un atelier de philosophie de l'Université conventionnelle animé par Jean-Michel Muglioni


La séance aura lieu au lycée Dorian, le 24 novembre 2010, de 19h30 à 21h30. L'entrée est libre et gratuite.


Rappel du cours du 10 novembre

Nous avons commencé une réflexion sur la révolution copernicienne pour montrer quelle différence il y a entre un savoir réellement compris et un pseudo-savoir. Ce faux savoir est le nôtre lorsque nous répétons les résultats d’une science sans être capables d’en rendre raison.

Premier exemple traité : dire qu’avec Copernic et Galilée, on passage du géocentrisme à l’héliocentrisme risque faire contre sens. Il n’est pas vrai que cette découverte, du moins telle qu’elle a été comprise à partir de Galilée, se réduise à un changement de centre : il en résulte au contraire qu’il n’y a plus de centre du monde. La signification de la position centrale du soleil dans ce qu’on appelle le système solaire n’a rien de commun avec la position centrale de la terre dans l’astronomie et les cosmologies antiques et médiévales.
Cf. la célèbre pensée de Pascal dans la page des citations.

Du même coup, nous l’avons vu, le rapport de l’homme au monde est complètement bouleversé (et certes ce qui est présenté ainsi comme une rupture brusque n’a pu être accompli qu’en plusieurs siècles : les conséquences de cette « révolution » ne sont pas apparues toutes en même temps).

Annonce pour le 24 novembre

Je vais le 24 novembre revenir sur la transformation du rapport de l’homme au monde qui résulte de la nouvelle astronomie. Nous avons déjà vu qu’elle abolit la différence du céleste et du terrestre : le ciel perd son caractère divin et n’est plus fait que de feux et de terres, comme le disaient les matérialistes antiques, Démocrite ou Epicure. L’astronomie peut maintenant devenir une astrophysique.

Pour remplir le programme annoncé, qui est de comprendre pour quelles raisons les astronomes ont fini par trouver le géocentrisme insuffisant, et sur quoi se fonde la nouvelle astronomie, il faudra rappeler quelques éléments simples de cosmographie : que voit-on lorsqu’on regarde le ciel la nuit ? Et comment a-t-on pu se repérer au milieu de tant de point lumineux, et suivre leurs mouvements ? Il faut l’œil et la géométrie.

La description du ciel et la découverte de l’ordre et de la régularité qui y règnent ont permis de s’étonner du désordre et de l’irrégularité du mouvement des quelques astres qu’on a pour cette raison appelé planètes, ce qui veut dire en grec « errant ». Alors se pose le problème du mouvement des planètes.

Nous esquisserons la solution de ce problème donnée par Ptolémée (et les épicycles qui avaient déjà été proposés par Hipparque) et nous reviendrons sur le sens de l’astronomie antique à partir de quelques mots célèbres de Simplicius (voir la page des citations).
Alors nous pourrons passer à Copernic et Galilée. Pour cela nous partirons des quelques lignes d’Alain qui figurent aussi dans la liste des citations mise en ligne. C’est à partir delà que nous comprendrons pourquoi on en est venu à dire que la terre elle-même était une planète et qu’elle tournait autour du soleil.

Un rapide examen de la découverte des phases de Venus nous permettra de bien comprendre quel changement a lieu alors dans le sens même des mathématiques. La géométrie n’est pas du tout utilisée par Galilée comme par les astronomes antiques. Nous aurons donc (mais sans doute une autre fois, à voir comment ce nouvel usage des mathématiques a permis la naissance de la physique moderne, expérimentale parce que mathématique).

Nous examineront les tenants et les aboutissants de l’invention par Galilée de la lunette astronomique.
Il conviendra aussi de voir comment le principe de l’inertie signifie lui aussi l’éclatement du monde.
Nous examinerons à très gros traits les conséquences de cette révolution dans le rapport de l’homme au monde sur son orientation : car notre orientation dans le temps et dans l’espace repose sur ce que nous voyons dans le ciel. L’orient, c’est le point du ciel où le soleil se lève : il faut le soleil, le jour, et les étoiles la nuit, pour s’orienter dans l’espace. La régularité du mouvement des astres permet seule de constituer un calendrier qui rythme la vie des travaux et des fêtes, de l’économie et de la politique. Il est donc inévitable qu’un bouleversement dans la conception astronomique de l’univers entraîne un bouleversement dans l’orientation de l’homme dans le monde – et peut-être même ce bouleversement le désoriente-t-il, puisque c’en est fini, nous l’avons déjà vu, mais très vite, de la « sagesse du monde ». Il est devenu impossible de trouver dans le monde compris comme cosmos, c’est-à-dire ordre et beauté, le modèle pour l’âme et la cité de l’ordonnance et de l’harmonie qui fait leur bonheur.



La révolution copernicienne (2), le 24 novembre 2010

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Jean-Michel Muglioni
Rédigé par Jean-Michel Muglioni le Vendredi 19 Novembre 2010 à 11:25




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