Nous avons vu l’imagination à l’œuvre dans la perception, soit qu’elle y concoure, par exemple dans la perception d’un dé ou d’une distance, soit qu’elle nous fasse croire que nous voyons le disque lunaire grossi alors que nous ne le voyons pas grossi. Nous allons maintenant suivre la réflexion d’Alain sur l’imagination, qui est sans doute ce qu’il a proposé de plus original : « quelle nouveauté choquante !», écrit-il dans Histoire de mes pensées.
Ce qui choque, c’est l’idée qu’il n’y a pas d’images produites par l’imagination, mais que l’imagination consiste à interpréter les représentations qui nous sont offertes par le monde et notre corps : nous n’imaginons jamais qu’à travers le monde que nous avons autour de nous et à travers nos passions. C’est pourquoi aussi l’imagination créatrice n’est rien sans un travail à même une œuvre – laquelle n’est pas la reproduction d’on ne sait quel musée imaginaire que l’artiste aurait préalablement conçu en lui-même.
Nous comprendrons ainsi l’unité de l’imagination dans la perception, le rêve ou la rêverie, et la fiction ou la création.
Ce qui choque, c’est l’idée qu’il n’y a pas d’images produites par l’imagination, mais que l’imagination consiste à interpréter les représentations qui nous sont offertes par le monde et notre corps : nous n’imaginons jamais qu’à travers le monde que nous avons autour de nous et à travers nos passions. C’est pourquoi aussi l’imagination créatrice n’est rien sans un travail à même une œuvre – laquelle n’est pas la reproduction d’on ne sait quel musée imaginaire que l’artiste aurait préalablement conçu en lui-même.
Nous comprendrons ainsi l’unité de l’imagination dans la perception, le rêve ou la rêverie, et la fiction ou la création.
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