Un atelier de l'Université conventionnelle animé par Frédéric Dupin autour de la République de Platon



La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 22 novembre 2012, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.


L'honneur ou la mort, la cité timocratique (22/11/12)
La séance précédente a rappelé l'essentiel du dispositif littéraire que constitue la République de Platon. Car en se donnant la cité comme objet d'étude, Platon ne fait que proposer une vision agrandie de l'âme humaine. Dès lors, en étudiant les différentes formes de régime politique, nous allons considérer autant de manière de vivre, et de choisir sa vie.

Nous nous proposerons durant cet atelier de parcourir la description que donne Socrate de la cité "timocratique" (547c-550c), c'est-à-dire du régime qui n'est plus gouverné par la raison et la connaissance claire du Bien, mais par le sentiment de l'honneur (timos en grec). Le dévouement et l'héroïsme prennent alors la place de l'intelligence, en politique comme en morale, tandis que la fidélité prétend dispenser de toutes les autres vertus.

Il y aura dans ses pages matière pour nous à réfléchir sur ce que peut signifier moralement l'exigence de droiture et d'honneur, comme de s'expliquer, historiquement, avec des mouvements, comme le fascisme, qui ont pu voir dans la guerre une politique et un but suprême. Il n'est pas sur en effet que leur réprobation moralisante soit à la hauteur des questions qu'ils posent, comme du danger qu'ils représentent.

Drieu la Rochelle : honneur, mépris, dégoût

Le cours a donné lieu à une conclusion en forme de digression sur le personnage et l'oeuvre de Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945), dont l'entrée dans la bibliothéque de la Pléiade a fait débat récemment. Jeune combattant de la première guerre mondiale, littérateur et essayiste d'abord progressiste, ami de Breton et d'Aragon, Drieu va en effet progressivement basculer dans le fascisme, au côté de Doriot puis du milieu collaborationniste parisien durant l'occupation, et enfin dans un nihilisme plein de dégoût de soi-même qui va le conduire au suicide.

Si l'auteur de Gilles, ou de Rêveuse bourgeoisie, ne saurait, naturellement, être érigé en modèle de "l'homme timocratique" (il faut se garder ici des réductions et des anachronismes), il nous a paru toutefois que sa trajectoire sordide pouvait nous instruire sur les dangers d'une exigence morale et politique qui n'a su trouver dans l'intelligence et la douceur platonicienne de quoi tempérer une certaine fureur de mépris et d'indignation.

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