|
|
un atelier de lecture animé par Jean-Michel Muglioni
Séances
Le cours se tiendra le mercredi 28 mars 2012, de 19h30 à 21h30, à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12. L'entrée est libre et gratuite.
Nous cherchons ce que c’est qu’un concept. Notre réflexion porte sur la nature de l’unité qui fait qu’un concept est un concept, c’est-à-dire rassemble sous lui une diversité de représentations.Après avoir compris en quel sens on pouvait parler d’une unité sensible, nous allons par la lecture de quelques pages de Rousseau mises en ligne la semaine dernière, comprendre que l’unité que nous cherchons est intellectuelle et comme telle irréductible au sensible.
Voici la manière dont Kant rendait compte de la même idée à ses étudiants dans son cours de Logique :
KANT, Logique, Chapitre 1. Des concepts, (Vrin 102 sq. traduction Guillermit. Remarque.)
§ 6. Acte logique de comparaison, de réflexion et d’abstraction.
Les actes logiques de l’entendement qui produisent les concepts selon la forme sont :
1/ la comparaison (Comparation) c’est-à-dire la confrontation (Vergleichung) des représentations entre elles en relation avec l’unité de la conscience.
2/ la réflexion (Reflexion) c’est-à-dire la prise en considération (Ueberlegung) de la manière dont diverses représentations peuvent être saisies (begriffen) dans une conscience.
3/ enfin l'abstraction, (Abstraction) ou la séparation (Absonderung) de tout ce en quoi pour le reste les représentations données se distinguent.
Remarque.
1/ Pour faire des concepts à partir de représentations, il faut donc comparer, réfléchir et abstraire, car ces trois opérations logiques de l’entendement sont les conditions générales et essentielles de production de tout concept en général. - Par exemple, je vois un pin, un saule et un tilleul. En comparant tout d’abord ces objets entre eux, je remarque qu’ils diffèrent les uns des autres au point de vue du tronc, des branches, des feuilles, etc.… ; mais si ensuite je réfléchis uniquement à ce qu’ils ont de commun entre eux, le tronc, les branches et les feuilles-mêmes et si je fais abstraction de leur taille, de leur configuration, etc. j’obtiens un concept d’arbre.
2/ On n’emploie pas toujours correctement en logique le terme : abstraction. Nous ne devons pas dire abstraire quelque chose (abstrahere aliquid), mais abstraire de quelque chose (abstrahere ab aliquo). Si par exemple dans un drap écarlate je pense uniquement la couleur rouge, je fais abstraction du drap ; si je fais en outre abstraction de ce dernier en me mettant à penser l’écarlate comme une substance matérielle en général, je fais abstraction d’encore plus de déterminations, et mon concept est devenu par là encore plus abstrait. Car plus on écarte d’un concept de caractères distinctifs des choses, c’est-à-dire plus on en abstrait de déterminations, plus le concept est abstrait. C’est donc abstrayants (conceptus abstrahentes) qu’on devrait nommer les concepts abstraits, c’est-à-dire ceux dans lesquels davantage d’abstractions ont eu lieu. Ainsi par exemple le concept de corps n’est pas à proprement parler un concept abstrait ; car du corps lui-même je ne peux faire abstraction, puisque dans ce cas je n’en aurais pas le concept. Mais il faut bien que je fasse abstraction de la taille, de la couleur, de la dureté ou de la fluidité, bref de toutes les déterminations spéciales des corps particuliers. – Le concept le plus abstrait est celui qui n’a rien de commun avec ceux qui diffèrent de lui. C’est le concept de quelque chose (Etwas) ; car le concept qui s’en distingue est celui de rien (Nichts) et il n’a donc rien de commun avec le quelque chose.
3/ L’abstraction n’est que la condition négative qui permet la production de représentations à valeur universelle ; la condition positive, c’est la comparaison et la réflexion. Car l’abstraction ne fait naître aucun concept ; - l’abstraction ne fait que l’achever et l’enfermer dans les limites déterminées qui sont les siennes.
Voici la manière dont Kant rendait compte de la même idée à ses étudiants dans son cours de Logique :
KANT, Logique, Chapitre 1. Des concepts, (Vrin 102 sq. traduction Guillermit. Remarque.)
§ 6. Acte logique de comparaison, de réflexion et d’abstraction.
Les actes logiques de l’entendement qui produisent les concepts selon la forme sont :
1/ la comparaison (Comparation) c’est-à-dire la confrontation (Vergleichung) des représentations entre elles en relation avec l’unité de la conscience.
2/ la réflexion (Reflexion) c’est-à-dire la prise en considération (Ueberlegung) de la manière dont diverses représentations peuvent être saisies (begriffen) dans une conscience.
3/ enfin l'abstraction, (Abstraction) ou la séparation (Absonderung) de tout ce en quoi pour le reste les représentations données se distinguent.
Remarque.
1/ Pour faire des concepts à partir de représentations, il faut donc comparer, réfléchir et abstraire, car ces trois opérations logiques de l’entendement sont les conditions générales et essentielles de production de tout concept en général. - Par exemple, je vois un pin, un saule et un tilleul. En comparant tout d’abord ces objets entre eux, je remarque qu’ils diffèrent les uns des autres au point de vue du tronc, des branches, des feuilles, etc.… ; mais si ensuite je réfléchis uniquement à ce qu’ils ont de commun entre eux, le tronc, les branches et les feuilles-mêmes et si je fais abstraction de leur taille, de leur configuration, etc. j’obtiens un concept d’arbre.
2/ On n’emploie pas toujours correctement en logique le terme : abstraction. Nous ne devons pas dire abstraire quelque chose (abstrahere aliquid), mais abstraire de quelque chose (abstrahere ab aliquo). Si par exemple dans un drap écarlate je pense uniquement la couleur rouge, je fais abstraction du drap ; si je fais en outre abstraction de ce dernier en me mettant à penser l’écarlate comme une substance matérielle en général, je fais abstraction d’encore plus de déterminations, et mon concept est devenu par là encore plus abstrait. Car plus on écarte d’un concept de caractères distinctifs des choses, c’est-à-dire plus on en abstrait de déterminations, plus le concept est abstrait. C’est donc abstrayants (conceptus abstrahentes) qu’on devrait nommer les concepts abstraits, c’est-à-dire ceux dans lesquels davantage d’abstractions ont eu lieu. Ainsi par exemple le concept de corps n’est pas à proprement parler un concept abstrait ; car du corps lui-même je ne peux faire abstraction, puisque dans ce cas je n’en aurais pas le concept. Mais il faut bien que je fasse abstraction de la taille, de la couleur, de la dureté ou de la fluidité, bref de toutes les déterminations spéciales des corps particuliers. – Le concept le plus abstrait est celui qui n’a rien de commun avec ceux qui diffèrent de lui. C’est le concept de quelque chose (Etwas) ; car le concept qui s’en distingue est celui de rien (Nichts) et il n’a donc rien de commun avec le quelque chose.
3/ L’abstraction n’est que la condition négative qui permet la production de représentations à valeur universelle ; la condition positive, c’est la comparaison et la réflexion. Car l’abstraction ne fait naître aucun concept ; - l’abstraction ne fait que l’achever et l’enfermer dans les limites déterminées qui sont les siennes.
kant (2)-10.mp3 (28.75 Mo)
Jean-Michel Muglioni
Dimanche 25 Mars 2012
Rubriques
Dernières notes
Archives
analytique
aperception
a posteriori
a priori
Benveniste
bonheur
causalité
concept
cosmique
critique
Descartes
Dieu
empirisme
experience
finalité
humanité
Hume
illusion
langage
Leibnitz
liberté
Locke
logique
mathématique
métaphysique
misologie
moi
moralité
nature
philosophie
platon
psychologie
raison
révolution copernicienne
science
scolastique
substance
synthétique
unité
université
Dernières notes sur le site de l'Université conventionnelle
-
Sensation et réalité, Théétète, 184d
-
L'université Conventionnelle fait son retour!
Après de longues vacances bien méritées, l'Université Conventionnelle reprend ses activités!
Reprise tranquille, pour l'instant, avec un nouvel atelier de philosophie à la Maison des associations du Onzième. Après Aristote, Kant et Hegel, Jean-Michel Muglioni nous proposera en effet de lire avec lui le philosophe Alain.
Plus d'information sur le blog du cours.
-
L'Université Conventionnelle fait son retour!
Bonjour à toutes et à tous,
Après avoir manqué son départ en octobre dernier, j'ai le plaisir de vous annoncer que l'Université Conventionnelle est de retour avec l'année nouvelle!
Septième rentrée donc, pour notre association. Et bien plus qu'un âge de raison, dans les circonstances tragiques qui sont les nôtres aujourd'hui.
Car que pouvons-nous opposer au fanatisme et aux passions haineuses, sinon toujours l'effort de voir clair et sa patience propre? L'instruction n'est pas un luxe, l'école une charge pour la Nation, quand on mesure le gâchis laissé derrière elles par l'ignorance et la bêtise aveugle. En cela l'éducation du peuple reste à faire. À notre petit niveau, nous continuerons donc en 2015, comme en 2014, à lire, à parler et à discuter avec quiconque le souhaitera, en regardant dans les pages des grands auteurs une occasion de se retrouver semblables et frères.
Que réservera donc 2015 à l'université conventionnelle?
Côtés cours, l'atelier de Jean-Michel Muglioni consacré aux beaux-arts et à la pensée de Hegel reprendra mercredi prochain, 21 janvier à 19h30, à la maison des associations du onzième. L'annonce du cours est en ligne. Julien Douçot met en outre la dernière main à un nouvel atelier dont je vous reparlerai bientôt!
Côté jardin, notre site s'est offert une petite remise à neuf, sa page d'accueil s'est allégée, nous espérons que la lisibilité de l'ensemble en sera accrue... Attention toutefois, la peinture est encore fraîche, et quelques derniers réglages interviendront dans les prochains jours.
J'espère pouvoir vous retrouver nombreux et fidèles à l'occasion de cette reprise d'activité, et vous souhaite les meilleures choses pour cette nouvelle année.
Bien amicalement,
Frédéric Dupin
-
L'âme est-elle immortelle ? République X [610a-611a]
-
Trois vies à vivre, trois plaisirs à comparer, République IX [580e-583b]
Galerie