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Un atelier de philosophie de l'Université Conventionnelle animé par Jean-Michel Muglioni



La douzième et dernière séance de l'atelier aura lieu le mercredi 1er juin 2016 de 19h30 à 21h30, à la Maison des associations du 11ème arrondissement, 10 rue du général Renalt, Paris XIème. L'entrée est libre et gratuite


Conclusion de l'année, 01/06/16
Le dernier cours suivra le propos d’économie qui réfléchit sur la différence qu’il y a entre produire et vendre mis en ligne dans l’annonce du cours précédent. Et il le prolongera librement.

De même que bourgeois et prolétaire sont des manières d’êtres présentes en chacun de nous à différents degrés et selon nos âges et nos métiers, de même production et vente sont inséparables, de sorte qu’il n’y a pas d’économie de pure production. Toujours produire est lié à échanger : ce qui veut dire que le rapport de l’homme à l’homme compris dans l’échange détermine le rapport de l’homme à la nature et alors le bourgeois en l’homme commande au prolétaire. Peut-il en être autrement ? Se peut-il que la part de magie de la vente ne finisse pas par régner sur le monde devenu un marché unique ? Alors l’économie n’est plus qu’un système confus de signes coupé de la réalité.
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La onzième séance de l'atelier aura lieu le mercredi 25 mai 2016 de 19h30 à 21h30, à la Maison des associations du 11ème arrondissement, 10 rue du général Renalt, Paris XIème. L'entrée est libre et gratuite


Bourgeois et prolétaires, 25/05/16
Voici donc les deux derniers cours de l’année.

J’ai commencé la lecture d’Alain par l’étude de ce qui est le centre de sa pensée, la philosophie de la perception. Les deux derniers cours (25 mai et la semaine suivante le 1° juin) porteront sur un aspect essentiel de cette réflexion, que nous avons déjà rencontré : le monde n’est pas un spectacle, il n’est connu comme réel que par le travail.

Mais quel travail ? Quelle sorte de travail ? Nous reviendrons donc sur la distinction que fait Alain entre bourgeois et prolétaires pour comprendre le rapport de l’homme au monde, et peut-être aurons-nous ainsi des armes pour comprendre le tour qu’a pris aujourd’hui l’économie : elle est bourgeoise et non prolétaire, c’est-à-dire tout entière déterminée par la superstition des hommes et non par les nécessités du travail.

Il faudrait relire l’Emile de Rousseau, qui montre pourquoi les hommes sont perdus lorsque leurs pensées et leurs passions sont déterminées par les rapports qu’ils ont entre eux et non par leur rapport aux mondes des choses. Idée difficile qu’il nous faudra tenter de formuler.

Mais cette annonce est bien sibylline ! Commencez donc par lire les deux propos d’Alain que je mets en ligne (ici et ).
 
 



 
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La dixième séance de l'atelier aura lieu le jeudi 10 mai 2016 de 19h30 à 21h30, à la Maison des associations du 11ème arrondissement, 10 rue du général Renalt, Paris XIème. L'entrée est libre et gratuite


Le temps et l'espace, suite, 10/05/16 (attention la séance a lieu exceptionnellement un JEUDI)
Nous allons reprendre la réflexion bergsonienne sur l’irréductibilité du temps et de l’espace. Mais au lieu de suivre Bergson jusqu’à l’idée d’une intuition qui permet à l’esprit de se retrouver entièrement lui-même sans se rapporter au monde extérieur, et ainsi se diviniser – car l’ambition philosophique de Bergson est une grande chose – nous nous contenterons de notre condition d’homme : je ne peux prendre conscience de moi-même qu’en me situant dans le monde, de sorte qu’intériorité et extériorité sont inséparables.
 
Nous relirons une des dernières pages des Méditations de Descartes pour revenir à Alain et à l’idée que la mémoire elle-même suppose le monde. Ce qu’expose la chapitre XVI des Eléments de philosophie, intitulé Le sentiment de la durée, qui est une réponse à Bergson.
 
Descartes Méditation VI

Et certes cette considération me sert beaucoup, non seulement pour reconnaître toutes les erreurs auxquelles ma nature est sujette, mais aussi pour les éviter, ou pour les corriger plus facilement : car sachant que tous mes sens me signifient plus ordinairement le vrai que le faux, touchant les choses qui regardent les commodités ou incommodités du corps, et pouvant presque toujours me servir de plusieurs d’entre eux pour examiner une même chose, et outre cela, pouvant user de ma mémoire pour lier et joindre les connaissances présentes aux passées, et de mon entendement qui a déjà découvert toutes les causes de mes erreurs, je ne dois plus craindre désormais qu’il se rencontre de la fausseté dans les choses qui me sont le plus ordinairement représentées par mes sens. Et je dois rejeter tous les doutes de ces jours passés, comme hyperboliques et ridicules, particulièrement cette incertitude si générale touchant le sommeil, que je ne pouvais distinguer de la veille : car à présent j’y rencontre une très notable différence, en ce que notre mémoire ne peut jamais lier et joindre nos songes les uns aux autres et avec toute la suite de notre vie, ainsi qu’elle a de coutume de joindre les choses qui nous arrivent étant éveillés. Et, en effet, si quelqu’un, lorsque je veille, m’apparaissait tout soudain et disparaissait de même, comme font les images que je vois en dormant, en sorte que je ne pusse remarquer ni d’où il viendrait, ni où il irait, ce ne serait pas sans raison que je l’estimerais un spectre ou un fantôme formé dans mon cerveau, et semblable à ceux qui s’y forment quand je dors, plutôt qu’un vrai homme. Mais lorsque j’aperçois des choses dont je connais distinctement et le lieu d’où elles viennent, et celui où elles sont, et le temps auquel elles m’apparaissent et que, sans aucune interruption, je puis lier le sentiment que j’en ai, avec la suite du reste de ma vie, je suis entièrement assuré que je les aperçois en veillant, et non point dans le sommeil. Et je ne dois en aucune façon douter de la [72] vérité de ces choses-là, si après avoir appelé tous mes sens, ma mémoire et mon entendement pour les examiner, il ne m’est rien rapporté par aucun d’eux, qui ait de la répugnance avec ce qui m’est rapporté par les autres. Car de ce que Dieu n’est point trompeur, il suit nécessairement que je ne suis point en cela trompé.


La neuvième séance de l'atelier aura lieu le mercredi 6 avril 2016 de 19h30 à 21h30, à la Maison des associations du 11ème arrondissement, 10 rue du général Renalt, Paris XIème. L'entrée est libre et gratuite.


Le temps, l'espace, la perception, 06/04/16
J’ai donné à lire la dernière fois le chapitre XVI des Eléments de philosophie, intitulé le sentiment de la durée, qui est une réponse à Bergson. 

Nous allons réfléchir sur la mesure du temps pour prendre conscience de l’irréductibilité du temps à l’espace, et donc de l’intériorité sur l’extériorité, afin de fonder l’affirmation selon laquelle pourtant le rapport à l’espace, au monde, au mouvement des astres, aux calendriers, aux institutions de la cité, est nécessaire à la conscience que nous avons du temps.

L’intérieur n’est rien sans l’extérieur, la conscience n’est rien sans son rapport au monde. Il faut toujours revenir à la perception. L’idée d’une pensée qui pourrait se ressaisir par l’intuition d’elle-même n’a donc pas de sens. 

Benjamin interviendra pour nous aider à comprendre comment la physique mesure ou non le temps.
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La huitième séance de l'atelier aura lieu le mercredi 23 mars 2016 de 19h30 à 21h30, à la Maison des associations du 11ème arrondissement, 10 rue du général Renalt, Paris XIème. L'entrée est libre et gratuite.


ll n’y a pas plus d’images-souvenir que d’images produites par l’imagination, 23/03/16
Nous allons faire un détour par une réflexion sur la mémoire : là encore, nous pourrons avancer sans avoir besoin de supposer des images-souvenirs qui seraient conservées en nous. Alain va jusqu’au bout du paradoxe qu’est la négation des images mentales ou cérébrales. Et par là il s’oppose à son contemporain, Henri Bergson.

Il suffit de lire les développements du livre premier des 
Eléments de philosophie qui figurent aux chapitres XII à XVII.



 
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