [la philosophie] est la science des fins dernières de la raison humaine. Cette conception élevée confère à la philosophie sa dignité (<span style="font-style:italic">Würde</span>), c’est-à-dire sa valeur absolue. Et, effectivement, elle est même la seule à ne posséder de valeur qu’intrinsèque et à conférer originellement une valeur aux autres connaissances. »       <br />
               <br />
       Cf. p. 25 : « la philosophie est science des maximes suprêmes de l’usage de notre raison » (maxime signifiant « principe interne du choix entre différentes fins »).       <br />
       […]       <br />
       « L’artiste de la raison, ou comme Socrate le nomme [Platon, <span style="font-style:italic">République</span> V 480a], le philodoxe, vise simplement la connaissance spéculative sans se demander dans quelle mesure le savoir contribue à la fin dernière de la raison humaine : il donne des règles pour mettre la raison au service de toutes sortes de fins. Le philosophe pratique, le maître de la sagesse par la doctrine et par l’exemple, est le vrai philosophe. Car la philosophie est l’idée d’une sagesse parfaite, qui nous désigne les fins dernières de la raison humaine. »       <br />
       …       <br />
       p. 25 « …la philosophie en ce dernier sens [cosmique] est même la science du rapport de toute connaissance et de tout usage de la raison à la fin ultime de la raison humaine, fin à laquelle, en tant que suprême, toutes les autres fins sont subordonnées et dans laquelle elles peuvent toutes être unifiées. »       <br />
       […]       <br />
       p. 27       <br />
       « …la science n’a de réelle valeur intrinsèque que comme instrument de sagesse. Mais à ce titre elle est à ce point indispensable qu’on pourrait dire que la sagesse sans la science n’est que l’esquisse d’une perfection à laquelle nos n’atteindrons jamais.       <br />
       Celui qui hait la science mais qui aime d'autant plus la sagesse s'appelle un misologue [haine de la raison]. La misologie naît ordinairement d'un manque de connaissance scientifique à laquelle se mêle une certaine sorte de vanité. Il arrive cependant parfois que certains tombent dans l'erreur de la misologie, qui ont commencé par pratiquer la science avec beaucoup d'ardeur et de succès mais qui n'ont finalement trouvé dans leur savoir aucun contentement.       <br />
       La philosophie est l'unique science qui sache nous procurer cette satisfaction intime, car elle referme, pour ainsi dire, le cercle scientifique et procure enfin aux sciences ordre et organisation (<span style="font-style:italic">Zusammenhang</span>). »       <br />
               <br />
       Cf. p. 26 : « sans connaissances on ne deviendra jamais philosophe, mais jamais non plus les connaissances ne suffiront à faire un philosophe, si ne vient s'y ajouter une harmonisation convenable de tous les savoirs et de toutes les habiletés jointes à l'intelligence de leur accord avec les buts les plus élevés de la raison humaine. »
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<itunes:author>Jean-Michel Muglioni</itunes:author>
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   <title>Notice de l'atelier (2011-2012)</title>
   <updated>2011-10-18T00:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.univ-conventionnelle.com/kant/Notice-de-l-atelier-2011-2012_a9.html</id>
   <category term="Présentation de l'atelier" />
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   <published>2011-10-17T23:27:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Michel Muglioni</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.univ-conventionnelle.com/kant/photo/art/default/3360516-4827091.jpg?v=1318889080" alt="Notice de l'atelier (2011-2012)" title="Notice de l'atelier (2011-2012)" />
     </div>
     <div>
             <br />
       <span style="font-style:italic">« Je suis moi même par goût un chercheur. Je sens la soif de connaître tout entière, le désir inquiet d’étendre mon savoir ou encore la satisfaction de tout progrès accompli. Il fut un temps où je croyais que cela seul pouvait constituer l’honneur de l’humanité et je méprisais le peuple qui est ignorant de tout. C’est Rousseau qui m’a désabusé. Cette illusoire supériorité s’évanouit : j’apprends à honorer les hommes ; et je me trouverais bien plus inutile que le commun des travailleurs, si je ne croyais que ce sujet d’étude peut donner à tous les autres une valeur qui consiste en ceci : faire ressortir les droits de l’humanité »</span>        <br />
              <br />
       Kant, vers 1764, trad. V. Delbos       <br />
              <br />
       <b>L’université conventionnelle est une université réelle</b>       <br />
              <br />
       L’idée de traiter de la <span style="font-style:italic">Critique de la raison pure</span> dans une université populaire peut paraître trop ambitieuse. Je dis pourtant que c’est possible, et qu’il est possible à de simples apprentis de mesurer la grandeur d’une telle pensée, même s’ils ne doivent pas eux-mêmes devenir des philosophes académiques. C’est pour la même raison qu’un enseignement de la philosophie peut être donné dans la plupart des classes des lycées à des élèves qui ne se destinent pas à devenir philosophes de profession. Ainsi, nous considérons tous, à <a class="link" href="http://www.univ-conventionnelle.com">l’Université conventionnelle,</a> qu’il n’y a pas un fossé infranchissable entre les études académiques et la culture d’un grand public instruit. Au contraire, nous craignons que les établissements universitaires et scolaires en général aient renoncé à instruire… malgré les prouesses que nombres de nos collègues continuent d’y faire : leurs conditions de travail sont souvent déplorables et ils doivent lutter contre les réformes et les directives ministérielles.       <br />
              <br />
       <b>N’ayez pas peur de Kant !</b>       <br />
              <br />
       Le seul nom de Kant a fait peur à quelques uns le jour de la présentation de notre université. Très justement une auditrice m’a fait remarquer qu’elle ne voulait pas d’un numéro de jongleur de concepts, mais de la philosophie ayant rapport à la vie : et il est vrai que les travaux spécialisés peuvent donner l’impression de n’être que des exercices de haute voltige sans grand intérêt.       <br />
              <br />
       Il convient donc de lever deux malentendus.       <br />
              <br />
       D’une part il y a une difficulté réelle de l’œuvre de Kant : elle exige pour être comprise un certain travail, et c’est précisément pour permettre aux « grands débutants » d’y accéder que ce cours leur est proposé. Il faut ici ne pas confondre ce qui est difficile et ce qui est rébarbatif : pour qui ne la comprend pas, une analyse difficile est fort ennuyeuse ! L’ambition de mon cours est de faire en sorte que chacun puisse commencer à comprendre Kant et donc y trouver un intérêt. Et certes nous ne comprendrons pas tout tout de suite !       <br />
              <br />
       D’autre part il est vrai que les philosophes de profession ne sont pas toujours philosophes dans le sens où Socrate ou Epicure étaient philosophes. Il paraîtrait même inconvenant aujourd’hui qu’un homme fasse valoir la manière dont il conduit sa vie pour revendiquer le titre de philosophe, alors que les anciens jugeaient le philosophe à sa vie. Au contraire les médias nous présentent des philosophes qui sont des discoureurs capables de parler de n’importe quoi et qui ressemblent plus à ce qu’on appelait dans l’antiquité des sophistes qu’à Epictète. Ce sont au mieux de simples professeurs de philosophie, comme l’auteur de ces lignes, qui ne se prévaut nullement auprès de ses auditeurs d’une plus grande sagesse que les autres hommes.       <br />
              <br />
       Ce cours qui est une introduction à la lecture de Kant s’adresse à tout homme qui veut se comprendre lui-même, car c’est en dernière analyse cela que recherchait Kant : répondre à la question « qu’est-ce que l’homme ? ». Je commencerai donc cette année par rappeler que Kant, et cela dans la <span style="font-style:italic">Critique de la raison pure</span>, veut que la philosophie soit la réponse à cette question. Cette première formulation de l’idée de la philosophie permettra de comprendre pourquoi, pour que la philosophie concerne la vie de chacun, il faut des détours parfois aussi longs et difficiles que la<span style="font-style:italic"> Critique de la raison pure.</span>       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <br style="clear:both;"/>
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