Un atelier de l'Université conventionnelle animé par Frédéric Dupin autour de la République de Platon


Présentations du cours


« Toute utopie bien construite ne peut réellement constituer qu’une anticipation quelconque envers la réalité ; tandis que celles qui sont vicieuses consacrent toujours des rétrogradations impossibles. » Comte, Système de politique positive, tome IV, page 304.



Notice du cours (2012-2013)
L'année précédente a été occupée par la lecture du livre VII. Ce fut l'occasion de passer du temps sur l'allégorie de la caverne, qui est peut-être la page la plus célèbre de toute l'oeuvre de Platon, comme de réfléchir sur la philosophie des sciences que dessine la fin du livre.

Par bien des aspects, nous voyons donc accompli le projet initial, formulé au début du livre II : Nous avons caractérisé la cité idéale afin de penser la justice, dans l'homme comme dans la cité. Le meilleur régime est celui où celui qui a une connaissance certaine du souverain Bien gouverne et légifère. Réciproquement, l'homme juste est celui chez qui tous les actes et toutes les pensées sont régis par une connaissance claire du vrai Bien. Un tel résultat peut sembler bien mince, il doit pourtant éveiller l'attention.

Dire que la justice réside dans le gouvernement du meilleur, attribuer à la connaissance morale une vertu cardinale, c'est marquer l'horizon et l'idéal d'un progrès personnel : on ne pourra jamais se dire quitte de la philosophie, ni se tenir pour savant tant qu'on n'aura pas atteint le dernier terme de l'échelle des savoirs. Mais simultanément, c'est frapper d'insuffisance toutes les cités et toutes les vertus réelles. Telle est la vertu d'un idéal, ou de ce qu'on appelle une utopie, que d'orienter la pensée, et de délivrer des fausses idoles.

Déclin de l'idéal et nécessité de l'utopie

La réflexion de l'année, qui s'attaquera à l'ensemble que constituent les livres VIII et IX, sera donc une réflexion sur l'histoire humaine. On suivra en effet Platon dans la description du délitement nécessaire de la cité idéale sous l'influence de l'usure du temps, et on interrogera la succession de progrès et de déclin à laquelle se trouve vouée nos vies comme nos constructions sociales.

On abordera ainsi probablement l'année par une réflexion sur la notion d'utopie, et sur son sens politique et historique.


Attention, le cours ne se tiendra cette année qu'au premier semestre, d'octobre à décembre 2012.




La dernière séance de l'année se déroulera exceptionnellement à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12. L'entrée est libre et gratuite.


Conclusion de l'année (30/05/12)
Nous conclurons cette année par la lecture de la fin du livre VII de la République. Ce sera l'occasion de reprendre la question qui a dominée notre travail de lecture depuis plusieurs séances : peut-on connaître le bien, et si oui comment cette science pourrait-elle être enseignée?

Car la caverne platonicienne est bien une métaphore de notre ignorance, et des moyens de la surmonter, mais elle constitue également une parabole politique qui nous permet de mesurer que la science la plus parfaite n'existe que si la possibilité de son enseignement est ménagée politiquement. Réciproquement, une société n'a ainsi que les lumières qu'elle mérite et autorise.

La philosophie, avec Platon, consiste dès lors à méditer de l'unité de la liberté et de la science, ou plutôt de leur commun destin, face aux tempêtes des passions que la politique agite.


Note : La première demi-heure de l'enregistrement est bruyante : une réunion se terminait dans la salle d'à côté... Cela s'arrange par la suite! Désolé de ce désagrément...


republique__4__10.mp3 republique (4)-10.mp3  (93.29 Mo)


La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 12 avril 2012, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.


Parenthèse sur le bien (12/04/12)
La discussion ayant suivie la dernière séance nous conduit du commentaire de la fin du livre VII de la République à une réflexion plus large sur la question du bien. Dire en effet de la dialectique qu'elle se définit ar son objet (le bien), et s'en tenir à remarquer que ce dernier est sans doute constamment présupposé par nos discussions et nos jugements, tout cela est bien intéressant mais ne nous éclaire guère au final....

Que faut-il entendre par "bien", et pourquoi en parler au fond, si chacun voit midi à sa porte ? Telle sera la question que nous tenterons d'éclaircir durant cette petite digression. Celle-ci s'appuiera de plus ou moins près sur le maître livre de Léo Strauss, Droit naturel et histoire (1953).

Edit

L'enregistrement a été amputé des cinq premières minutes.


republique__4__9_.mp3 République (4)-9 .mp3  (59.65 Mo)


La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 29 mars 2012, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.


La dialectique et le mouvement de la pensée (29/03/12)
Après avoir parcouru quelques unes des sciences préliminaires caractérisées au livre VII, nous allons aborder, avec la dialectique, la science qui doit couronner l'éducation des philosophes, et mener ces derniers sur le chemin de l'intelligence du Bien. Nous verrons pourtant que Socrate s'échappe encore : ses approches de la dialectique nous laissent sur notre faim.

Il faudra en effet mesurer en quoi celle-ci consiste moins en un domaine spécifique, une science "surnaturelle", que dans une certaine manière de repenser son rapport au monde. C'est poursuivre et peut-être achever la réflexion sur la nature de la philosophie inaugurée au livre VI.

La philosophie n'est pas, comme la science, un discours assignable à une méthode unique et close sur elle-même. A la différence des sciences hypothétiques, elle se donne son objet à mesure qu'elle le pense, en sorte que penser n'est autre chose que déployer la liberté de la pensée elle-même.

republique__4__8.mp3 republique (4)-8.mp3  (40.35 Mo)


La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 15 mars 2012, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.


L'astronomie et la leçon des étoiles (15/03/12)
Notre réflexion précédente sur la géométrie a été l'occasion de comprendre un peu mieux ce que signifie comprendre et savoir pour Platon. Si la science est intelligence pure des rapports idéaux, non seulement la géométrie doit être distinguée de ses applications pratiques, comme le bornage des champs ou le perfectionnement des catapultes, mais il nous faut proscrire toute méthode relevant, en science, de la résolution technique des difficultés proprement théoriques. Autrement dit, ce qui est en jeu dans la réflexion sur la géométrie, c'est l'intégrité du domaine intelligible lui-même. Nous avons pu nous en assurer en prolongeant ce commentaire par une réflexion sur les confusions actuelles qui grèvent le discours scientifiques.

Nous poursuivrons aujourd'hui le travail sur l'échelle des sciences en lisant le passage du livre VII consacré à l'astronomie (528e-530c). S'il nous faut en effet en passer par l'étude des astres, c'est parce que cette étude permet d'élever l'esprit à une géométrie supérieure, qui celle du mouvement. C'est donc pour sa valeur méthodologique qu'il faut étudier la mécanique céleste, et non, dans un sens religieux, pour s'ébahir du spectacle des cieux.

On pourra ainsi conduire notre lecture jusqu'à une réflexion plus large sur le ciel, et la fascination que l'homme ne peut manquer d'avoir pour lui. On s'appuiera alors peut-être sur ce passage du Cours de philosophie positive de Comte.

De qui les cieux chantent-ils la gloire?

Pour les esprits étrangers à l'étude des corps célestes, quoique souvent très éclairés d'ailleurs sur d'autres parties de la philosophie naturelle, l'astronomie a encore la réputation d'être une science éminemment religieuse, comme si le fameux verset : Caeli enarrant gloriam Dei avait conservé toute sa valeur (...) aujourd'hui, pour les esprits familiarisés de bonne heure avec la vraie philosophie astronomique, les cieux ne racontent plus d'autre gloire que celle d'Hipparque, de Newton, Newton, et de tous ceux qui ont concouru à en établir les lois.]i

Auguste Comte, Cours de philosophie positive, 19ème leçon, volume II, 1835.


republique__4__7.mp3 République (4)-7.mp3  (35.07 Mo)

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