Un atelier de l'Université conventionnelle animé par Frédéric Dupin autour de la République de Platon



Le cours aura lieu au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, de 20h à 22h, comme d'habitude, en salle B10.


Séance du 05 novembre 2009
Nous considérerons aujourd'hui la première des cités idéales construites par Socrate et adimante : c'est la cité industrieuse où tout est commerce et artisanat. Elle correspondrait, nous le verrons, à une cité qui n'est qu'économie, et à une vie où la simplicité des besoins corporels absorbent tout.

Pourtant cette vie et cette cité ont-elle un sens? Glaucon se révolte contre l'idée d'une vie sans luxe ni honneur, au risque de jeter l'ordre humain dans les conflits et les maladies du luxe. Ce qui est en jeu ici, c'est bien le lien entre justice et simplicité. Mais peut-être également, déjà, toute la question du "réalisme" ; car cette paix par l'industrie n'est-elle pas, au sens strict, un rêve bien plus grand, et bien plus redoutable, que la fiction du philosophe roi sur laquelle s'achèvera la fondation socratique?

Nous développerons ces questions par l'étude d'un passage essentiel de ce second livre de la République. La lecture de Rousseau serait en outre ici certainement éclairante.

Ecouter le cours


Séance du 15 octobre 2009, au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, Paris XIème, 20h-22h, entrée libre.


Séance du 15 octobre 2009
Cette première séance de l'année s'ouvrira par une brève synthèse du travail entrepris l'année précédente, afin de ne pas frustrer les nouveaux auditeurs, et caractérisera la lecture commune que nous mènerons jusqu'en mai 2010, et que nous concevrons comme autonome en elle-même.

Nous parcourons en effet essentiellement les livres II à IV qui sont dominés par la construction de la cité idéale dont le modèle doit permettre d'élucider les mystères de l'âme humaine, et caractériser l'idée de justice. Ce détour politique devra ainsi être compris dans sa nécessité propre comme dans son détail. Nous consacrerons cette séance à poser ainsi la question du sens et de la portée d'une réflexion philosophique sur le monde commun. Que valent les idées en politique, et que devons-nous attendre d'une réflexion philosophique sur la justice collective? Le philosophe est-il un moraliste ou un "intellectuel"? etc.

Nous nous appueirons essentiellement, en prélude à cette année de lecture, sur le célèbre passage du Théétète décrivant Thalès au fond de son puits, objet des sarcasmes du bon sens populaire.

Ecouter le cours.

Présentations du cours


"La République de Platon est devenue proverbiale, comme exemple prétendu frappant d'une perfection imaginaire qui ne peut avoir son siège que dans le cerveau d'un penseur oisif..." Kant


Notice du cours (2009-2010)
L'année précédente a été essentiellement dominée par l'idée morale de justice. Nous étions en effet parti du mythe de Gygès pour jeter un éclairage suffisant sur nos morales communes, faites d'expédients et de transactions plus ou moins inavouables. Céphale, Polémarque, Thrasymaque, les différents interlocuteurs du livre I de la République, nous sont ainsi apparus comme autant de moments de nos propres débats intérieurs, quoique toujours en deça du problème véritable de la justice, en deçà de la question de principe qui la constitue. Qu'au fond les calculs de l'économie ou du pouvoir ne nous apprennent rien sur le juste et l'injuste, c'était ce qu'il fallait comprendre en restituant la faiblesse indépassable des demi-arguments qui résument nos opinions courantes. Cette leçon de morale n'en était pas une, ou plutôt, pouvait-elle être comprise comme une leçon de défiance à l'égard de soi-même.

Poursuivant ce détour, et en cela fidèle à la voie que trace Socrate dans l'ouvrage, nous occuperons cette année à une réflexion sur le sens politique de la justice. Socrate n'invite-t-il pas en effet à regarder la cité comme une image agrandie de l'âme humaine, et ainsi à juger de nos vices et de nos vertus par celles de l'organisation sociale? Mais que peut bien nous apprendre sur nous-mêmes les histoires de paysans, de cordonniers et de gardiens qui absorbent bientôt les participants du dialogue? Nous chercherons ainsi d'abord à éclairer le sens de ce détour avant d'avancer dans la construction abstraite de l'idée de cité parfaite, cité idéale, qui en cela, sera la cité vraie ; la seule réelle. Nous avancerons ainsi progressivement dans les livres II à V où se développe avec le plus de netteté cette interrogation, avant que les livres centraux n'aborde la question cruciale de l'éducation du philosophe.

Ce blog accueillera les différentes séances : il renverra, le cas échéant, aux textes étudiés mis en ligne sur le site principal de l'Université conventionnelle.

Présentations du cours


« Voulez-vous prendre une idée de l’éducation publique ? Lisez la République de Platon. Ce n’est point un ouvrage de politique, comme le pensent ceux qui ne jugent des livres que par leur titre. C’est le plus beau traité d’éducation qu’on ait jamais fait. Quand on veut renvoyer au pays des chimères, on nomme l’institution de Platon. Si Lycurge n’eût mis la sienne que par écrit, je la trouverais bien plus chimérique. Platon n’a fait qu’épurer le cœur de l’homme, Lycurge l’a dénaturé. » Rousseau, Emile livre I.


Notice du cours (2008-2009)
Le présent cours entend guider l’auditeur dans une lecture méthodique de l’œuvre de Platon. Si nous espérons pouvoir à cette occasion partager le plaisir que donne encore ce texte indémodable, il s’agira également pour nous d’y méditer le paradoxe que décrit Rousseau au début de son Emile.

Les hommes sérieux tiennent en effet souvent la politique pour un art subtil où les idées embarrassent. Le « réalisme » courant vante ainsi à peu de frais le pragmatisme et le scepticisme des hommes d’action, tout en riant de l’aveuglement des penseurs, perdus dans la recherche des principes. Sous ce rapport, la cité idéale de Platon a acquis en quelque sorte la réputation de symbole : germe de toutes les utopies, ne fait-on pas d’elle désormais le ferment de toutes les dérives meurtrières ? L’air est bien connu.

Pourtant, le spectacle du monde, toujours renouvelé, témoigne assez de l’impuissance des hommes de gouvernement pour éveiller l’attention. Car l’illusion du politique consiste justement à croire qu’on peut instituer l’ordre et la justice sans s’occuper de former des hommes aimant réellement ceux-ci, qu’une réforme ou une révolution, en somme, dispensent d’éduquer. Cette indifférence, en laissant dégénérer les sociétés jusqu’à la pure barbarie, prépare alors le retour des tyrans.

Mais parce que Platon n’explique le mal universel que par le jeu des passions en l’individu même, au mépris des analyses de conjonctures, il nous invite surtout à comprendre que nulle paix ne se fera entre les hommes si l’on ne sait d’abord faire la paix en soi. En ce sens, la pensée et le dialogue constitueraient la vraie puissance et la vraie politique.

De là cette absence de respect propre à l’examen socratique, qui, bousculant toutes les institutions (État, famille, armée…), entend surtout dégager l’esprit de la fascination pour les affaires communes, et lui ouvrir la voie de l’ironie et de la liberté.

Le cours s’appuiera sur des extraits choisis que vous trouverez dans la partie du site lui étant réservée. S’y ajouteront progressivement des éléments de plan et d’analyse, dans
la section outils.

Les séances se dérouleront au lycée Dorian, par quinzaine. N’hésitez pas à vérifier leur fréquence dans la section
agenda.

Pour écouter les cours, rendez-vous à la séance correspondante. ou à la page dédiée aux téléchargement.




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