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Un atelier de l'Université conventionnelle animé par Frédéric Dupin autour de la République de Platon
La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 16 février 2021, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.
Nous poursuivrons la lecture du livre VII en avançant dans le plan d'éducation proposé par Platon pour éduquer les philosophes. En effet, s'il faut faire succéder à l'allégorie de la caverne, qui résume et éclaire notre condition à l'égard du savoir, une revue des sciences nécessaires à l'institution d'un esprit libre, c'est qu'on ne peut se limiter à "critiquer" la doxa pour en sortir.
Aucune bonne volonté ne dispense de méthode et de patience. C'est la leçon à tirer du détour par l'étude des mathématiques. L'arithmétique en effet nous a permis de comprendre de quelle sorte sont les idées. La géométrie, de même, doit familiariser l'esprit à juger d'après les lois de l'esprit seul, et non en suivant les indications confuses de la sensibilité.
Notre réflexion sur la géométrie s'appuiera alors particulièrement sur les pages du livre VII courant de 526c à 528a ainsi que sur une page célèbre de Plutarque.
Nous essaierons alors de tirer de cette réflexion sur la géométrie une méditation plus profonde sur l'articulation entre science, politique et technique, notamment en s'appuyant sur la pensée de Simone Weil. Il se peut en effet que l'oubli de la dimension propédeutique de la science, sa vocation à se faire culture, ne soit pas pour rien dans la confusion de notre temps.
Aucune bonne volonté ne dispense de méthode et de patience. C'est la leçon à tirer du détour par l'étude des mathématiques. L'arithmétique en effet nous a permis de comprendre de quelle sorte sont les idées. La géométrie, de même, doit familiariser l'esprit à juger d'après les lois de l'esprit seul, et non en suivant les indications confuses de la sensibilité.
Notre réflexion sur la géométrie s'appuiera alors particulièrement sur les pages du livre VII courant de 526c à 528a ainsi que sur une page célèbre de Plutarque.
Nous essaierons alors de tirer de cette réflexion sur la géométrie une méditation plus profonde sur l'articulation entre science, politique et technique, notamment en s'appuyant sur la pensée de Simone Weil. Il se peut en effet que l'oubli de la dimension propédeutique de la science, sa vocation à se faire culture, ne soit pas pour rien dans la confusion de notre temps.
La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 2 février 2021, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.
Notre commentaire de la caverne achevé, nous allons aborder l'échelle des sciences qui constitue l'éducation du philosophe-roi. Comment former un esprit à penser par lui-même?
Platon ne laisse pas planner de doute : il faut commencer par les mathématiques ; c'est en effet par l'étude des nombres qu'on peut réellement éveiller l'esprit à lui-même. C'est du moins ce que nous essaierons de comprendre en nous interrogeant sur l'idée d'unité, et sur tout ce qui distingue le dénombrement (art aussi général que nécessaire!) du véritable calcul, qui est l'intelligence des relations numériques et des propriétés des nombres.
Platon ne laisse pas planner de doute : il faut commencer par les mathématiques ; c'est en effet par l'étude des nombres qu'on peut réellement éveiller l'esprit à lui-même. C'est du moins ce que nous essaierons de comprendre en nous interrogeant sur l'idée d'unité, et sur tout ce qui distingue le dénombrement (art aussi général que nécessaire!) du véritable calcul, qui est l'intelligence des relations numériques et des propriétés des nombres.
La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 1 décembre 2011, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.
La séance précédente est venue clore notre commentaire de la célèbre allégorie de la caverne. Conçue pour rendre compte de notre condition sous le rapport de l'ignorance et du savoir, elle définit en effet l'instruction comme une certaine manière de détourner son regard du monde de l'opinion, de la doxa.
Cette "conversion" suppose toutefois la permanence d'un désir et d'une passion qui définit le philosophe en propre, et le détourne des affaires publiques. Comment dans ces conditions convaincre les philosophes à gouverner? Sous l'apparent paradoxe de la réponse de Socrate ("il faudra les contraindre à règner"), on pourra voir une invitation à réfléchir sur la passion politique et sur l'ambition.
Il est sans doute en effet de toute nécessité de s'interroger sur les fondements de l'engagement : pourquoi se soucier du monde comme il va, et plus précisément, pourquoi penser que son bonheur dépend de notre capacité à exercer un pouvoir quelconque? Il faudrait s'attacher à distinguer l'arrivisme de la noble ambition, celle du réformateur. En période de pré-campagne présidentielle, n'est-ce pas salutaire?
Cette "conversion" suppose toutefois la permanence d'un désir et d'une passion qui définit le philosophe en propre, et le détourne des affaires publiques. Comment dans ces conditions convaincre les philosophes à gouverner? Sous l'apparent paradoxe de la réponse de Socrate ("il faudra les contraindre à règner"), on pourra voir une invitation à réfléchir sur la passion politique et sur l'ambition.
Il est sans doute en effet de toute nécessité de s'interroger sur les fondements de l'engagement : pourquoi se soucier du monde comme il va, et plus précisément, pourquoi penser que son bonheur dépend de notre capacité à exercer un pouvoir quelconque? Il faudrait s'attacher à distinguer l'arrivisme de la noble ambition, celle du réformateur. En période de pré-campagne présidentielle, n'est-ce pas salutaire?
Séances
La séance aura lieu à la Maison des Associations du onzième, 8 rue du général Renaut, le jeudi 1 décembre 2011, de 20h à 22h. L'entrée est libre et gratuite.
La présente séance achèvera le commentaire de l'allégorie de la caverne commencé avec le nouveau cycle de cours.
On se proposera essentiellement d'y comprendre pourquoi la libération du prisonnier se donne sous la forme d'une contrainte et presque d'une violence faite à soi. Ce sera ainsi l'occasion de réfléchir sur l'éducation et sur l'idée de discipline.
Reprenant toutefois ce que nous avons pu dire de la rhétorique et des "montreurs de prestiges" animant le spectacle au sein de la caverne, on méditera aussi sur le sens politique de cette allégorie. Dans quelle mesure en effet l'instruction véritable est-elle irréductible à l'adaptation sociale? Et que faire d'un savoir alors d'un savoir qui rendrait étranger à ses concitoyens celui qui est instruit?
Enfin, nous conclurons sur le sens qu'il convient à donner à la "doxa", cette opinion qui tout à la fois domine nos pensées et oriente notre regard sur les choses humaines, nous interdisant de les mesurer et de les relativiser à l'aune du spectacle du monde.
On se proposera essentiellement d'y comprendre pourquoi la libération du prisonnier se donne sous la forme d'une contrainte et presque d'une violence faite à soi. Ce sera ainsi l'occasion de réfléchir sur l'éducation et sur l'idée de discipline.
Reprenant toutefois ce que nous avons pu dire de la rhétorique et des "montreurs de prestiges" animant le spectacle au sein de la caverne, on méditera aussi sur le sens politique de cette allégorie. Dans quelle mesure en effet l'instruction véritable est-elle irréductible à l'adaptation sociale? Et que faire d'un savoir alors d'un savoir qui rendrait étranger à ses concitoyens celui qui est instruit?
Enfin, nous conclurons sur le sens qu'il convient à donner à la "doxa", cette opinion qui tout à la fois domine nos pensées et oriente notre regard sur les choses humaines, nous interdisant de les mesurer et de les relativiser à l'aune du spectacle du monde.
Séances
La séance se déroulera au lycée Dorian, de 20h à 22h, le jeudi 17 novembre 2011. L'entrée est libre et gratuite.
La séance précédente nous a permis de travailler l'allégorie de la caverne du point de vue de sa "topographie", et en particulier de réfléchir sur la condition des "prisonniers". Cette nouvelle séance sera consacrée à la question des "marionnettistes", de leur silence, de leur parole, et du feu qui les éclaire, dont nous dirons quelques mots. Nous achèverons ce commentaire par une réflexion sur le sens de l'ascension du philosophe hors de la caverne, et en particulier sur la difficulté, le caractère contraint et violent de cette "libération".
Ayant ainsi caractérisé les différents éléments de l'allégorie, nous pourrons la rattacher à sa fonction dans l'ouvrage : d'une part la caverne résume en effet la question politique du rapport entre la philosophie et la politique, d'autre part elle prépare et annonce la grande réflexion sur l'éducation qui domine le livre VII.
Notre réflexion sur la nature et le rôle des "faiseurs de prestiges" qui animent le théâtre d'ombres de la caverne, et en particulier sur ceux qui parlent, nous conduira à lire et à commenter cette page admirable du Gorgias (456b-456d)
La rhétorique, art universel
GORGIAS
XI. — Que dirais‑tu, si tu savais tout, si tu savais qu’elle embrasse pour ainsi dire en elle-même toutes les puissances. Je vais t’en donner une preuve frappante. J’ai 456b-457c souvent accompagné mon frère et d’autres médecins chez quelqu’un de leurs malades qui refusait de boire une potion ou de se laisser amputer ou cautériser par le médecin. Or tandis que celui-ci n’arrivait pas à les persuader, je l’ai fait, moi, sans autre art que la rhétorique. Qu’un orateur et un médecin se rendent dans la ville que tu voudras, s’il faut discuter dans l’assemblée du peuple ou dans quelque autre réunion pour décider lequel des deux doit être élu comme médecin, j’affirme que le médecin ne comptera pour rien et que l’orateur sera préféré, s’il le veut. Et quel que soit l’artisan avec lequel il sera en concurrence, l’orateur se fera choisir préférablement à tout autre ; car il n’est pas de sujet sur lequel l’homme habile à parler ne parle devant la foule d’une manière plus persuasive que n’importe quel artisan. Telle est la puissance et la nature de la rhétorique.
Ayant ainsi caractérisé les différents éléments de l'allégorie, nous pourrons la rattacher à sa fonction dans l'ouvrage : d'une part la caverne résume en effet la question politique du rapport entre la philosophie et la politique, d'autre part elle prépare et annonce la grande réflexion sur l'éducation qui domine le livre VII.
Notre réflexion sur la nature et le rôle des "faiseurs de prestiges" qui animent le théâtre d'ombres de la caverne, et en particulier sur ceux qui parlent, nous conduira à lire et à commenter cette page admirable du Gorgias (456b-456d)
La rhétorique, art universel
GORGIAS
XI. — Que dirais‑tu, si tu savais tout, si tu savais qu’elle embrasse pour ainsi dire en elle-même toutes les puissances. Je vais t’en donner une preuve frappante. J’ai 456b-457c souvent accompagné mon frère et d’autres médecins chez quelqu’un de leurs malades qui refusait de boire une potion ou de se laisser amputer ou cautériser par le médecin. Or tandis que celui-ci n’arrivait pas à les persuader, je l’ai fait, moi, sans autre art que la rhétorique. Qu’un orateur et un médecin se rendent dans la ville que tu voudras, s’il faut discuter dans l’assemblée du peuple ou dans quelque autre réunion pour décider lequel des deux doit être élu comme médecin, j’affirme que le médecin ne comptera pour rien et que l’orateur sera préféré, s’il le veut. Et quel que soit l’artisan avec lequel il sera en concurrence, l’orateur se fera choisir préférablement à tout autre ; car il n’est pas de sujet sur lequel l’homme habile à parler ne parle devant la foule d’une manière plus persuasive que n’importe quel artisan. Telle est la puissance et la nature de la rhétorique.
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