Euthyphron : (...) Enfin, apprends moi par quels actes d'après ses dires Mélétos t'accuse-t-il de corrompre la jeunesse.
Socrate : Des actes, merveilleux Euthyphron, dont le seul énoncé suffit en vérité à déconcerter l'auditeur! Il déclare que je suis faiseur de divinités : je fabrique des divinités nouvelles et je ne crois pas aux anciennes ; c'est là, à ce qu'il prétend le motif même de l'action qu'il m'a intenté.
Euthyphron : Je vois Socrate! Il s'agit en somme de ce signe démonique qui, dis-tu, se produit à l'occasion de temps à autre. C'est donc comme à un novateur en matière religieuse qu'il a contre toi intenté cette accusation, et dans l'intention évidente de te calomnier, il vient à la barre du tribunal, sachant fort bien qu'auprès de la multitude, ces sortes de calomnies sont faciles à accréditer. Il est bien certain en effet, que de moi, elle se gausse comme d'un fou, quand, dans l'assemblée du peuple, je traite quelque question d'ordre religieux et lui prédis ce qui arrivera ; et pourtant, il n'y a pas une seule de mes prédictions qui ne soit véridique ; et bien! Cela n'empêche as la multitude d'être jalouse des homme de notre sorte! Mais notre devoir est de ne faire aucun sort de ces jugements, et d'aller de l'avant!
Socrate : Que l'on se gausse de nous ; cher Euthyphron, ce n'est peut-être nullement une affaire! Les athéniens, vois-tu, cela leur est, à mon avis, parfaitement égal que l'on ait, à leurs yeux, quelques talents, pourvu qu'on ne se pose pas en professeur de son propre savoir ; mais contre celui qui, à leurs yeux, prétendrait en rendre d'autres pareils à lui, contre lui ils s'emportent, que ce soit en effet par jalousie comme tu le dis, ou bien por quelques autres raisons.
Socrate : Des actes, merveilleux Euthyphron, dont le seul énoncé suffit en vérité à déconcerter l'auditeur! Il déclare que je suis faiseur de divinités : je fabrique des divinités nouvelles et je ne crois pas aux anciennes ; c'est là, à ce qu'il prétend le motif même de l'action qu'il m'a intenté.
Euthyphron : Je vois Socrate! Il s'agit en somme de ce signe démonique qui, dis-tu, se produit à l'occasion de temps à autre. C'est donc comme à un novateur en matière religieuse qu'il a contre toi intenté cette accusation, et dans l'intention évidente de te calomnier, il vient à la barre du tribunal, sachant fort bien qu'auprès de la multitude, ces sortes de calomnies sont faciles à accréditer. Il est bien certain en effet, que de moi, elle se gausse comme d'un fou, quand, dans l'assemblée du peuple, je traite quelque question d'ordre religieux et lui prédis ce qui arrivera ; et pourtant, il n'y a pas une seule de mes prédictions qui ne soit véridique ; et bien! Cela n'empêche as la multitude d'être jalouse des homme de notre sorte! Mais notre devoir est de ne faire aucun sort de ces jugements, et d'aller de l'avant!
Socrate : Que l'on se gausse de nous ; cher Euthyphron, ce n'est peut-être nullement une affaire! Les athéniens, vois-tu, cela leur est, à mon avis, parfaitement égal que l'on ait, à leurs yeux, quelques talents, pourvu qu'on ne se pose pas en professeur de son propre savoir ; mais contre celui qui, à leurs yeux, prétendrait en rendre d'autres pareils à lui, contre lui ils s'emportent, que ce soit en effet par jalousie comme tu le dis, ou bien por quelques autres raisons.