Un atelier de lecture de l'Université conventionnelle animé par Nicolas Franck

Mercredi 24 mars 2010 de 20h à 22h, au Lycée Dorian, 74, avenue Philippe-Auguste, Paris XI.
L'entrée est libre et gratuite.
Cette séance portera sur les paragraphes 19 à 29 de la deuxième partie.


Puisque la "jeunesse du monde" est une période d'équilibre et de bonheur, il faut une rupture extérieure pour qu'elle prenne fin. C'est à l'agriculture et à la métallurgie qu'il revient de causer cette "grande révolution" qui est à l'origine de la propriété et de la division du travail.

Dans ces quelques pages, se concentrent toutes les thèses de Rousseau sur les sociétés humaines et s'explique la distinction qu'il a introduite dans son titre entre l'origine et les fondements de l'inégalité.

Nous verrons alors que la distinction entre riches et pauvres ne doit rien au mérite des uns et à la paresse des autres et que l'institution de l'héritage n'est que le moyen de prolonger indéfiniment une injustice initiale.

Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Lundi 22 Mars 2010 à 21:42

Mercredi 10 mars 2010 de 20h à 22h, au Lycée Dorian, 74, avenue Philippe-Auguste, Paris XI.
L'entrée est libre et gratuite.


Huitième séance - Mérite-t-on son mérite?
La discussion animée qui a suivi la précédente séance nous a conduit à comparer le salaire d'un trader et celui d'un prof de philo (je ne suis pas à l'origine de ce rapprochement) et à nous interroger sur les raisons qui font que le premier gagne environ 1000 fois plus que le second. Comme aucune de ces raisons ne nous a paru raisonnable, nous nous sommes demandés ce qu'est le mérite. C'est cette question que nous allons approfondir lors de cette huitième séance, en suspendant provisoirement la lecture de Rousseau, que cette digression nous permettra de mieux retrouver.

Le mérite semble être un principe essentiel de justice, puisqu'il consiste à rendre à chacun ce qui lui revient, "ce qu'il mérite" dit-on justement. De même que l'élève mérite sa note, un coupable mérite sa peine. Il semble de ce point de vue qu'une société méritocratique, qui choisit de fonder les distinctions sociales sur le mérite plutôt que sur la naissance, sur le travail de chacun plutôt que sur l'héritage soit un idéal rationnel.

Fonder un ordre social sur le mérite de chacun suppose cependant:

1- que l'on soit d'accord sur les critères du mérite: cela engage une réflexion morale, mais on risque alors de sortir du champ politique. Ce qui intéresse une société ce n'est pas que celui qui exerce une charge l'ait méritée, c'est qu'il soit compétent et peu importent les raisons de cette compétence.

2- que l'on soit capable de mesurer l'apport de chacun à l'œuvre commune, ce qui est à peu près impossible (nous en avions déjà un peu parlé lors de la première séance).

Faut-il alors renoncer à l'idée de mérite?

C'est à cette difficile question que nous tâcherons de répondre mercredi 10 mars.

Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Lundi 8 Mars 2010 à 16:14

Mercredi 10 février 2010 de 20h à 22h, au Lycée Dorian, 74, avenue Philippe-Auguste, Paris XI.
Cette séance portera sur les paragraphes 1 à 18 de la deuxième partie.


La deuxième partie du Discours commence par un coup de théâtre: un dialogue entre le premier propriétaire "ayant enclos un terrain" et un sage, bienfaiteur de l'humanité qui empêche cet acte "fondateur de la société civile" et avec elle d'un cortège "de crimes, de guerres, de meurtres, (...) de misères et d'horreurs". Cette fiction a pour fonction de tracer le programme à suivre dans cette première partie: nous devons comprendre comment cet acte fondateur est possible et pourquoi il est devenu nécessaire.

Nous remplirons cette tâche que nous assigne Rousseau en continuant de suivre fidèlement l'exposé du Discours.

Nous passerons assez vite sur les premiers paragraphes de cette seconde partie, pour nous concentrer sur le portrait que Rousseau trace de ce qu'il appelle "la jeunesse du monde", période en apparence contradictoire puisqu'elle est à la fois "l'époque la plus heureuse et la plus durable" du développement des facultés humaines et celle pendant laquelle "les vengeances devinrent terribles, et les hommes sanguinaires et cruels", celle qui marqua "le premier pas vers l'inégalité et vers le vice en même temps", qui "produisit enfin des composés funestes au bonheur et à l'innocence".

Ces contradictions apparentes s'expliquent par le développement de l'amour-propre, le désir d'être reconnu et distingué, c'est-à-dire par l'apparition de l'individu, qui ne peut exister que contre l'espèce.

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Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Mardi 9 Février 2010 à 18:29
Grippé, ou à peu près, je suis obligé d'annuler la séance du 27 janvier. Je vous prie de m'en excuser.

Nous retrouverons Rousseau le 10 février.
Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Lundi 25 Janvier 2010 à 20:31

Mercredi 13 janvier 2010 de 20h à 22h, au Lycée Dorian, 74, avenue Philippe-Auguste, Paris XI.
Cette séance portera sur les paragraphes 34 à 38 de la première partie.


Après avoir fait le portrait de l'homme physique et l'avoir regardé "par le côté métaphysique", nous le considérerons lors cette séance sous son aspect moral, en nous demandant quel sens il peut y avoir à parler de morale dans l'état de nature où les hommes n'ont aucun rapport entre eux.

Cette morale est fondée sur deux principes: l'amour de soi et la pitié, principes naturels et antérieurs à toute réflexion. Dans la Préface du Discours, Rousseau avait présenté la découverte de la pitié comme le résultat principal de sa recherche: combinée à l'amour de soi, elle est à l'origine de "toutes les règles du droit naturel". Il affirme ici que, de cette vertu naturelle, "découlent toutes les vertus sociales". Quel est l'enjeu de cette fondation de la morale sur des sentiments antérieurs à la raison? Si la raison est la faculté qui permet à l'homme d'échapper à la subjectivité de ses affections et d'atteindre à l'universel, n'y a-t-il pas un risque à proposer des maximes morales qui s'en défient?

Car la pitié, passion triste pour Spinoza, est généralement critiquée par les philosophes. Cicéron par exemple, reprenant la tradition stoïcienne, écrit dans les Tusculanes: "comme la pitié est un chagrin né des malheurs d'autrui, la jalousie est un chagrin qu'on a de la prospérité d'autrui. Or, la jalousie ne se rencontre pas chez le sage; donc la pitié non plus". De même Alain: "Il y a une bonté qui assombrit la vie , une bonté qui est tristesse, que l'on appelle communément pitié, et qui est un des fléaux humains". Comment comprendre alors l'importance et le prix que lui donne Rousseau?

C'est en comprenant, contre Hobbes, que l'homme est bon naturellement que nous pourrons répondre à cette question, en évitant, évidemment, les contresens les plus communs, qui prêtent à Rousseau une naïveté ou un idéalisme d'enfant.

Notons enfin qu'en fondant la morale dans la sensibilité, Rousseau fait droit à une approche morale des relations entre les hommes et les animaux, ce qui est difficile, voire impossible si l'on fonde la morale sur la raison.

C'est en traitant ces questions que nous commencerons la nouvelle année, que je vous souhaite belle, heureuse et... rousseauiste!

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Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Dimanche 10 Janvier 2010 à 18:01

Mercredi 16 décembre 2009 de 20h à 22h, au Lycée Dorian, 74, avenue Philippe-Auguste, Paris XI.
Cette séance portera sur les paragraphes 24 à 33 de la première partie.


Dans une apparente digression sur le langage, Rousseau confirme la thèse déjà établie par sa réflexion sur la perfectibilité et l'homme physique: la nature n'a pas préparé l'homme à vivre en société, il n'y a pas de sociabilité naturelle.

L'apparente difficulté de ce passage est liée à "l'embarras de l'origine des langues". Cet embarras peut se ramener à deux cercles ainsi formulés par Blaise Bachofen et Bruno Bernardi: "1°il faut avoir institué une société pour parler, or il faut parler pour instituer une société; 2°il faut penser pour parler, or, il faut parler pour penser".

Nous essayerons de comprendre ces deux cercles, qui ont conduit la Société Linguistique de Paris, dans ses statuts de 1866, à disposer que « La Société n’admet aucune communication concernant, soit l’origine du langage, soit la création d’une langue universelle. »

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Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Mercredi 16 Décembre 2009 à 08:19

Mercredi 2 décembre 2009 de 20h à 22h, au Lycée Dorian, 74, avenue Philippe-Auguste, Paris XI.
Cette séance portera sur les paragraphes 15, 16 et 17 de la première partie.


Du point de vue physique, l'homme naturel est un individu robuste, solitaire et oisif; il est "comme les animaux, qui pensant peu, dorment, pour ainsi dire, tout le temps qu'il ne pensent point", bref il vit dans une "condition animale" (§19). Pourtant, si physiquement il est comme un animal, l'homme naturel n'en est pas un. Rousseau doit donc montrer ce qui constitue la différence spécifique de l'homme: puisqu'elle n'est pas physique, elle ne peut être que métaphysique.

Cette quatrième séance examinera les caractères spécifiques de l'homme. Récusant l'opposition traditionnelle de la raison et de l'instinct, Rousseau montre que le propre de l'homme est la liberté. Celle-ci ne peut être pas définie comme pouvoir d'être l'auteur de ses actions,(ne sommes-nous pas soumis à un déterminisme naturel? nos actions n'ont-elles pas toujours un motif?), Rousseau la comprend radicalement comme indétermination essentielle: l'homme n'est fait pour rien, il n'est pas destiné à développer sa raison, à parler, à inventer, il en est seulement capable. Pour nommer cette faculté spécifiquement humaine de développer "successivement toutes les autres", Rousseau crée un néologisme: la perfectibilité.

D'une certaine façon cette attribution à l'homme de la responsabilité de sa liberté est un lieu commun de la pensée humaniste; on lit ainsi dans Le discours sur la dignité de l'homme de Pic de la Mirandole ces paroles du créateur: "Si nous ne t’avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, c’est afin que, doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aura eu ta préférence. Tu pourras dégénérer en formes inférieures, qui sont bestiales ; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures, qui sont divines".

Mais au lieu d'admirer cette prérogative et de s'en réjouir, comme le font les hommes de la Renaissance et, après eux, les philosophes des Lumières, Rousseau semble la déplorer: sans elle l'homme "coulerait des jours tranquilles et innocents". Ce paradoxe ne fait que rendre compte d’une énigme, l’énigme étrange et surtout cruelle d’une espèce que sa dotation même expose à une misère épargnée à toutes les autres.

Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Dimanche 29 Novembre 2009 à 21:16
La forme du dos n’est pas fort différente dans l’homme de ce qu’elle est dans plusieurs animaux quadrupèdes, la partie des reins est seulement plus musculeuse et plus forte, mais les fesses qui sont les parties les plus inférieures du tronc, n’appartiennent qu’à l’espèce humaine, aucun des animaux quadrupèdes n’a de fesses ; ce que l’on prend pour cette partie sont leurs cuisses. L’homme est le seul qui se soutienne dans une situation droite et perpendiculaire ; c’est à cette position des parties inférieures qu’est relatif ce renflement au haut des cuisses qui forme les fesses.

Buffon, Histoire naturelle de l'homme, in Oeuvres, Pléiade, p. 254.
Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Dimanche 15 Novembre 2009 à 20:52

Il faut répondre à l'objection du §2 de la préface: comment connaître l'homme de la nature alors que la réflexion nous éloigne de lui? comment se connaître soi-même, alors que nous sommes déformés par les passions sociales? La méthode que Rousseau suit dans le Discours est la "méditation". Celle-ci ne consiste pas en une rêverie désordonnée, dépendante des circonstances ou d'une inspiration capricieuse, elle est un véritable exercice intellectuel et moral. Intellectuel, parce qu'elle exige qu'on dépouille "l'homme de l'homme" de tout ce qui est en lui artificiel. Moral, parce que cet homme c'est nous-même et que nous nous transformons en même temps que nous travaillons à répondre à cette question.


(...) ce fut, je pense, en cette année 1753, que parut le programme de l'Académie de Dijon sur l'Origine de l'inégalité parmi les hommes. Frappé de cette grande question, je fus surpris que cette académie eût osé la proposer; mais puisqu'elle avait eu ce courage, je pouvais bien avoir celui de la traiter, et je l'entrepris.
Pour méditer à mon aise ce grand sujet, je fis à Saint-Germain un voyage de sept ou huit jours, avec Thérèse, notre hôtesse, qui était une bonne femme, et une de ses amies. Je compte cette promenade pour une des plus agréables de ma vie. Il faisait très beau; ces bonnes femmes se chargèrent des soins et de la dépense; Thérèse s'amusait avec elles; et moi, sans souci de rien, je venais m'égayer sans gêne aux heures des repas. Tout le reste du jour, enfoncé dans la forêt, j'y cherchais, j'y trouvais l'image des premiers temps, dont je traçais fièrement l'histoire; je faisais main basse sur les petits mensonges des hommes; j'osais dévoiler à nu leur nature, suivre le progrès du temps et des choses qui l'ont défigurée, et comparant l'homme de l'homme avec l'homme naturel, leur montrer dans son perfectionnement prétendu la véritable source de ses misères. Mon âme, exaltée par ces contemplations sublimes, s'élevait auprès de la Divinité; et voyant de là mes semblables suivre, dans l'aveugle route de leurs préjugés, celle de leurs erreurs, de leurs malheurs, de leurs crimes, je leur criais d'une faible voix qu'ils ne pouvaient entendre: Insensés, qui vous plaignez sans cesse de la nature, apprenez que tous vos maux vous viennent de vous!
De ces méditations résulta le Discours sur l'Inégalité.

Confessions VIII, O.C., I, p. 388-389.



Mais il faut se garder de confondre ces promenades dans la forêt de Saint-Germain comme l'occasion de trouver son inspiration au sein d'une nature non altérée par l'homme: ce que Rousseau voit dans la nature, ce ne sont pas des arbres ou des animaux, mais l'homme. Il a besoin de retraite pour se retrouver lui-même. Une lettre adressée à Sophie d'Houdetot permet de le comprendre.


Quand je vois chacun de nous, sans cesse occupé de l'opinion publique, étendre pour ainsi dire son existence tout autour de lui, sans en conserver presque rien dans son propre cœur, je crois voir un petit insecte former de sa substance une grande toile par laquelle seule il paraît sensible, tandis qu'on le croirait mort dans son trou. La vanité de l'homme est la toile d*araignée qu'il tend surtout ce qui l'environne; l'une est aussi solide que l'autre ; le moindre fil qu'on touche met l'insecte en mouvement; il mourrait de langueur si on laissait la toile tranquille ; et si d'un doigt on la déchire.
il achève de s'épuiser plutôt que de ne la pas refaire à l'instant. Commençons par redevenir nous, par nous concentrer en nous, par circonscrire notre âme des mêmes bornes que la nature a données à notre être; commençons en un mot par nous rassembler où nous sommes, afin qu'en cherchant à nous connaître, tout ce qui nous compose vienne à la fois se présenter à nous. Pour moi, je pense que celui qui sait le mieux en quoi consiste le moi humain est le plus près de la sagesse ; et que comme le premier trait d'un dessin se forme des lignes qui le terminent, la première idée de l'homme est de le séparer de tout ce qui n'est pas lui.
Mais comment se fait cette séparation ? Cet art n'est pas si difficile qu'on pourrait croire ; il dépend plus de la volonté que des lumières; il ne faut point un appareil d'études et de recherches pour y parvenir. Le jour nous éclaire, et le miroir est devant nous; mais pour le voir, il y faut jeter les yeux; et le moyen de les y fixer est d'écarter les objets qui nous en détournent. Recueillez-vous, cherchez la solitude : voilà d'abord tout le secret, et par celui-là seul on découvre bientôt les autres.
Pensez-vous en effet que la philosophie nous apprenne à rentrer en nous-mêmes? Ahl combien l'orgueil sous son nom nous en écarte. C'est tout le contraire, ma charmante amie : il faut commencer par rentrer en soi pour philosopher.
Ne vous effrayez pas, je vous conjure : je n'ai pas dessein de vous reléguer dans un cloître, et d'imposer à une femme du monde une vie d'anachorète. La solitude dont il s'agit est moins de faire fermer votre porte. OU de rester dans votre appartement, que de tirer votre âme de la presse, comme disait Tabbé Terrasson, et de la fermer d'abord aux passions étrangères qui l'assaillent è chaque instant. Mais l'un de ces moyens peut aider à l'autre, surtout au commencement : ce n'est pas l'affaire d'un jour, de savoir être seul au milieu du monde; et après une si longue habitude d'exister dans tout ce qui vous entoure, le recueillement de votre cœur doit commencer par celui de vos sens. Vous aurez d'abord assez à faire à contenir votre imagination, sans être obligée encore de fermer vos yeux et vos oreilles. Eloignez les objets qui doivent vous distraire, jusqu'à ce que leur présence ne vous distraise plus. Alors, vivez sans cesse au milieu d'eux : vous saurez bien, quand il le faudra, vous y retrouver avec vous. Je ne vous dis donc point : quittez la société. Je ne vous dis pas même : renoncez à la dissipation et aux vains plaisirs du monde. Mais je vous dis : apprenez à être seule sans ennui. Vous n'entendrez jamais la voix de la nature, vous ne vous connaîtrez jamais sans cela.
Ne craignez pas que l'exercice de courtes retraites vous rende taciturne et sauvage, et vous détache des habitudes auxquelles vous ne voudriez pas renoncer. Au contraire, elles ne vous en seront que plus douces.
Quand on vit seul, on en aime mieux les hommes, un tendre intérêt nous rapproche d'eux, l'imagination nous montre la société par ses charmes, et l'ennui même de la solitude tourne au profit de l'humanité. Vous gagnerez doublement par le goût de cette vie contemplative : vous y trouverez plus d'attachement pour ce qui vous est cher tant que vous l'aurez, et moins de douleur à le perdre quand vous en serez privée.

Lettres Morales, Lettre VI, O.C., IV, p. 1112-1113


Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Dimanche 15 Novembre 2009 à 17:25

Mercredi 18 novembre 2009 de 20h à 22h, au Lycée Dorian, 74, avenue Philippe-Auguste, Paris XI.
Cette séance portera sur les treize premiers paragraphes de la première partie.


Après avoir montré pourquoi Rousseau reformulait la question posée par l'Académie de Dijon, nous entrons maintenant dans le développement à proprement parler: quelle est la nature de l'homme? La première partie du Discours construit la fiction théorique de l'homme naturel. Rousseau l'envisage de trois points de vue:
- physique (§§ 1 à 14);
- métaphysique (§§ 15 à 33)
- moral (§§ 34 à 45).

Lors de cette troisième séance, nous étudierons "l'homme physique". Rousseau pose les principes de l'état de nature (fertilité naturelle de la terre et dispersion des hommes parmi les autres êtres vivants) et en déduit le portrait physique de l'homme naturel: il est robuste, indépendant, ni agressif, ni craintif, n'est pas plus mis en danger par l'enfance et la vieillesse, ces "infirmités naturelles", que ne le sont les animaux et n'a rien à craindre des maladies, qui n'apparaissent qu'avec la vie en société.

Ce portrait physique de l'homme naturel dessine paradoxalement un idéal de vie en autarcie, qui est pour Rousseau un idéal de sagesse: "être toujours prêt à tout événement, et (...) se porter, pour ainsi dire, toujours tout entier avec soi".

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Nicolas Franck
Rédigé par Nicolas Franck le Dimanche 15 Novembre 2009 à 11:29
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